GIGI

Pierre Scanzano

Petit portrait non exaustif d'un personnage singulier, pourtant banal, courant...Comme quoi, celui à qui je voudrais m'inspirer m'est, en quelque sorte, caricatural, insupportable... et attachant...

Depuis que le monde  est monde il y a toujours un Gus acariâtre qui est là pour emmerder la grande majorité des gens, comme vous et moi... Paisibles, ordonnés, routiniers certes, mais, directs... francs... fiables... corvéables... infalsifiables...  Sans histoires... Presque invisibles... Bref, inexistants...

Alors, disons que le monde, lui,  en découle différemment... La nuit baille...  lève de ses deux doigts de ciel le menton courbé du jour... Lui débarbouille le visage d'une douce brume cotonneuse... Lui essuie les yeux avec la rosée des fleurs... et, pendant cette hésitation, ce flottement, ce entre-deux en manque de réalité... La lumière brasse... Caresse les ténèbres... Les encercle... Les dissocie de l'air... Les dissout au fil de l'eau des rivières endormies... Les darde de baisers lumineux... Et le jour est là... Debout dans ses bottes... Eclatant de jeunesse... Merveilleux de gazouillis ornithologiques colorés... faune séculaire...

C'est poétique et barbare à la fois, bordel de merde!...

Et j'y tombe dedans comme un con... un lâche que je suis... Non!... Non!... ne vous trompez pas!... Mes amis...  Au fond, je ne suis qu'un éternel foudroyé... Un îlot de rêveries entouré d' un océan de merde psychologique... Un cas d'école... Et permettez-moi de le dire; un exemple à ne pas suivre...

Mais ce n'est pas tout!... Le recommencement des choses inlassables... reviennent à tour de rôle... La mendicité de perdurer... est là  pour me crever l'espoir... Comme par exemple, me lever, gerber, uriner... Ingurgiter des flocons de maïs sucré... Les re-gerber... Aller au taf... dans le sacrosaint de la production... du chiffre... de la concurrence!...

Mais ce n'est pas tout!.. Il y a Gigi, le monstrueux... Le pizzaïolo du sexe précuit... Le self made man du troufignon inaccessible... Mon frère, mon ami de 30 ans et dépoussières... Mon voisin... Mon ennemi... Mon double... Mon triple...  Mon hétéronyme de la cavalcade réelle... de la tournante imaginaire... Hante, suinte de son hémoglobine alcoolisée le zinc de la Closerie des Lilas... Drague inlassablement les vieux gréemants... Les Titanics, eh!... pardon!... en chair et os!... en train de re-couler... Le roulis... le tangage... Les vagues... la chair molle... disponible, lui  font l'effet d'une drogue inépuisable... Il boit et re-pisse, ne dort jamais, piège le gibier!... Se lève pour se recoucher ivre de corps... épuisé de se re-lever, encore et encore... Le braconnage de la cuisse est son  premier  métier... Son gagne pain dans le réel... Sa marotte de pénis attardé le taraude...L'intrigue...

Mon ami Gigi, aime par dessus tout se faire plaisir.... Me le fout dans la tronche!... Me l'impose... Il n'y est pour rien... Il est né avec l'instinct... l'odorat... Le fructifie... Le marcotte!... Aime les femmes... Y rentre dedans, comme chez lui... Surtout dans celles des autres! Oh... calmez-vous!... les chaudes!... les tactiles!... évite les cérebrales. La melasse sentimentale engendrée le canalise dans la fornication utilitaire, bestiale... Il n'est équitable qu'avec lui-même... Les femmes l'adorent... L'ornent, le lavent de leurs lévres poulpeuses... Le culbutent en séminaires...  Se le mutualisent... Le compulsent comme un catalogue de fringues de chez Zara... Le drapent dans le vice initiatique... hygiénique... L'incitent au turnover charnel... Le tarabustent, sexuellement parlant... Le connectent à la jouissance extrême; la désinteressée... L'évident des deux bourses,  surtout  génitales... Il en abuse, le macaque... de ce fait, il est souvent à sec... Gigi. Les uses... Gigi. Les rabote...Gigi. Les rouille... Gigi. Et encore, elles le flattent... misère de misère!... Le branlent... des yeux!.. La faim lui vient en copulant... Et! bon sang!... bouffant en quelque sorte... ma pitance ordinaire!...

Et oui!...Gigi est mon voisin de sang! Non! pas de palier... disons de ma vision interne... de notre monde externe. Gigi est banquier maintenant. Sodomise par procuration...  courbes numérique... Excellent boursicoteur pour des clients planqués   à Doha... Honk-Kong... Singapour... Gère, spécule de crise en crise son pognon... Vend... Achète... Le disperse en titres... Se sert du mien, m'assèche du flouze!... Me contient à mon rôle d'ami, client, casse-burnes pathétique... Il a un 2 mille mètres carrées à L'Hiver Poule...  Mille ans.. Rôte et d'arme... ou à Riooo!...   et j'en passe de cabanes dorées...  Tablette dans les yeux... Smartphone dans le cul... Sms dans le gland!... Il voudrait Gigi... être un autre! Il est, pour moi...un autre que celui qu'il était avant! Naze... Hypocrite... Il crèche boulevard Lannes... Moi, porte de Clignancourt... Il est grand, mince... Je suis petit, gros... Se déplace en crossover de milliardaire... Fume le cigare cubain... évidemment, Montecristo!... Moi je respire l'air expiré de ses poumons affectés...puants.

Mais, ce n'est pas tout... Il ya une chose que je n'arrive pas à encaisser... vraiment pas, non!... Tout, mais pas cela...Non!... Qu'il coïte avec ma moitié,  ma seur, ma mère... Mon vagin attitré... La cadastre le salaud... La topographie de l'intérieur, au millimètre près... Insensé!  Je le voyais venir... chez nous, le soir tard, porte de Clignancourt... Jamais chez lui, boulevard Lannes... Oh... mais moi,  Gigi... Selfie après selfie je le suis sur Instagram... Facebook... et tout autre bordel de réseaux sociaux... Oh... les Andy Warhol... les Picasso... Les Starck... Mes murs... à la Foir'fouille du coin... Ah!... si vous verriez l'engin..." Glandiloquent" de la braguette... Le logiciel du cerveau bogue sur le même script: queue, touffe, cunnilingus... Tiens, dans ce monde de prévaricateurs Gigi n'est-il pas honnête? Compréhénsif?  Jamais de la vie ne passerait la bague au doigt de la femme d'un autre... Quoi? Comme tout expert en la matière, il aime, Gigi, siphonner dans la réserve sexuelle disponible mais, pas au point de l'assecher... nom de Dieu... Enfant de coeur de ces dames... Service non compris!...

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