Hervé l’avatar

Hervé Lénervé

Comment remédier à l’absence d’un mari trop absent ?

Ma femme se plaignait d'être délaissée. Je me renseignais sur la toile pour acheter un avatar hologrammé. Quand le spécimen arriva, je le déballais avec soin, il était parfait, il me ressemblait parfaitement, aussi moche ! Je lisais attentivement le mode d'emploi. Il fallait commencer par remplir son processeur de toutes les informations me concernant, concernant mon couple, ma famille, nos amis communs, bref un travail titanesque de Titans. Cela me prit énormément de temps, dont je vous fais grâce dans un élan de commisération qui me surprend, moi-même.

Le premier soir où je mettais en service mon double, je restais assez anxieux dans ma soirée avec mes potes. Inquiétude injustifiée, car de retour à mon sweet home, tout était tranquille, ma femme était couchée avec mon avatar, la copie était parfaite, elle ronflait en mi-si comme moi. Tout semblait fonctionner comme sur des roulettes. Je me glissais dans la chambre d'amis en profitant qu'on n'en ait pas un à demeure.

Maintenant ce n'était pas fini, car pendant toutes mes absences, mon épouse parlait avec ma machine et il fallait que je m'informe de tout ce qui avait été dit, au risque de passer pour un elsheimérien le lendemain. Cela me prenait beaucoup de temps, en fait je devais faire deux soirées en une. Celle avec mes potes et celle avec ma femme. Le temps vint à me manquer. Je ne pouvais pas dédoubler mon temps.

Bon, vous vous doutez bien de ce qui arriva ! Ma femme s'aperçut de la supercherie et je pris un savon mémorable.

Puis avec le temps, elle s'adoucit et trouva mon double plus appréciable que l'original. Si bien qu'elle vive avec lui, à présent et  ne veuille plus me voir dans ses pattes, ni plus haut. Je vis donc seul, sous les ponts, présentement à présent, lorsqu'aucun pote ne peut m'héberger pour la nuit ou que des maris trop présents ne découchent que rarement. J'essaie d'avoir des nouvelles par des connaissances communes et j'ai appris qu'ils attendaient un enfant. J'espère qu'il ne me ressemblera pas.

Pour finir, on ne se méfie jamais assez de l'Intelligence Artificielle. Elle nous pique nos femmes ! J'ai été inspiré de ne pas lui avoir présenté mes maîtresses.

 

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