Les Timbres pour les Nuls

Aurélien Loste

Ou du moins pour tous ceux qui s'interrogent sur les deux types de timbres, et par là, sur l'histoire (de la communication) humaine.

Vous êtes-vous un jour demandé d'où venait l'expression "être timbré(e)" ?

Ou plus simplement, avez-vous déjà envoyé un courrier (postal) ?

Dans notre troisième millénaire, internet est omniprésent, au point que l'on se demande toujours plus que faire des papiers..les numériser ?

Alors que jusqu'au XXème siècle, La Poste, les P.T.T. pour les moins jeunes, était au cœur de la vie de tous, aujourd'hui, elle l'est de moins en moins, même en tant que banque ou entreprise de téléphonie mobile.

Surtout que l'on peut envoyer des méls...en @laposte.net !

Bienvenue dans l'ère numérique, ou digitale, comme disent les Anglophones.

Il s'agit donc de présenter aux plus jeunes ce qui fut durant quatre ou cinq siècles le principal moyen de communication : les timbres.

Car étrangement, jusqu'à ce que Mr. Rutherford (Mr. pour Mister, car il était britannique, pas comme M. Daguerre qui inventa la photographie, ou M. Adler l'avion, ou MM. Lumière, le cinéma) découvre l'électron à Cambridge en 1909, l'électricité n'était comprise qu'en pratique, grâce à Nicolas Tesla, plagié et spolié par Thomas Edison, aux États-Unis d'Amérique.

Et ce n'est pas avant la Seconde Guerre Mondiale que, toujours à Cambridge et à Bletchley (Park), l'informatique est née, principalement grâce à Turing, qui travaillait seul, même entouré de centaines des plus brillant(e)s esprits britanniques.

Cette informatique reléguera en un demi-siècle à peine le timbre aux oubliettes, lui qui a pourtant une si longue et précieuse histoire !

Pour les plus curieux, il est à noter que c'est dans le même laboratoire où Rutherford observa et théorisa le modèle de l'atome (découvert dans la Grèce antique, par Démocrite) qu'à la fin du deuxième millénaire, Stephen Hawking observa et théorisa les trous noirs, calculés par Albert Einstein (qui n'y croyait pas trop, il avait déjà assez à penser avec la lumière) en 1916.

Et que c'est encore un Britannique qui inventa le World Wide Web, Tim Bernard-Lee, à Genève, au Centre Européen de Recherche Nucléaire. Internet est cependant une invention purement américaine, consécutive au projet Apollo pour la Lune, et construite pour se protéger de la Guerre Froide et d'une attaque nucléaire, avec ARPAnet qui créa en 1983 la norme TCP/IP, toujours utilisée aujourd'hui, de plus en plus en IPv6, car le nombres d'adresses IP de version 4 sont saturées par les objets connectés, supérieurs en nombres aux humains, de même qu'il y a plus de cartes SIM sur Terre que de personnes.

C'est également en mille neuf-cent quatre-vingt trois que la compagnie Apple Macintosh fut fondée (avec son fameux clip sur 1984), s'inspirant du Minitel et y greffant dans la foulée souris, système d'exploitation et icônes.

Toute ces inventions anglophones font qu'aujourd'hui l'anglais est devenu la nouvelle lingua franca, alors que jusqu'au troisième millénaire, c'était le français et ses dérivés, la France ayant le plus grand domaine maritime mondial, douze millions de kilomètres carrés, comme les États-Unis.

Et comme, de la Polynésie à Terre-Neuve, en passant par la Centrafrique, la Réunion, ancienne île Bourbon, l'île Passion Clipperton (du nom d'un navigateur anglais) ou le Cambodge, il fallait bien communiquer. Et sans télégraphe (de Chappe, Claude, un autre Français) ni téléphone (de Graham Bell, le lundi 14 février 1876), ni même télégraphe sans fil (de Marconi, Guglielmo, Nobel italien en 1909 pour cette invention, qui équipa le Titanic, manié par deux opérateurs -plus préoccupés par les messages privés des passagers que par ceux du navire le plus proche, qui avertissaient pourtant du danger par radio- dont un s'en tira, les pieds gelés), puisque sans électricité (surtout dans l'eau salée), les humains d'alors utilisaient tout ce qu'ils avaient sous la main, que ce soient des pigeons ou des bouteilles -de rhum ?-, ou s'ils avaient un bureau et un sceau et une couronne, des lettres patentes (et de cachet, pour les plus sombres), ou en disposant seulement de papier, ce qui à l'époque était déjà conséquent, des missives, qu'elles fussent de la Marquise de Sévigné, d'Amerigo Vespucci, Mme Palatine ou de Louis-Antoine de Bougainville, et portées dans des griffes avicoles, glissées dans du verre ou expédiées par navires sur les voies océanes, et par malles-poste sur le continent.

Les Anglais, qui dans la bataille navale pour la conquête du Pacifique, ne gagnèrent que l'aussi petite que célèbre île de Pitcairn (théâtre de la mutinerie du H.M.S -His Majesty's Ship- Bounty, le 28 avril 1789, deux mois et demi avant la prise de la Bastille, bien loin de là), eurent cependant d'autres victoires, que ce soit sur la scène européenne avec l'Amiral Nelson ou le Général Wellington, ou à l'international, avec principalement James Cook, le plus grand explorateur anglophone.

En anglais, Cook veut dire cuisiner, le sort voulut donc qu'il découvrît les onze îles Sandwich, inhabitées dans l'Atlantique Sud, face à l'Argentine, proche des Malouines, le 31 déc..janvier (à l'époque, surtout en circumnavigation, le temps était plus long) 1775, un an avant l'Indépendance américaine gagnée par George Washington, quatre ans avant de finir dévoré par les Hawaïens sur la vingtaine d'îles de l'archipel anciennement baptisé..Sandwich, l'histoire ne s'invente pas.

Ce furent donc des Britanniques (tiens tiens !) qui inventèrent le timbre-poste, sur une idée belge qu'ils élargirent au siècle suivant en plusieurs phylactères disposés sur un format A4 pour en faire le neuvième art (le dixième étant les jeux-vidéo, illustrés par une jolie planche à bords rouges par la Poste française, et le onzième le numérique, successeur, on l'a vu, du timbre postal).

Ainsi, en 1840, ils timbrèrent leur fameuse Reine et Impératrice Victoria tout juste couronnée -dès sa majorité, et dont les soixante-ans de règne, jusqu'en 1901, viennent d'être dépassés par l'actuelle Majesté et Reine-Mère Elizabeth II.

Cinq ans plus tard, les Suisses, friands de précisions, aidés par les Allemands, pères de l'imprimerie mécanique (les Chinois ayant créé, avec le papier, la boussole ou la poudre, les presses de caractères d'imprimerie métalliques), élaborèrent à Bâle, ville tri-nationale, près du Jura pour la France, le premier timbre en couleur.

C'est donc à cette histoire plus que centenaire que nous vous convions dans la suite de cette ouvrage, ainsi qu'à celle, plus large et importante, de l'ensemble de la communication écrite (la correspondance) puis orale entre humains, concomitante aux premiers timbres, avec le télégraphe, le téléphone et internet.


Première partie : la communication écrite


Chapitre I - Les premiers écrits

Dans ce chapitre :

Les transcriptions des mythes
Les textes sacrés
Les livres et bibliothèques


Chapitre II - Les premiers courriers

Dans ce chapitre :

Argile, tablettes et papyrus
À partir de l'invention du papier
Les courriers électroniques


Chapitre III - Les premiers timbres

Dans ce chapitre :

Les timbres-poste
La philatélie
Les timbres-fiscaux


1 - Le timbre postal, une invention née de l'amour

Avouons-le, en dehors des bébés, bien peu d'autres inventions peuvent se prévoir d'un tel titre, d'ailleurs, en voyez-vous d'autre ?

Chaque véritable créateur sait bien qu'on attache autant d'importance à l'objet de son œuvre qu'à un enfant, même pour une inventrice, Marie Curie pour la plus célèbre, mais c'est alors un amour personnel, solitaire, quasi égoïste, même si c'est pour ensuite partager cette création avec d'autres personnes.

Mais pour le timbre, en plus de cet attachement de tout inventeur digne de ce nom, il y a une histoire d'amour derrière, celle d'un jeune couple qui s'échangeait des courriers.

Le fait que l'inventeur du timbre soit britannique explique peut-être qu'un des derniers romans de Terry Pratchett mette en scène la création de la poste d'Ankh-Morpok, la capitale du Disque-Monde.

En tous les cas, c'est ce qui se passa au XIXème siècle.

Dans Timbré (Going Postal), de Pratchett, donc, le plus fameux auteur comique anglais, dans la veine des Monty Python, le trentième (sur quarante) tome des Annales du Disque-Monde, un escroc est nommé par Vétérini, le seigneur (Patricien) d'Ankh-Morpok, directeur des postes de la capitale, en concurrence avec les sémaphores (le télégraphe à fils).

C'est précisément ce qui s'est passé dans la réalité historique, avec la création du télégraphe à la fin du XVIIIème siècle, puis du télégraphe sans fil à la fin du XIXème.

Avant ces communications électriques ayant vite évolué en téléphone, les systèmes non-électriques restaient la seule possibilité, consistant en l'envoi de missives aussi diverses qu'inventives, sous tous les supports disponibles, comme nous l'avons vu au chapitre précédent.

Et pour assurer l'envoi de ces courriers, pour faire acheter le fourrage des chevaux, les calèches, les bagues des pigeons voyageurs, il fallait de l'argent, une invention aussi ancienne que le papier qui donna chèques et billets.

Aussi, les premiers courriers payants étaient à la charge (ça existe encore aujourd'hui dans le monde, très minoritairement, alors qu'avant l'invention du timbre, tous les courriers fonctionnaient de cette manière) du destinataire, ce que l'on appelle, maintenant que le port-payé est devenu universel, en contre-remboursement (pratique abandonnée par la poste française).

Et il se trouve que l'inventeur du timbre, un Britannique, fameux dans l'histoire des postes européennes du monde entier, appelé Rowland Hill (comme a hill, une colline), fut un jour touché (comme disent les Anglais avec leur délicieux accent, "touché !") par une jeune servante d'un auberge où il avait fait halte, car elle ne pouvait lire le courrier que lui avait mandé son fiancé. Il régla donc le port pour elle, et en échange, elle lui offrit de son temps de travail et sa conversation, et par là-même l'idée du timbre : pour correspondre, elle et son fiancé dessinaient des symboles sur leurs plis. 


Le timbre était né, en l'occurrence, un Penny Black, le plus ancien (1er mai 1840), et bien qu'imprimé en exemplaires aussi nombreux que d'habitants en France, sa valeur neuve reste très élevée, jusqu'à sept mille euros.


2 - La philatélie, ou l'art de collecter les timbres (du grec ateleia, franc, dans le sens de franco de port, port payé par l'expéditeur)

Dès lors, plus encore que les dessins des jeunes amoureux, car cette fois-ci, officiels, validés par la toute nouvelle Reine Victoria, dont ils célébrèrent (et célèbrent toujours) le portrait en répandant, d'abord en noir et blanc, son visage dans tout l'Empire britannique, le plus grand que la Terre ait jamais porté et portera jamais, depuis le XXème siècle, la démocratie et la fin heureuse des colonisations, et au-delà, comme dit un personnage de l'animation en un leit-motiv historique et moteur de l'expansion humaine, "To Infinity and Beyond", vers l'Infini et Au-delà.

La collection étant un trait que l'on retrouve même chez des animaux comme les éléphants ou les écureuils, il n'est guère surprenant que ces "images payantes", imprimées avec soin et les techniques les plus modernes, aussi novatrices à l'époque que banales aujourd'hui au point de pouvoir imprimer, chez soi, ses propres timbres, devinssent très vite objets à posséder, avec pour les timbres recherchés une valeur oblitérée supérieure à leur valeur faciale.

Les timbres neufs récents, simplement utilitaires, intéressent moins les philatélistes, sauf à les envoyer pour les faire tamponner, oblitérer, mais, comme pour les papillons, les porte-clés, le vin, les véhicules ou tout autre objet de collection, c'est l'ancienneté, la patine du temps, qui donnent, autant que sa qualité et sa rareté, son intérêt à l'objet possédé : autant donc les garder, ils ne sont pas périssables.

Les véritables collectionneurs de timbres les classent d'ailleurs par année, chacune pouvant être complétée, comme le font les enfants avec les vignettes, souvent sportives; avant l'apparition d'internet illimité pour le grand public, au troisième millénaire, en France, les guides et catalogues Yvert et Tellier permettaient de connaître les timbres de chaque année, ainsi que d'autres informations philatéliques utiles, de la collection qui, au niveau géographique, est une des plus intéressantes, puisque dans chaque pays, chaque poste utilise pour ses propres timbres les éléments les plus importants de son patrimoine (ainsi, les deux seules personnes "timbrées" en Nouvelle-Zélande sont Sir Edmund Hillary, vainqueur de l'Everest en 1953 avec le sherpa Tensing Norgay, et Peter Jackson, pour la prouesse non moins difficile d'avoir adapté au cinéma le chef-d'œuvre de John Ronald Reuel Tolkien, Le Seigneur des Anneaux, le plus grand ouvrage de la mythologie britannique et de l'histoire de la fantasy mondiale, dans ce qui fut le plus grand et épique tournage de l'histoire du septième art, immortalisé sur douze DVDs, ou quinze disques blu-ray). 

C'est le même principe, en plus large et varié, que les monuments et personnes gravés au dos des pièces de monnaies ou imprimés sur les billets. La poste française, de même sans doute que celles d'autres pays, édite d'ailleurs également des pièces, via la Monnaie de Paris, comme celles d'une valeur de deux euros que l'on peut trouver dans les chefs d'œuvre architecturaux français.

Mais collectionner les timbres d'un pays, plus encore que sa monnaie, c'est s'intéresser à son histoire et à sa culture au sens le plus large, aux bâtiments, œuvres d'art, événements importants, personnages historiques ou de fiction, être vivants en général, objets intéressants...une fenêtre ouverte sur la vie d'un pays.

Pour les amateurs, il est également possible, bien que dans ce cas-là les séries soient plus difficiles à compléter, même aujourd'hui à l'heure du village global, de classer les timbres (dans des albums en dur à neuf rayons par page, protégée d'un liseré transparent, chaque ligne ne pouvant pas toujours être remplie, en cas de timbres en format portrait, verticaux) par pays, ou par thèmes (le sport, les Jeux Olympiques d'été et d'hiver, les animaux, les fleurs..).

Certains pays créent même des timbres sur différents supports, comme le Bhoutan, qui se distingue en ce domaine au moins autant qu'avec le Bonheur National Brut ou son ancienne coutume de polyandrie, avec des timbres en trois dimensions physiques -en attendant une 3D graphique ?-, qu'ils soient en pastique, vinyle, carton, parfumés, en soie ou en métal, comme l'état Talleyrand ("une main de fer sous un gant de velours"); les pays du Golfe ont également utilisé une feuille d'or, et la France une d'argent, pour la fusée Ariane ou la tour Eiffel. La République de Sierra Leone a même émis des timbres en..peluche ! Plus classique, l'utilisation directe du bois, au lieu de le transformer en papier, ou le recours à la gomme tropicale.

Plus élégantes, intéressantes (et anecdotiques) qu'un timbre seul, se collectionnent aussi ce que l'on appelle des flammes ou "Premier jour d'émission", First Day Cover en anglais, enveloppes artistiques timbrées (oblitérées elles aussi) assorties au motif du timbre, généralement pour compléter celui-ci par des dessins et au dos, une brève explication historique.

Le timbre le plus connu, rare et cher était un exemplaire unique, émis en 1856 dans le Guyana, vendu 9,5 millions de dollars en 2014.

Depuis la généralisation d'internet, la philatélie, devenue délicieusement anachronique, offre l'ironique contraste de pouvoir affranchir des courrier ou colis en ligne par des timbres personnalisés, ou de s'échanger des timbres par internet, via des sites de collectionneurs. C'est un peu le principe de l'arroseur arrosé ou de ce qui est arrivé en 2011 à l'entreprise américaine Kodak, les services des postes, dépassés par le développement du numérique, s'y adaptent, par force. La loi du progrès.


3 - Les autres usages du timbre

Eux aussi sont, comme tout le reste, concernés par la numérisation de la société. En France, il existe à ce sujet, de administration et des papiers, le site http://service-public.fr 

Après avoir servi à payer les envois, il est normal que l'usage du timbre, morceau de papier ouvragé, se soit élargi aux autres domaines de la vie quotidienne et administrative. Après tout, le papier comme objet usuel et payant sert également aux chèques et billets.

Mais la France, qui utilisait pourtant déjà un système fiscal, avec les sceaux ou les signatures, mit un demi-siècle à adopter le timbre fiscal, qui était entre temps devenu mobile, pouvant se détacher de son papier-support, comme les timbres-postaux.

Alors qu'un pays comme l'Autriche -et ses timbres brodés-, capitale des arts européens avec Vienne et la Bohème, les adopta immédiatement : à l'époque, ils étaient tous réalisés à la main, les machines ne servant qu'à les reproduire en plus ou moins grand nombre en les réduisant, comme c'est encore le cas aujourd'hui, malgré l'invention (française) de la photographie et (anglaise) de l'informatique; mieux valait donc pour les motifs ouvragés avoir une population artistique qualifiée et renommée, comme le sont aussi les Italiens : les philatélistes italiens doivent être autant aux anges que ceux du Vatican.

Les premiers à utiliser les timbres-fiscaux furent cependant les Néerlandais, dans ce qui s'appelle toujours les Provinces-Unies des Pays-Bas. Il faut bien dire qu'avec leur économie basée sur la tulipe, le diamant et les voyages , ils avaient de quoi ouvrir le bal des nations, déjà au premier quart du dix-neuvième siècle.

C'est donc cinq ans après la mort de Napoléon 1er, qui avait fait d'Amsterdam, la capitale des Pays-Bas, le chef-lieu d'un des 134 départements français de l'époque, que naquit le timbre fiscal.

Onze ans plus tard, en 1637, l'Espagne et son empire maritime, qui compte aujourd'hui plus de locuteurs en première langue que l'anglais, l'adoptèrent.

Le cardinal Mazarin (qui gouverna la France pendant sept ans, avec Marie de Médicis, reine-mère de Louis XIII -né en 1601-, reine douairière veuve du roi de France et de Navarre, protestant par sa mère, catholique par son père Antoine de Bourbon, Henri IV, qui régna vingt ans et fut assassiné rue de la Ferronnerie (nom prédestiné pour la journée de tortures métalliques que subit fin mai le régicide, de même que le nom de l'auberge devant laquelle l'assassinat le plus célèbre de l'histoire de France se produisit, "Au cœur couronné transpercé d'une flèche") le 14 mai 1610 vers 16h15, par un schizophrène catholique fanatique, François Ravaillac) souhaita alors suivre le modèle du voisin espagnol, mais à l'époque, le système monétaire était lui aussi moins développé qu'aujourd'hui, et la justice se payait en épices, denrées rares importées d'Asie via la Route des Indes, que croyait au départ avoir découverte un compatriote de Giulio Mazarini (né lui près de Rome), Cristoforo Colombo, di Genova, Gênes, la quatrième ville italienne après Milan, Rome, Naples et Turin.

Les timbres, y compris fiscaux, ayant avant tout une utilité géographique, il peut ne pas être inintéressant de revenir sur les grandes explorations : l'Équateur fut franchi pour la première fois (du moins par un Occidental) en 1475, grâce aux indications du prince Henri le Navigateur. Le changements des vents entre les deux hémisphères fit d'ailleurs découvrir, en 1500, le Brésil à un autre navigateur portugais, Cabral (un homonyme d'un des deux inventeurs de l'archipel, alors inhabité, des Açores, en 1427), qui dérivait vers la boss américaine, le territoire du continent américain le plus proche de l'Eurasiafrique, dans lequel il s'imbriquait* jusqu'au crétacé supérieur, il y a 145 millions d'années, en plein âge des dinosaures, trois fois plus nombreux qu'à la période du jurassique, malgré ce que peuvent laisser penser les films éponymes.

*http://www.dinosoria.com/climatique/cretace_pe.jpg

Trois ans avant Pedro Alvares Cabral pour le Brésil, Vasco de Gama, doublant le Cap de Bonne-Espérance découvert par Bartolomeu Dias dix ans auparavant, là encore une première occidentale, arrive à la ponte sud-ouest de l'Inde, dans l'État du Kérala, ouvrant donc la fameuse Route des Indes, le 20 mai 1498, après trois cent neuf jours de navigation. 

Un autre grand navigateur portugais eut moins de chance que lui lors de ses négociations avec les autochtones, car trois cents ans et quatre jours avant la mort, elle aussi douloureuse, de Napoléon, ce furent des Philippins qui tuèrent Fernand de Magellan, découvreur de l'archipel aux sept mille îles, sur celle de Mactan, reliée par un pont à la plus grande île de Cebu, au centre, et qui arbore encore aujourd'hui une grande statue fort réaliste et menaçante du roi qui participa, en résistant à l'invasion espagnole décidée par l'Empereur Charles Quint, à la tuerie de Magellan, qui donna aussi son nom au poisson national, rouge et sans arêtes.

Bien sûr, les timbres célèbrent tous ces grands événements, chaque pays gravant et imprimant avec fierté ce qui fait sa grand histoire. On pourrait souhaiter que le monde esquissé par la fameuse chanson de John Lennon et Yoko Ono, Imagine, un an avant la chute du Mur de Berlin, se traduise dans les faits, et que l'histoire mondiale soit célébrée au-delà des frontières. Les États-Unis d'Europe, tels que les appelaient déjà de leurs vœux et mots Napoléon Ier ou Victor Hugo, y aideront sans doute.

Ce bref intermède historique permet de situer la création du timbre fiscal, entre la Renaissance (il Rinascimiento, dont quatre artistes stars rappelleront des souvenirs aux adulescents : Michelangelo, Raffaello, Donatello et Leonardo (da Vinci, invité à Chambord par François Ier, frère cadet de Marguerite de Navarre, mère de Jeanne d'Albret et grand-mère de Henri IV, qui épousa à son tour une Marguerite, de Navarre elle aussi, puis de France, la fameuse Reine Margot) et le Siècle des Lumières.

Mazarin, victime de la Fronde au milieu du siècle et n'ayant donc pas réussi à le faire adopter en France, ce fut Louis XIV qui l'imposa en 1674, causant l'année suivante une révolte plus violente encore, celles des Bonnets rouges en Bretagne, qui opposèrent des codes paysans au papier timbré. L'ironie du sort, l'appui de la Grande-Bretagne et le refus de voir les traditions balayées par le vent du progrès feront que lors de la Révolution française, les Bretons (Chouans et Vendéens) s'opposeront également aux décisions de Paris, mais en soutenant cette fois la cause..du roi (alors que leurs codes paysans furent une préfiguration des cahiers de doléance du Tiers-État).

Deux décennies avant la Révolution, ce fut l'imposition (à double sens !) par les Britanniques du papier fiscal (pour se renflouer après la guerre des Sept ans, de 1756 à 1763, le premier conflit de l'histoire à dimension planétaire) aux Insurgés américains qui provoqua les premiers affrontements et fit des papiers timbrés américains, brûlés à cette occasion, les plus recherchés du monde.  

L'opposition à la tutelle anglaise fut aggravée cinq ans plus tard lors de la partie de thé de Boston, quand le Parlement londonien décida de faire payer, non seulement les timbres fiscaux, mais le thé lui-même, aux Colons américains, ce qui occasionna la Guerre d'indépendance américaine, quand les treize premières Colonies triomphèrent, de 1775 à 1783, de l'Empire britannique. Un peu comme dans Star Wars, le plus grand mythe américain, et pour cause !

Un tableau exposé au Sénat américain montre George Washington, vainqueur des Anglais et du général Cornwallis, lors de la bataille de Yorktown, en octobre 1781, en compagnie du Baron Friedrich von Steuben au centre, et sur la droite, du Marquis de La Fayette, qui appela son fils Georges Washington.

http://www.senate.gov/artandhistory/art/common/image/Other_42_00001.htm

Avec tant d'événements majeurs de l'histoire occidentale liés aux timbres fiscaux, il n'y aurait rien de surprenant à ce que l'expression "être timbré" (et bien plus tard, en argot américain, "going postal", comme le titre du roman de Terry Pratchett) vienne de là, mais non, il s'agit tout simplement du timbre d'une voix, d'une cloche (et par analogie de forme, d'un casque, de la tête), qui est le sens premier du mot timbre, en grec, τύμπανον, où il désigne un tambour, que l'on frappe, comme les timbres, et qui, fêlé, produit un son discordant.

En tout cas, aujourd'hui encore, les timbres fiscaux sont utilisés dans plus de domaines que ceux postaux, que ce soit, en France, pour les passeports, cartes d'identité, titres de séjour, régler une contravention ou faire appel d'une décision de justice (amusant écho au temps où ce prix se payait en épices !), en Italie pour le permis de conduire, etc.


Deuxième partie : la communication orale
Les langues originelles
Les dix-huit familles des six mille langues actuelles


Troisième partie : les envois matériels

Une évolution au rythme des transports
La dématérialisation..suivie de la rematérialisation ! (l'impression 3D)


Quatrième partie : les communications
électriques

Les appareils filiaires
Les communications sans-fil


Cinquième partie : les communication numériques
Le cloud
Les réseaux sociaux

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