Espoir !

Stéphane Gravier

(Oats in the water) Je me souviens de 2012, de cette prison sale, de toutes ces jambes qui pendaient et qui traînaient sur le ciment et de cette sensation si profonde de solitude et de peur. La mélancolie n’était pas qu’une image dans mon esprit, l’espoir perdu s’était érigé en modèle. Tout était fini, j’en étais certain ! Ils allaient me mordre, me bouffer et alors je me transformerai.

(Still on fire) Il fallait sortir, courir, leur échapper ! A tout prix penser à ceux qui étaient dehors et qui m’attendaient. Les cordes se mettaient à claquer et me rappelaient les frissons. Mais mes jambes bougeaient un peu mieux maintenant et malgré les quelques cris qui restaient en arrière, j’avançais vers un halo inversé de ténèbres. C’était mieux ! Pas encore aussi clair que ce que j’aurai pu attendre, mais suffisant pour me faire avancer.

(Blizzard) Et puis tout devint brutalement plus calme. Au détour d’un couloir une voix douce chuchota à mes oreilles et me calma. Je sentis la tienne qui s’approchait de la lumière grandissante, le réconfort arriver enfin. Il fallait oublier les odeurs. Tes mots me touchaient et me parlaient. Tes mots comme des claques qui me réveillaient et me sortaient du cauchemar. Parles-moi encore et je laisserai venir à moi l’oubli ! Parles-moi encore que je puisse sortir de ces murs !

(Sur la planche) La lumière fût aveuglante. Le vent fort dégagea mes narines. Je reprenais mes esprits, cachant le soleil qui m’étourdissait soudain. J’entendis aussi les vagues, les rouleaux qui se brisaient à l’horizon et à travers les rayons j’aperçus la silhouette invincible formée de gouttes en mouvement. Je ne me retournais pas. J’oubliais la prison et ces horreurs. Enfin, je respirais !

(Les voiles) Sur cette plage, c’était la vision infinie qui s’opposait maintenant aux murs. Les voiles,  au loin, derrière l’invincible, comme des fantômes blancs. Et après le ciment, je sentais le sable sous mes pieds, la chaleur de quelque chose qui avait changé, les grains fins entre mes orteils. Je marchais vite et je m’embarquais, sans savoir, sans réfléchir.

(Here comes the night time) Le plaisir se transforma presque en syncope. Des relents ? Des bras qui m’agrippaient ? Je me retournai ! Non ! Des phases qui me frappaient, des ondulations positives qui me tiraient vers l’avant. Les vagues étaient là, je les sentais bien plus que je ne les voyais. Elles étaient en moi avec la nuit qui tombait. Je déambulais les pieds mal assurés, mais j’accélérais encore. Je courais car au loin je savais que les enfants m’attendaient.

(Wall) Il y avait de la vie dans cet étrange feu de camp que je rejoignis. Probablement le moment de danser et d’oublier définitivement mes pieds meurtris. Se laisser emporter, car finalement, la musique était au delà de toute chose. La prison s’effondra et après tout cela, je ne retenais qu’une seule chose, l’espoir !

  • ha la vie collective cette confusion, bref
    super playlist merci

    · Ago almost 6 years ·
    Laure cassus 012

    Laure Cassus

  • ...puis arrivent les femmes du secours, c'est beau

    · Ago almost 6 years ·
    Laure cassus 012

    Laure Cassus

  • Suis qu'au 2ème morceau mais avec ton texte en plus on se sent pris, cerné c'est terrible comme impression.

    · Ago almost 6 years ·
    Laure cassus 012

    Laure Cassus

  • yess... !

    des flashs, des impressions, des relents, des paupières qui clignent, des souffles dans la poitrine, des vibrations sur la peau, etc...
    et une écriture qui m'évoque un écrivain virtuel depuis bien trop longtemps muet ;-)

    merci pour ce millésime.

    · Ago almost 6 years ·
    332791 101838326611661 1951249170 o

    wic

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