La juteuse affaire.(1)

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Extrait de: "Nous avions tellement de points communs, qu'on finissait par ne plus s'en rendre compte: on s'exclamait de tout sur des riens."

Quand Betty fait le ménage, vaut mieux aller faire un tour au pain ou se rendre à la foire aux champignons pour laver le sable des morilles: Betty secoue tout. Des coussins au canapé, de la vaisselle aux lustres... des murs aux tapis, des rideaux à la fenêtre.

- C'est tout plein de poussière ici... et tout est en désordre ! Regarde, y'en a de partout ! On marche sur les livres, on marche sur les chocolats, on marche sur l'Apple, sur la Bbox, sur les croûtons... on marche sur le chat... bientôt on va finir par marcher sur la tête !

- Ça fait vivant quand c'est tout le bazar !  On sait que c'est quelque part par terre et qu'un jour ou l'autre on mettra forcément le pied dessus ! Dans une étagère, tu ne trouves que ce que tu as rangé... alors que dans le bazar tu peux t'étonner de trouver quelque chose que tu avais complétement oublié  !

- Peut-être ! Mais avec une femme de ménage, un Georges qu'on pourrait déduire des impôts, on aurait de l'ordre et du propre !

- T'inquiètes, un jour dans un hôpital, nos chambres le seront !

...

Cette dernière phrase laissa comme un froid de réfrigérateur, comme un vent polaire entre deux arbres où les feuilles ne tombent pas, puisque bien trop résineuses pour être caduques.

J'ai toujours associé la propreté d'un lieu aux qualités mentales de la personne qui l'habite. Une tête généralement bien faite, ou rien ne dépasse: une sorte de maison Ikéa où dans le dédale des pièces composées, seule une paire de fesses et un peu de sperme laisseraient leurs empreintes sur le joli petit meuble d'entrée:

- Tu le trouves comment ?

- A la bonne hauteur !

...

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