Arc-en-Ciel dans un monde monochromatique

Godness Alex

I – ‘‘Genèse.’’

France, 20xx

Il y à dans les histoires, des héros ou des antihéros, des familles, des amours, des meurtres, et tant de choses qui sont relatées comme dans la vie normale. Mais ce qui suit relate la vie normale de la jeunesse, à travers ce qui n’a rien d’un héros d’aucune sorte.

Chris Damont est un jeune lycéen de quinze ans. Il est né le vingt-huit Mars 1992 et n’a jamais voulu essayé d’être autre chose que brun, gentil, effacé et pas très futé. Sans faire son portrait psychologique, il y a dans Chris quelque chose qui pourrait justifier son rôle important dans une histoire concernant la jeunesse. Il est en effet seul, seul sans rien avoir d’asocial, rien d’un ermite ou rien de marginal. Sa solitude se rapprochant juste d’un syndrome de Borderline, ou bien des penchants propres aux autistes d’avoir des relations publiques décalées et de savouré la solitude comme un bol de tranquillité et d’apaisement. Sa vie de famille commence véritablement à changée quand son petit frère tombe gravement malade. Ses parents, monsieur et madame Gérald et Valentine Damont, exercent des fonctions pour l’Etat.

Sans s’attardé sur leur vie, ces deux personnes ont vécues des moments parfois difficiles mais toujours marquées par des opportunités leur permettant d’avoir un niveau de vie – la classe moyenne - plutôt respectable. Le frère de Chris, Jérémy, est plus jeune de trois ans. Né avec quelques problèmes cardiovasculaires, il est hospitalisé en Novembre à cause d’un problème que Chris ne connaîtra pas pendant ces années.  Il subit le choc de cette nouvelle mais aussi de la prise constante de recule envers lui de la part de ses parents qui, aveugles de sa décadence, s’intéressent plus à  Jérémy, son petit frère, qu’à lui. Les résultats scolaires de Chris, nettement en baisses, n’intéressent plus personne. Lui-même se sent dans un tourbillon d’inconnu, une folie qui s’assombrit autour de lui, quelque chose de nettement plus fort que lui, lui qui n’était pas de taille à réagir.

C’est ainsi qu’il est devenu comme tout les autres, un jeune garçon assez timide, pas très malin, pas très sûr de lui, nouveau dans ce monde ou l’expérience régie les pensées, c’était quelqu’un de basique. Quelqu’un qui était insouciant et curieux du reste. Il n’avait jamais éprouvé avant que le sentiment d’être heureux. Ces premières extases qu’on connait lorsqu’on est encore qu’un enfant. Lorsque les premiers pas sont les premières joies, car même sans but, le début de l’être que l’on devient sait déjà que l’important encore, c’est d’avancer, même sans but, l’important est là encore de parvenir à faire quelque chose. Que les atomes bougent, que le temps passe et que la Terre tourne. Il n’y avait, au départ, rien d’autre que cela.

On a rajouté, à Chris, pendant ces quinze premières années, le savoir des choses. Son innocence de premier venu avait donc comme colocataire le savoir, ce fruit défendu à l’innocence humaine. La contradiction de ces deux concepts commençait à peine à naitre dans cette puberté totalement dénuée d’intérêt. Car, sans s’en rendre compte, il avait déjà commencé à grandir seul. L’hospitalisation de son frère ne l’avait donc choqué que moyennement. Il ne s’était rendu compte alors que de sa propre absence, et non de celle de sa famille.

Lui, qui voyait déjà le Soleil se tourné ailleurs, avait baissé les bras. Et en baissant les yeux, il vit que son ombre était en marche, qu’elle-même se détournait du Soleil. Il était devenu invisible. En pleine lumière, le Soleil ne daignait plus briller sur lui. C’est ce choc là qui le morfondit le plus profondément. Bien qu’il n’en eût été véritablement conscient, il avait quand même quelques doutes là-dessus et encore quelques temps après, des mois voir des années plus tard.  Chris avait grandit comme ça. Normalement, au départ, parce qu’il n’avait pas d’autres choix que d’accepté la normalité des choses quand elles se faisaient venir. Puis ensuite les choses ont évoluées avant de changer. Il y avait certes, dans l’évolution de ces choses-là, des évolutions nécessaires liées à la physiologie, à la société ou bien tout le reste, puisque le monde est fait ainsi ; tout le reste du monde avait subit et subira encore des changements.

Cela, c’est une règle. Mais pour lui, ces évolutions n’étaient pas forcément les meilleures qu’il eût envié s’il avait eût conscience que de telles choses n’était pas exceptionnellement bonnes. Car ces évolutions concernaient sa manière de voir le monde, d’interagir avec lui et de se penser en son cœur. C’est ici même, pendant ces années de compréhension du monde, que la dérive apparaissait. Chris avait grandit dans un milieu plutôt sain, qui ne manquait pas vraiment de grand choses. Sa famille n’avait rien d’anormale, et lui-même n’avait rien d’autre à constaté que sa propre normalité. On se le répète, mais tout allait bien. Il y a eût les grands moments, dans cette vie, de la naissance à cette première fin.

Tout petit, Chris éprouvait de l’attirance pour les belles images, la nature s’exprimant non par son esthétisme le plus frappant, mais simplement par sa simplicité éblouissante qui redonne aux mondes la véracité déconcertante du bonheur dans ces petites choses. Il n’en avait pas totalement conscience non plus, si jeune, mais il l’avait déjà imprimé dans la tête et le cœur : il avait prit connaissance des « petits-bonheurs ». C’est toujours ces petites images que l’on garde et qui façonne nos rêves chaque soir, toujours un peu plus beau ou moins douloureux. Une coccinelle sur une rose, une goute d’eau qui tombe ou bien encore voir un pommier. Ca parait toujours si bête, mais c’est toujours au plus proche de la bêtise que se trouve la béatitude.

Y’a-t-il meilleure manière d’être heureux que d’échappé un instant au savoir du monde qui nous entoure ? Réfléchir même à cette question n’était pas pensable pour ce petit être qu’était Chris, petit être qui s’épanouissait encore dans les herbes hautes des jardins de sa maison d’enfance, petit être qui regardait les nuages sans se demander d’où ils venaient. Il n’y avait rien d’intéressant à savoir, à l’époque. Pas besoin de parler. On né sans parler. Qu’y-a-t-il à redire d’un monde si beau ? Au début, on ne voit rien. Des visages enthousiastes devant notre apparition dans le monde réel. Même sans applaudissements, ça passe comme un grand honneur. Et tout s’enchaîne, des visages, des paysages, des mirages, des orages, et tout ce qui rime avec les âges qui défilent sur la route de la vie.

Longue route, semée d’embûches, mais longue route quand même. Il n’y avait au début de cette route, que la beauté des images. Sans se méprendre, tout le monde n’a pas la chance de voir ces images en termes de couleurs et de formes. Mais il y a aussi les images que forment les sons, ou la résonnance des formes sous les doigts. En terme général, les images sont toutes les représentations du monde qui nous parviennent. Et si aucuns sons, aucuns objets, rien du monde ne nous permet de l’imaginer, il reste encore l’air pur du monde, et ces odeurs, qui donnent à cette création magnifique une simplicité déconcertante. Car ces « petits-bonheurs » montrent la simplicité des choses. Ces choses qu’il faut prendre sans se poser des questions.

Oublier le propre curieux de l’homme sur lui-même pour revenir à l’insouciance de tout le reste.  L’innocence du premier venu va former, avec ces images, le savoir du monde. Savoir qu’un tel monde existe va compliquer la simplicité des choses qui le forment, car il ne faut pas être aveugle : le monde se pourrit un peu plus chaque jour. Plus on se rapproche du savoir véritable de ce monde, plus on a conscience de lui, et plus les choses se compliquent et nos vies deviennent difficiles.

Le petit être qu’était Chris à l’époque n’en était pas parvenu à ces complexes délibérations. Il n’en était qu’au début de la frise d’images qui allait faire sa vie. Il avait encore peu enregistré la mécanique compliquée du corps du monde. Il avait peu apprit de sa complexité. Mais il avait, à chaque fois, récupérer le meilleur des images pour en faire l’essence absolue de sa joie. Ses sourires n’étaient de fait en rien couplés aux grimaces des adultes ou à aucuns de leurs gestes. Mais la beauté de telles images avait un effet euphorisant qui laissait additif son cœur gourmand de belles choses. La beauté de ces images le rendait ainsi heureux. Couplés les uns avec les autres, ces « petits-bonheurs » lui procurait le simple et grand bonheur. Et seulement dans les moments dénués de belles images, il savait que les larmes provoquaient le meilleur appel à l’aide que l’on puisse donner au monde.

Chris a vécu une enfance ordinaire, avec les mêmes chutes à vélo et les mêmes éclaboussures dans la boue que toutes ces petites têtes blondes qui font la joie des grands de ce monde. Il avait ainsi des souvenirs qui, comparés à tant d’autres, étaient simplement identiques du fait de leur quasi similarité dans la profondeur inutile de leur fondement. Il n’y avait de spécial, chez ce petit être, que la complexe désorganisation de sa vie. Petit, enfant surtout, il éprouvait un sentiment proche du rejet, et tout autant proche de la jalousie.

Car il n’était pas aimé comme les autres, ou comme certains, et n’appartenait pas aux groupes auxquels il s’identifiait. Il avait néanmoins, et malgré tout cela, une existence normale. Son enfance avait donc la marque omniprésente de l’incorporation incessante à la société. Petit, il avait déjà l’impression d’être seul parmi les autres. Il était condamné à ne sentir en lui que les expressions les plus las de la connaissance. Et puis il y’eût, forcément, le moment fatidique et crucial, le moment tant redouté de tous pour des raisons totalement différentes et qui échappent à tous encore. Il allait déjà avoir treize ans. Sans faire une biographie complète de sa courte existence, il y a matière à comprendre que ce passage difficile est l’élément déclencheur de toutes sortes d’éléments permettant de conclure que Chris était voué à l’échec le plus total.

Le début de sa puberté le sorti totalement de son innocence des premiers débuts, et le mit ventre-au-mur devant l’indiscutable Savoir. Comme un maître strict et malveillant, le Savoir propulsait les idées du monde comme des axiomes universels. Il rendait indiscutable l’existence du Bien et du Mal, et ainsi exprimait a son plus haut degré la preuve indiscutable de l’inexistence évidente de dieux. Plus encore, il donnait une force herculéenne à quiconque savait s’en servir. Mais la force étant aussi le penchant essentiel du Mal, il y avait dans le Savoir et depuis tout les temps, l’inexorable présence de la souffrance. La puberté étant le début d’une série de questions existentielles, plus profondes encore que celles des premiers débuts, il y avait en elle la forme naissante de la souffrance, celle encore qui tire les hommes vers le ciel pour voir la réalité du monde dans son ensemble, et puis qui les ramènent au plus près du sol quand ils se rendent à l’évidence.

Car l’adulte s’entiche de savoir, et le vieillard se résigne à l’oublier. La puberté est donc le début véritable d’un cercle vicieux, le premier virage, le premier signe, symptôme, avertissement, … Le début de la fin. Il commençait donc par n’en avoir que faire, par ne même pas savoir ce qui lui arrivait. Et puis ses hormones décidèrent d’avoir leur majorité, de s’activées et de grouillées comme des fourmis en quête de sucre ou de morceaux de pains oubliés sur un comptoir de cuisine mal lavé. Chris les voyaient ces fourmis, sur ce comptoir, et se posait de plus en plus de questions, sur la vie, l’amour, la mort. Il n’y avait rien de plus simple, comme résumé, que de se poser ces questions là. Elles résumaient toute l’existence. Plus sa voix délirait, et plus sa tête allait de même. C’était les instants des premiers faux rires. C’était le début des fausses vérités.

 A cet âge, on n’avait pas encore prit conscience du pouvoir des mots. La beauté des images avait quant à elle déjà disparue. On était entre les deux, on observait, sans véritablement écouter. On est perdu. Voilà ce qu’il nous reste, des souvenirs et des rêves. C’est en fonction des premiers que s’organisent les seconds. Et cette période de réalisation de l’être, c’est la puberté. C’est ce passage des questions stupides aux réponses totalement connes. C’est un mélange de tout, mais aussi de rien. C’est indescriptible, au final. C’est une impression d’existé pour soit quand les autres deviennent seulement la réalité de nos rêves. Et d’en être conscient, conscient que les choses existent, se meus, réagissent  au monde, que la vie est présente. C’est encore un tourbillon infernal.

La puberté, et ses effets négatifs, avait quand même permis à Chris de se sentir plus libre qu’avant, et ainsi il pu profiter pleinement de son enfance ou plutôt, des bribes qui lui restait. Le plus gros de son enfance avait déjà disparu dès les premières heures ou ses yeux s’attardèrent de plus en plus sur les filles, dès qu’il eût vraiment envie que sa bande de pote deviennent moins débiles, dès que ses cheveux devinrent préoccupants, dès qu’il se demanda ce qu’était le plaisir. C’est dans beaucoup de questions et de réflexions sur le monde qu’il commença à devenir triste. C’est dans ces premiers instants qu’il apprit une nouvelle chose sur la vie : la Déprime. Comme une excuse que l’on sort pour se dépêtré de ses propres emmerdes, la Déprime avait comme sens principal de pouvoir faire la gueule à qui l’on voulait par simple plaisir d’être différent, de ne pas rire, d’être en dehors de la société pour mieux s’en intégré. Chris, qui s’appel d’ailleurs Christopher, a adopté ce petit raccourcissement de son prénom quelques temps avant de déménagé.

Il avait en effet augmenté son quota de popularité en déprimant, car ses longues errances seul l’avait rendu, tel un ermite, plus intelligent. Il s’était enrichit de sa curiosité, et aucun freins extérieurs ne l’avait encore poussé à renoncé. Jusque là, tout du moins. Les gens le trouvaient ainsi « spécial », ou mystérieux, ou on-ne-sait-jamais-trop-quoi de nouveau, de bizarre, d’intéressant… Ses élucubrations fantaisistes l’avaient ainsi popularisé. Tout d’abord pas véritablement, et ainsi que par écran interposés, mais au final, il avait réussi à s’intégré de mieux en mieux au monde réel.

Il avait dépassé le stade des images et des mots, il en était sortit. Il avait simplement pris la route humaine. Dans l’ignorance de lui-même, dans l’affaissement de son âme aux bassesses de son espèce. Il sombrait, dans la banalité. Il s’était écarté de ses idées d’enfant, et d’adolescent. Il ne comptait plus devenir meilleur. Son seul but dans la vie, avait radicalement changé. Il avait désormais quinze ans. Son but était alors, maintenant, de Devenir. Tout simplement, devenir. Que cela fusse bon ou mauvais, il devait être. Il se replia sur lui-même en pleine apogée d’idées. Curieux de tout, il avait commencé à devenir plus brutal dans ses décisions. Ses idées faites, il n’était plus ce petit être de Chris, il était devenu un adolescent comme les autres, de ceux qui croient tout savoir, de ceux qui critiquent.

C’est ainsi que ses relations familiales changèrent. Conscient de beaucoup de choses, et de sa propre liberté, il n’avait plus besoin de ses parents pour lui dicter les manières de bien-vivre. Il faisait son chemin tout seul, parcourant d’embûches à d’autres, le monde. La communication se développait chez lui, grâce aux merveilles de la technologie mais aussi grâce au Lycée, plateforme tournante des jeunes et des effets de la jeunesse. Mais sa famille ne se doutait déjà plus de sa présence, lui qui partait, lui qui n’avait déjà plus les pieds sur Terre. Un vide se creusait juste entre les deux, naturellement, et personne pour empêcher cela.

Evidemment, il y avait au final une certaine tension qui apparaissait quand un contact se faisait entre les deux parties. Et c’est toujours Chris qui plaiderait coupable, car il restera un amalgame de déjà vu, de déjà entendu, de déjà vécu et donc un ensemble de clichés qui font de lui le coupable type de ce genre de prétentions psychanalytiques. Chris s’était alors enterré dans sa solitude, puisque chez lui un blocus s’était formé. Et au dehors, le monde devait encore se soumettre à son jugement.

 Livré à lui-même, Chris allait alors vivre d’expériences en expériences. Il était prêt à tout. Il avait déjà commencé à fumer, en cachette, de tout le monde, des cigarettes. Il avait trouvé un paquet pratiquement plein et oublié dans un restaurant-bar, une sorte de libre-service qui vendait d’un peu de tout. Un type ayant un peu trop picolé l’aura laissé ici, et Chris, hésitant d’abord, l’aura volé de bon droit pour évité la mort d’un cancéreux fumeur ayant autant de bons yeux que de bons poumons. Il le faisait pour lui, pour voir d’abord. Et puis par besoin. Et enfin par habitude.

 Il était entré dans les derniers moments, ceux fatidiques, ou l’on peut espérer n’avoir rien à regretté de sa jeunesse. Mais il y était rentré avec un grand fracas, ces fracas perturbant qui détourne tout véhicule de leur route. Il avait prit un virage, inutile virage, inutile et nécessaire à la fois. Il avait bientôt seize ans.

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