Ami Imaginaire

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Le petit Prince avait son Renard. Moi je cherche encore.

Je n'ai pas encore décidé. Je suis en pleine réflexion. J'ai tout de même plusieurs images en tête. Des scènes de dessins-animés. De films d'animation. Je ne sais pas quelle forme te donner. Plutôt humain, plutôt animal, plutôt fantastique ? Mhum. Pas humain. Non. Non, j'en ai ma claque des humains. Et même si je te donnais un caractère différent, le fait est que ton apparence me filerait la chair de poule. Attend un peu, que je t'imagine, que je trace tes contours et te donne du relief…

 

Chimère ? Phoenix ? Trop facile, trop évident. Ours en peluche moelleux et protecteur ? J'avoue cela serait tentant. Mais non, encore une fois… j'avoue, si je m'écoutais là tout de suite, tu serais moelleux, tendre, avec de grands bras pour me serrer très fort, et un sourire bienveillant…. Il faut que je réfléchisse, ce n'est pas un choix facile. Clown ? jamais. Marionnette ? J'en suis déjà une. Peluche ? J'en ai déjà. Mhum. Laisse-moi réfléchir encore un peu, s'il te plait. Licorne ? Pourquoi diable ? Elfe ? Non plus. Fée ? Banal. Basique. Libellule ? Trop fragile. Papillon, même combat. Ah attend…

 

…Je crois que tu aurais tout bêtement l'apparence d'un loup.

J'ai toujours aimé les loups. Depuis toute gosse, je n'en ai jamais eu peur. Je faisais signer des pétitions à tout le monde alors que je n'étais haute que comme trois pommes, et tout les grandes personnes soupiraient. Je m'étais créé un dossier avec ce que je découpais dans les magazines, j'accumulais les livres et dans tous mes romans, les loups ivres de libertés étaient fusillés par la folie humaine... J'admirais votre beauté, votre indépendance, votre force et votre mystère. Alors oui, tu ne peux avoir que l'apparence d'un loup. Cela me semble soudain logique.

 

Un loup fort, imposant, mais au regard doux et aimant. Un poil soyeux, un peu long pour que je puisse me blottir contre toi, au chaud. Un pelage noir d'ébène mais des yeux aussi bleus que les miens. Voire plus bleus encore. Tu marcherais d'une façon sûre et digne, confiante. Et face aux ennemis, tu montrerais les crocs. Tu te placerais devant mon corps gisant à terre, et tu ne laisserais personne venir me faire du mal. Tes muscles rouleraient sous ta peau, tu dissuaderais quiconque de me blesser davantage. Ange gardien à tes heures perdues.

 

Du reste, on s'enfuirait dans les bois. Ces bois que j'ai toujours tant aimé. On trouverait un endroit tranquille, et je dormirais à côté de toi, tu me réchaufferais, parce que je suis toujours congelée. Et puis, pendant mon sommeil, tu surveillerais les alentours, prêt à gronder, prêt à mordre.

 

Et je continuerais ma vie. Mais tu apparaitrais par moments, quand je me sentirais défaillir. Tu serais là, tu arriverais en trottinant et calerait ta tête contre moi, comme pour me dire : je suis là, tu n'as plus à t'inquiéter, je vais te protéger. Je me recroquevillerais, et tu resterais à mes côtés. Je pourrais plonger mon visage contre toi, pour me rassurer, toi qui viendrait des forêts les plus noires de mon imagination.

 

Oui, voilà, tu seras un loup noir aux yeux couleur ciel, Ô toi mon ami imaginaire, car j'en ai terriblement besoin si tu savais. Et tu le sais, car tu es là, déjà, allongé à mes pieds.

Je sais que tu seras là pour moi. Que tu ne laisseras plus personne me faire de mal. Tes crocs luisent autant que ta fourrure sombre.

Merci d'être apparu. Et merci pour tout ce que tu vas faire pour moi… mais avant tout, mais d'abord, me protéger et être là, quand je serai seule et agenouillée, comme un petit tas de poussière. Et me protéger de tout. Et me protéger de moi.

 

 

 



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