anegdottes N° 3

Pawel Reklewski

Le minimum , mais celui là fût extraordinaire...

Les techniciens, les ingénieurs étaient partis  loin devant, je restais à la traine , toujours un œil sur eux mais les voix ne portaient pas aussi loin. J'observais les pierres les plantes et insectes, la contemplation de la nature, de la vie et de ses dangers.

Le nez toujours au sol tel un chiot à quelques respirations de moi je vis du mouvement dans les herbes courtes , je ne lâchais pas du regard cette activité nouvelle et m'avançant encore je réussis à comprendre qu'il s'agissait d'un nœud de serpents.

Quelques heures auparavant les adultes me racontaient la mésaventure d'un de leurs collègues de travail, ils m'avaient expliqué que l'endroit est occupé de serpents cracheurs dont  la particularité était de viser les yeux pour aveugler de longues heures voir des jours... Le technicien portait des lunettes et un de ces jets lui brisa les verres. Je pouvais là, avec mon imagination me représenter la puissance de l'attaque mais je n'avais pas eu la description des serpents.

Là j'en voyais et immédiatement je fis le lien avec la discussion que j'avais eu. A première vue ma présence ne semblait pas les déranger alors je m'avançais d'un mettre encore pour mieux distinguer et toujours pas de réactions à mon égard de leur part.

Une pelote de serpents qui bougeaient dans tout les sens sans se défaire, un scientifique me l'expliquera bien un jour j'espère. J'observais les têtes , la longueur des corps , mais il y a plus de cinquante ans de cela alors ne me demandez pas les détails bien qu'ayant fait deux ou trois fotos, la vie que j'ai mené m'a aidé à tout égarer.

Je quittais mes observations  pour rejoindre les adultes et leur raconter ma rencontre.

Le lendemain matin je tombais nez à nez  avec un scorpion , quoi de plus naturel dans de tels endroits , le sable les rochers, les pierres et pourquoi pas dans tout ces mélanges des météorites... Pourquoi pas!

Près d'une pierre un scorpion que je détaillais fixement, je l'observais , me rapprochais et constatait qu'il avait deux dards en bout de queue et, immédiatement j'appelais mon mère pour lui montrer ma découverte. Pourquoi ne pas penser à une erreur génétique, l'ignorance laisse libre l'imagination alors engouffrons nous dans des rêves fous qu'il faut réserver au sommeil.

Le soleil était haut dans le ciel bleu délavé, je marchais avec un guerrier le fusil en travers des épaules les mains suspendue au canon et à la crosse. Toute la végétation est jaune paille brûlée par le soleil et là à droite à deux mètres devant moi du vert et quelques boules rouges... Nous nous sommes arrêtés, je touche les feuilles et l'odeur des tomates est montée comme un miracle dans cet endroit désertique, un génie invisible qui sort de terre pour faire savoir qu'il existe, même invisible...

Un plan de tomates haut de quarante centimètres en pleine savane... Je fis signe à mon compagnon d'en profiter et de manger les tomates.

Il s'accroupit lentement, me regarda dans les yeux et vit que je l'invitais encore une fois à profiter de ca cadeaux de la nature et c'est à la vitesse grand V que les quelques fruits disparurent, laissant sur son visage un grand sourire.

Les tomates étaient petites , environ trois centimètres de diamètre, bien rouge juste sur notre passage alors bien sur je demandais à mon père comment de telles plantes pouvaient pousser là et tranquillement il me répondit que quelqu'un en avait mangé et fait ses besoins à cet endroit là.  J'ai donc espéré que ce Dankali là remangerait des tomates de sa production... un jour.

Nous étions retournés à Addis Abéba quand au retour du travail mon père m'annonça: Paul demain tu pars en avion dans le désert avec moi.

Evidement je lui demandais comment cela était possible et il me répondit que le ministre s'est décommandé et qu'il lui a demandé s'il pouvait m'emmener. Cet homme là me connaissait, je trainais souvent à faire du patin à roulettes sur les lieux de travail de mon père. Avec l'accord du ministre de l'agriculture   je grimpais dans le petit cessna dont le pilote était un ami qui construisait chez et avec moi des avions en balsa de plus de deux mètres d'envergure.

Cet homme m'avait appris l'art et la manière de faire décoller seul de tels engins, très longtemps après j'obtenais à mon tout un brevet de pilotage... mais très longtemps...

Curieux de tout j'avais adoré le vol et je fût très surpris d'atterrir directement sur a piste qui servait d'aérodrome de fortune , invisible du ciel il nous avait posé là sans la moindre erreur, je lui tire mon chapeau encore aujourd'hui,  du vol à vue sur un dénivelé de plus de deux mille mètres ; de la fraîcheur nous arrivions à plus de 45° à l'ombre.

Les Anglais nous attendaient, ils étaient bien établis avec des maisons en dur, climatisations et tout le confort. Non loin d'eux une base américaine... deux mondes qui se réunissaient dans un troisième...

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