Islande

gladvie

L'Islande est une belle définition de l'inspiration

L'inspiratio est un souffle en latin. Est-elle ce vent qui nous souffle ou ce souffle qui nous gonfle d'ambition et de courage face à la création ? Sans doute un bouquet fragile de ces deux sensations…

Un bouquet dont le parfum est plus subtil en Islande qu'ailleurs. Ce morceau de monde est si singulier qu'il faut un second voyage pour confirmer la réalité du premier. J'y suis allé deux fois et j'y retournerai sans doute.

L'Islande des couleurs. Des verts fluorescents aux gris profonds, la palette islandaise est puissante et tranchée. Le blanc de la neige le dispute au bleu pâle des glaces en suspension sur des lacs bleus noirs. Le rouge de la terre jaunit près des sources sulfureuses dont les fumées blanches s'effacent dans un ciel toujours changeant. Les grands espaces sauvages s'étendent dans un vert infini tacheté du blanc des moutons ou dans le noir dur des roches volcaniques.

L'Islande des éléments est une terre où le sol crache de la fumée à l'improviste. C'est ici que vit Geysir, le plus grand geyser islandais, après qui tous les autres sont nommés. Des cascades géantes nées de rivières venues de nulle part s'écrasent avec fracas tout autour de cette île où il fait toujours froid et où l'on a toujours chaud. Car ici l'eau est chauffée par les entrailles de la Terre. Et les hommes minuscules ont apprivoisé humblement quelques sources dans lesquelles on se délasse quotidiennement.

L'Islande des Histoires. Au détour d'une piste, à travers les vitres d'un car aux roues disproportionnées, on aperçoit le sommet enneigé du volcan Hekla que l'on dit être la porte des Enfers. Ici, tout est magie. Les eddas, ces mythes oraux dont on doit la version écrite à Snorri Sturluson nous racontent que le monde est créé à partir du corps du géant Ymir, abattu par Vili, Vé et le célèbre Odin. La terre serait la chair, la mer viendrait du sang et les montagnes des os. Chaque relief, chaque rivière, chaque glacier renvoie à une histoire sans âge et dont les traces semblent presque évanouies. Et c'est sans s'en rendre compte que l'on traverse le cercle de pierres marquant l'ancien Althing, le plus ancien parlement d'Europe, Viking.

L'Islande des hommes et des femmes d'aujourd'hui. Le pays tout entier ne compte pas plus d'habitants qu'une grande ville de province française. Et pourtant en traversant Reikjavik un soir de fête on ressent le bouillonnement et la chaleur d'un peuple qui nous a donné Bjork ou Sigur Ross. Ce peuple qui joue aux échecs comme on joue aux cartes, et qui entre tous les autres peut dire : mon ancienne première ministre est une femme, mariée à une femme.


L'Islande est plus facile à vivre qu'à raconter, j'ai tenté de le faire d'un souffle, celui de l'inspiration.

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