Les Bizons...encore

lyselotte

- Na-na-o-, nalth Az-kad-be-ha-ne-ih…ce qui veut dire manœuvre panneaux (on trouve tout sur internet) lui a-t-elle répondu tout en tendant l’index vers les bois sacrés…

Tête en vrac repartit au galop, écrasant à son habitude toute la faune et la flore qui lui passait à portée de talons.

Le bois sacré, oui, bien sur…

Cet endroit, hyper secret, n’était signalé que par un panneau minuscule que seuls les initiés connaissaient. Composé d’arbres sacrés dont les branches sacrées servaient à faire des flèches sacrées pour tuer des animaux sacrés, il était…mais je ne vais pas me mettre à dos les tribus zassemblées…donc, vous saurez jamais.

Pénétrons (calmez-vous !)Dans cet endroit magique !! Posez vos sabots, je vous prie et faites silence…

A côté du claquemurier* à gousses géantes dont les femmes zindiennes se servent pour palier aux longues zabsences de leurs maris quand ceux-ci partent en expédition punitive, prolifèrent les gougnafiers à feuilles caduques…

Le gougnafier à feuilles caduques pousse à l’état endémique à l’extrême mitée du sud du Massetachaussette, pays sauvage s’il est est…Au début du printemps, comme tout arbre qui se respecte un tant soi peu, il se transforme en bouquet de marié et sa crinière hirsute se couvre d’une flopée de petites fleurs blanches et violettes aussitôt assaillie par un diadème d’habiles travailleuses corsetées de pollen…et vas-y que je te bzzzzzzzzzz et que vas-y que je te bzzzzzzzz encore. Sa couronne bourdonnante attirant multitudes d’oiseaux et de papillons multicolores, le voilà bientôt démuni de tout (c’est pas facile, la vie du gougnafier à feuilles caduques) ses pétaux soufflés par tant de petits courants d’air, que, de guerre lasse, ils choient…

* cet arbrisseau est également apprécié par les femelles cornes plates…n’ayant pas toujours sous la patte un ours normal, brun, errant par une nuit sans lune en quête de pitance, elles s’en servent comme de goupillons pour se …heum ! pardon.

. Alors…alors…apparaissent ses fruits (comme quoi, la nature est bien faite)les gougnaffes…Gros comme une clémentine, pourvue d’épines tels de menus zérissons, ces fruits extrêmement durs, après avoir été cueillis grâce à des gants tricotés mains par les ancêtres tressées le soir à la veillée et après moultes aieaieouille dû à leur épluchage plus que compliqué, ces fruits donc, réduits en copeaux à la hache sacrée, devaient cuire inter minablement, sur un feu de sarments du Médoc, vous dire la tradition.

Le grand sachem est là, juché sur la branche maîtresse d’un gougnafier en fleurs*, coupant à la serpette les bûchettes rigides zé bien droites nécessaires à la fabrication des flèches sacrées.

Il a laissé au sol sa coiffe de sachem…

LA coiffe de Glouglou !!!!!!!!!!

un tipi en elle-même !!!

Un truc monumental,

Fait de bric et de broc,

De perles enfilées

et de cailloux en toc..

Une parure de chef,

Un défi au pratique,

Un pied de nez flagrant

Aux lois d’la balistique…

Car, cette coiffe immense,

Pinquée sur dindon-chef,

Devient quand le vent souffle

Missile

Derechef…

Trouvez-vous par hasard,

Un jour de vent furieux

À côté de Glouglou

Frappant le sol noueux

De ses talons de guerre

Et vous verrez

Peuchère

La coiffe monstrueuse

Devenir tout à coup

Sournoise meurtrière

Balayant l’impudent

D’un revers de rémiges,

L’envoyer valdinguer,

Vous voyez le vertige

Près du Grand Manitou

Au beau regard si doux.

Glouglou dans la tourmente… !!! Je vous l’ai pas décrit ?

Une brindille d’homme, un tronc juché sur pattes…mais un tronc sinueux, un bout de coudrier dont les bras et les jambes seraient bouts rapportés. Cette brindille d’homme avance comme on recule (faaaaaaaacile)…c'est-à-dire, voyez-vous qu’il est courbé sans cesse, comme luttant sans fin contre un vent vigoureux qui le pouss’rait aux fesses. Ce petit homoncule** pagaie plus qu’il n’avance dans l’espace et le temps qui

sans cesse

le pressent.

Il est ridé et sec mais chapeauté de plumes,

il impose pas mal, je dis même,

il assume.

*Contrairement au pin dans lequel le grand sachem a incidemment atterri lors de sa course d’anthologie avec les bisons bisonnants, le gougnafier à feuilles caduques n’est pas un résineux…ouf !

**Vous croyez que c’est facile vous, de trouver une rime en cule ???

Bon, j’avoue…y en a quà même pas mal qui m’ont tendu leurs petites mimines, m’implorant, yeux larmoyants comme Chat Potté:

-Prends moi, cils (peux pas m’empêcher, pardon) te plait. Mets-moi dans ton texte !!

Mais, allez donc placer anticorpuscule ou ventricule vous dans un texte sur les bisons…que j’ai -un peu- perdu de vue quand même mais qui vont revenir à la charge dès l’épisode Glouglou expédié…

Notre guetteur véloce, déboule dans le bois, chamboulant le tableau de ses grands pieds chaussés de mocassins de peaux aux talons meurtriers. Freinant des 4 fers, il écrase d’un coup, un trèfle à 4 feuilles qui trouvant l’endroit cool, c’était installé là, parmi des pieds de thym et autre farigoule.

Dérangeant le chant mélodieux des zoziaux qui enchantaient l’air pur, griffant de sa précipitation le calme cotonneux dans lequel baignait le grand chef qui, pour l’instant, n’est qu’un pendouillis d’homme. À moitié acafoui* épousant mollement la fourche maîtresse du gougnafier céleste où il comate, Glouglou somnole, une goutte de salive pendouillant à la lèvre, les yeux mi-clos, le dos courbé…Faut dire que depuis ce matin,

y taille,

y taille,

y taille…

Y taille des fléchettes

d’un demi-doigt de long

pour épingler au sol

les rêves nez grillon

Ceux qui font des terriers

dans le noir de la terre

Et qui chantent la nuit,

Les maux que l’on veut taire.

Y taille des fléchettes

d’un empan

et pas plus

pour déglinguer les ombres

qui cernent sa tribu

en faire des petits tas

de trucs mous et difformes

dont chacun se rira

avant que l’on s’endorme.

Puis y taille des flèches,

de celles qui transpercent

les malheurs du futur

tous les gris à venir

qui guettent sans répits

les zindiens emplumés

devant lutter sans cesse

pour trouver à manger.

Il taille dans les branches

aux noueuses ramures

des vergues où accrocher

les voiles de demain

et sur le flot du vent

pourvu de ces mâtures

vogueront les Comanches

et leurs petits enfants.

Être acafoui : expression du patois poitevin…j’adore ce mot !! il m’évoque une loque d’homme (oui, parce-que les filles ne s’acafouissent pas…elles…alors que les hommes oui !!!) en pâte à modeler ramollo, une sorte de carambar ayant passé sa journée en plein soleil et débordant de mollesse…épousant la forme sur lequel il est posé…

 Ce que ne calculent pas les bisons complotant, c’est la troupe aux zaguets sous le couvert des zerbes !!

Quand Tête en vrac eu alerté Glouglou dans la tourmente de l’arrivée inopinée de ruminants étranges, celui-ci dévala du gougnafier en fleurs dont il taillait les branches pour en faire des flèches.

Recalant sur son crâne sa parure de chef dont l’ampleur sans complexe clamait  son nain portance, remettant bien dans l’axe son pagne décalé, il gagna le village dans les plus brefs délais…

A la tombée du jour, tous se réunirent, car la nuit est propice aux sages décisions…

Sous l’œil rond de la lune veillant sur la tribu, ils tinrent con si il y a bulls…

Heyyaheyaho égorgea un poulet de 6 s’maines(désolée pour ce sordide détail, mais il est nécessaire,) lu dans les entrailles sanglantes et encore palpitantes du pauvre pioupiou que la chasse à ce gibier nouveau ne pouvait être que fructueuse et ainsi fût décidée, aux braises rougeoyantes,  la tactique tique tique qu’il fallait adopter…

Ainsi, depuis des jours, les guerriers emplumés précédaient les bisons aux pointues barbichettes…anticipant leur route, imaginant les jeux du vent porteur d’indices aux mufles des patauds…

A la tombée du jour, les Iroquois tapis observaient l’assemblée des « chefs » du troupeau…chaque soir, en effet, des bisons au gros torse et au tout petit cul, se rassemblaient en rond et semblaient faire causette…De quoi donc y parlaient, alors on ne sait pas, le bison parle un truc pas encore décodé, mais c’est sûr ils parlaient et ils se gaussaient même, gloussant comme dindon dans une cour de ferme. Un certain soir sans lune, les zindiens ‘basourdis virent une lueur divaguer dans la plaine. Ils restèrent bouche bée quand ils virent débouler, un bison trottinant et content de lui-même !! Ce bison-là, étrange, était pourvu d’un truc que nul ne connaissait. Une loupiote ronde rajoutait une bourse à ses attributs mâle ballottant hardiment, entre ses pattes courtes surmontées d’un cul plat.

Après rumination et hochements de tête,

l’animal  satisfait semblant prendre son souffle,

lança  vers les étoiles comme un bruit de trompette

 qui dispersa d’un coup, grand maître de l’esbroufe

les chefaillons unis en un cercle restreint.

Et ce brame effrayant, transperçant la nuit noire

fit  se dresser tout droit, les tresses des zindiens

qui se trouvèrent parés, pas besoin de miroir

d’oreilles haut dressées comme en ont les lapins…

Une fois passé ce moment de panique, et leurs nattes ayant retrouvées leur place naturelle sur leurs épaules huuuuuuuuummmmm musclées…soupir… nos guerriers huppés eurent tôt fait de prendre la mesure du caractère craintif des zanimals trapus dont ils suivaient les traces. Bruyants, certes, baraqués des pects, imposants par leur masse, mais pétochards quà même …

Au petit matin blême, à distance respectueuse tout de même des ruminants minés- nos …

Je fais ici un aparté parce-que je suis fort marrie de l’absence de Fûté !! Enfin, voilà un homme qui me grattouille la susceptibilité, qui me titille la patience avec sa plume divinement acérée et qui me laisse en plan, moi qui avait un carquois complet de mortels carreaux…y joue plus…na mais pincez-moa, je rêve !!

Donc, je reprends : Au petit matin blême, à distance respectable tout de même des ruminants minés- nos …

Oui, j’y reviens quand même sur cet abandon de la lutte qui me laisse sur les nerfs…j’aime batailler (et tailler aussi, d’ailleurs…des flèches, des crayons, la route, des arbres, des costumes…j’en passe et des meilleures) et cette débandade ( !) ne me dis rien qui vaille. Ce défenseur de la gent bisonnesque brutalement disparu ne serait-il pas en train de comploter dans quelque coin obscur de la pampa avec par exemple, ce Wen à courtes pattes qui a pris sa défense lors d’un récent épisode des Bisons ???? heuuuummmmm ? j’vous l’demande ???!!!

Bon, allez…

Au petit matin blême, à distance respectable (table ou tueuse d’ailleurs ??? Voui, on dit distance respectable ou respectueuse ? heum ?) tout de même des ruminants minés- nos guerriers emplumés tiennent conseil de guerre…

Autour d’un maigre feu crachotant des lambeaux de fumée asthmatiques, nous retrouvons nos zéros…ceux dont les biscottos saillants nous font Huuuummmmm, des trucs, là et lààààààààà, hoooo ouiiiiiiiiii, lààààààààà…

Je joins le lien vers cet épisode pour les ceuses qui l’auraient manqué.

Tous sont dubitatifs*…on le serait à moins ! Que penser de ces monstruosités poilues et cornues et spécialement de ce spécimen pourvu de 3 bobolles dont une lumineuse et dont le brame provoque immédiat dressage des cheveux sur la tête ?

N’ayant pas de poulet de 6 semaines sous la main, notre sorcier cliquetant de toutes ses dents de bestioles enfilées, dissèque un scarabée dont l’errance dans les herbes folles**avait trouvé sa fin entre ses gros orteils*** .

Héyahéyaho, ses binocles aux verres en peau de mue de couleuvre (bin, y font avec ce qui zon, les pôvres) posées sur la pointe du nez, observe et lis…

Hugh…intestin grêle noué…y faut rentrer chez soué…cœur en capilotade, préfère la dérobade.

Donc, écrasant les dernières cendres du foyer toussotant autour duquel ils faisaient cercle, nos Hurons renseignés retournèrent au village…

*Le « dubitatif » certains l’auraient parié, m’a interpellé…et pour ne pas les faire se dire : « j’le savais !! «  bin, je vais pas développer bien que ce ne soit pas l’envie qui m’en manque.

**Les herbes folles sont des gras minets ayant un entonnoir en guise de chapeaux et qui seraient bien mieux enfermées dans un asile au lieu de traîner dans mon texte.

***Le sorcier de cette tribu se DOIT d’avoir de gros zorteils !!! c’est marqué dans le cahier des charges…

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