Au chant du coq

Hervé Lénervé

« C’est à l’heure, où le jour s’éteint, à l’heure, où les étoiles s’allument, que tu viens à moi, ma belle clandestine. »

C'est de moi ça ? Oui, je sais, ça étonne. Mais continuons un bout de chemin avec nos deux amoureux au clair de la lune, pour voir la suite.

« Et moi, je compte pour du beurre des Charentes Poitou, ou quoi ? »

Ah, il y aurait, un troisième larron à se promener à la lampe électrique, au clair de lune, en laissant une trace de bave de beurre, derrière lui. Un voyeur, sans doute.

« Moi, pas voyeur du tout. Elle m'a filé le même rencard. Même heure, extinction du jour, même endroit, pile-poil, sous la lune. »

Un prétendant concurrent, donc.

« Oh, je n'étais pas le seul, il y en avait plein d'autres derrière moi, en arrivant au port. Mais pas assez rapides. Ils ont raté l'heure de la tombée de la nuit. »

On va donc dire, un sportif. Mais poursuivons le récit, car on commence à s'endormir ferme.

« Les deux tourtereaux légitimes se comptent fleurettes dans le noir de la nuit. Mais sans lumière quoi de plus ressemblant que des fleurettes à un bouquet de chardons... »

Non ! C'est bon, merci. Ça va encore mal finir, la romance amoureuse au clair de lune, je le sens. J'arrête là.

« Duel aux chardons, au son du clairon.  Trois morts, dont un voyeur, au chant du coq.»

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