Jacques le fantaisiste

Hervé Lénervé

C’est nul et alors !

-         Parfois, je me demande, comme ça, « mais QUE nous pousse donc, à écrire, nous, les hommes ? »

-         Et même les femmes, parfois, alors qu'elles ont tant à faire à la cuisine. Nous, je ne sais pas, mon Jacquot ? Mais moi, c'est parce que je m'emmerde.

-         C'est tellement futile et dérisoire, tout ça ! Tout a déjà été écrit.

-         Et lu, aussi parfois. Remarque moi, je ne lis pas, j'écris déjà, je ne vais tout faire, non plus !

-         Tu as raison, il ne faut pas lire, ça détruit son propre style.

-         Oh, pour moi, je ne risque rien, je n'ai rien d'authentique.

-         Et d'où écrivons, nous, d'ailleurs ?

-         Pas de la cuisine, c'est sûr, à cause des femmes.

-         Non, je veux dire d'où sortent toutes nos phrases ?

-         D'autres livres peut-être ? La lecture d'autres, pollue l'originalité de la pensée de soi.

-         Nos phrases sortent de notre pensée, tu as raison Hervé, mais notre pensée d'où sort elle donc, alors ?

Ben de notre tête, puisque notre cul n'est bon qu'à péter !

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