Elle, c'est moi

regalline


Elle ? C’est moi.
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Ce sont des rêveries au coin du cœur qui l’ont conviée à l’écriture…Une décision qui s’est prise au moment où tout semblait s’écrouler autour d’elle.

La guerre, les trahisons, les ambitions en mal de réalisations explosèrent à Abidjan en 2011. La fausse note d’un temps qu’elle avait vu grossir et qui finalement déborda, brisant…

Et pourtant, c’est elle qui un jour avait décidé de connaitre ce pays dont le père ne lui parlait jamais, lui qui avait choisi, après la guerre, la France des libertés, si désireux d’avoir une progéniture instruite. Elle l'avait d'ailleurs écouté : disserter sur le monde, les idées, les « humanismes » à construire…Un peu d’économie, de technologies nouvelles et une reconnaissance par la Sorbonne…Voilà le Papa bien fière !

La Maman toujours dubitative d’une fille trop sportive - athlétisme et muscle pour une fille - s’inquiétait d’une ambition qui lui échappait….L’économie ? Ça sert à quoi ? Elle préférait de loin l’enthousiasme de sa fille pour les deux villes, madones de sa vie : Notre Dame du Puy et notre Dame de la Garde… Ah !  Quelles vacances, ces fraicheurs boisées myrtilles en Auvergne et ces parfums ensoleillés en Provence ; thym, rascasse et mimosas…Ah ! Le bonheur de maman! Ah ! La cuisine de Grand-maman !

Aussi qu’elle ne fut la surprise des deux parents, d’apprendre un jour que leur fille décidait d’aller découvrir le pays paternel. : Côte d’Ivoire qu’elle savait inscrite à son futur certain.

Le pays l’a prise, la politique l’a formée, l’ensemble devint passion…Et le temps, les ans, les premiers cheveux blancs ne l’inquiétaient pas tant elle était sûre du vrai combat de la vie : ne jamais se laisser voler la moindre liberté…  Avoir rêvé la maturité du monde, avoir agi en cœur intègre resteraient-ils de l’idéalisme et de l’intention généreuse ? Non, elle ne le pense pas.  La soif de vie à libérer pour elle et la majorité reste son engagement cher !

Elle a décidé : maintenant, elle va écrire. Elle doit écrire.

Quand elle se regarde dans la glace aujourd’hui, elle sourit…« Grenoble ! Tu as fais un miracle, tu m’as bénie ». Le temps passe sur son teint hâlé : ses cheveux en tignasse, sans disgrâce, continuent d’encadrer son visage assuré… Et dans ce regard Aubrun, elle ne voit que le miracle de l’amour du chant dimensionné : métisse toujours des temps rassemblés…

Aujourd’hui elle s’alanguit de la splendeur d’une rose, d’un ibiscus, d’un chemin de pierre, d’une piste en forêt, d’une rizière, d’un champ labouré : Ô Souvenirs de neige et de savane, de sabots et de tamtam ! Elle vous aime en cœur entier.

La famille est à son poste, son temps fleuri.

Sa plume transcrit. Aucun souvenir amer ne franchira sa porte... Le temps n’est pas fini.

Le ciel glorieux, la mer souveraine et les souffles du temps altier… s’entrelacent à l’horizon, temps si proche du vrai demain…

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