Des jours plus beaux

Seb Fontenay Meaza

Ceux que je t'avais promis qu'on partagerait.

Je suis d'humeur nostalgique aujourd'hui. Nostalgique de la semaine dernière. Je pensais pas que ça m'arriverait. Pas tout de suite en tout cas.

J'ai envie d'oublier. Parce que j'ai mal. Mal de me dire qu'il fait un temps superbe. Et que ce soleil je voulais pas en profiter tout seul. J'aimerais que tu sois à coté de moi. Mais ces derniers jours ont été très gris. Tristement gris. Je veux pas tout oublier. Je veux même me souvenir en fait. De toi. Du tournant qu'a pris ma vie ce 14 Juillet, ce weekend d'octobre et cette fin du mois de Février. De mots qui sont venus si facilement. Mais je veux que cette blessure ne soit plus aussi douloureuse. 


Au lieu de ça je lis et relis ce message. Les larmes aux yeux. C'est fou comme tu peux être si précise et si vague. Comme si tu étais perdue. C'est une phrase un peu étrange, c'est vrai, mais c'est comme ça que je te vois maintenant. Précise et blessante dans ce que tu disais, vague et séduisante dans ce que tu me cachais. Oui je suis dur. Parce que comme tu dis, TU ne peux pas être ensemble. Encore étrange celle-ci. Tu ne veux pas faire le grand saut. Pas avec moi. Et je te comprends. Je me détesterais si j'étais à ta place. J'ai fait le choix d'une instabilité chronique. Même si je l'ai un peu fait pour toi. Pour que les voyages fassent la partie du travail que tu ne peux pas faire. Et que je sois heureux, pour qu'on soit heureux. Parce qu'au final cette instabilité elle n'est que géographique. Parce que cette sensation quand je te regardais l'autre matin, quand un rayon de soleil s'était perdu entre te rideaux et qu'ils te caressaient les joues, je sais que je ne le ressentirais plus. Plus aussi fort. 


Heureusement qu'il fait beau putain. Même si j'adorerais qu'il pleuve sur mon visage. Parce que les garçons ça pleure pas. Je me demande comment tu as réussi à me faire poser la seule question qui me fait vraiment peur. Quant hier je voulais sillonner le monde, cet après-midi j'en suis à peine sur. T'arrives à me faire envier ces deux amants qui se baladent sur les quais. Mais je suis bien trop peureux pour essayer de te garder. Tu as fais le choix de mon égoïsme. Et ça je ne le comprends pas . Tu aurais du faire le choix du tien. De faire passer ton bonheur avant le mien. Parce que je suis sur qu'au fond j'y contribue. 


Je comprends pas non plus pourquoi je souris en pleurant. Comment j'arrive à me dire que c'est qu'un mauvais rêve. Que j'ai déjà passé la moitié de ma vie et que c'est toi que je vois quand j'ouvre les yeux ce matin. Comment j'arrive à t'imaginer. Quelques rides aux coins des yeux. Encore plus radieuse. Les cheveux sur le visage. Comment j'imagine que j'aurais les mêmes larmes. Comment je peux savoir que je me dirai que sans toi je ne me serais jamais trouvé. Que mon seul petit regret serait de ne pas te dire tout ce que je ressens. Pas assez du moi, pas comme tu le mérites. Pourquoi je sens ta mains sur mes joues. Essuyer mes larmes encore chaudes. Tu me dis que tu sais. Toi, enfemme de 50 ans, tu me souris comme si j'étais la seule personne qui comptais. 


Je ne sais pas vraiment pourquoi je me dis tout ça.


Sans doute les beaux jours. Ceux que je t'avais promis qu'on partagerait.

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