Limp Bizkit au Bataclan

tromatojuice

03 juillet 2014, je rentre dans le Bataclan pour aller voir LE groupe par lequel tout à commencé. Avant eux, j'écoutais Skyrock ® pour faire comme tous les collégiens de ma petite ville de banlieue Lyonnaise. Puis, à mon arrivée au Lycée quelqu'un m'a mis Limp Bizkit entre les oreilles, et j'ai commencé à explorer des univers musicaux différents...

Limp Bizkit au Bataclan ?! J'ai acheté ma place, incrédule. Moi qui suis allergique aux grandes salles, voir le groupe qui a rythmé mon adolescence dans une salle relativement petite, que demander de plus ?

Le Bataclan est odieusement chaud en été. L'air ne circule pas et la température monte très vite. Je fais donc un détour par le bar avant d'aller prendre place. Ils ne servent pas de verre d'eau, seulement des mini bouteilles d'eau minérale à 3€ ! Je grince des dents et pose trois euros sur le comptoir.

Je fends la foule déjà compacte pour me placer au milieu de la salle ; sur la ligne de démarcation entre les agités du pogo et les statues de sel. Je regarde autour de moi et vois quelques visages déjà croisés en concert, notamment cette fille avec son chapeau « Stitch ». Pas mal de trentenaires peuplent la salle, certains sont même venus déguisés en Fred Durst.


Un rideau de velours rouge cache la scène. Le volume de la musique d'ambiance monte d'un cran ; le groupe se fait attendre. Dans la chaleur suffocante, le public s'échauffe. Quelqu'un crie « Et on dit merci qui ? ». Le Bataclan lui répond en chœur « merci Jacquie et Michel ! ».


La salle s'assombrit et le rideau s'ouvre enfin. Limp Bizkit entre immédiatement en scène orchestré par Fred Durst barbu, capuche rabattue sur le crâne, qui amorce la reprise Faith de George Michael. Wes Borland, guitariste extraterrestre, l'accompagne, peinturluré en noir et déguisé en quelque chose « d'une autre planète ». Immédiatement, la salle s'enflamme. La jeune femme derrière moi, me plante ses doigts dans la chair de l'épaule pour sauter plus haut. Elle hurle à pleins poumons toutes les paroles de chaque chanson. A ma gauche un jeune homme tout en muscles décide d'enlever son t-shirt. Il n'est pas le seul ; le centre de la salle ressemble à une arène de gladiateurs aux torses nus et brillants de sueur. J'essaie de m'écarter un peu pour pouvoir profiter du concert en baignant dans ma transpiration.

Le groupe enchaîne les chansons de son album Chocolate Starfish and the hot dog flavored water, faisant quelques rares écarts sur d'autres titres. Le choix de cet album datant de 2000 est une déclaration d'amour à un public fidèle. Fred Durst, serein, comme en famille, mène la salle par le bout du nez.

Le public saute, hurle, interpelle le chanteur. Je jette un coup d'œil à gauche pour regarder où en est le tarzan transpirant. Disparu ; probablement parti chercher de la bière. La jeune femme qui se tient à sa place secoue la tête d'avant en arrière, faisant voler cheveux et gouttes de sueurs, le poing levé bien haut. La chanson lui plaît, elle se laisse aller. Elle saute plus haut et attrape le bas de son t-shirt. Elle commence à le soulever pour révéler sa poitrine, hésite, puis se ravise. En France, on ne montre pas ses seins pendant un concert.

Il fait chaud et moite. Des verres en plastic à moitiés vides volent au dessus de nos têtes. Ça sent la bière et la sueur.

Et puis le groupe entame Killing in the Name de Rage Against the Machine. La salle est déchaînée : le moment idéal pour aller chanter au milieu du public. Dont acte, Fred Durst, imperturbable, traverse lentement la salle, imperturbable. Des mains se tendent pour toucher leur idole, de grands sourires fendent les visages : pas de doute, l'homme à la casquette rouge sait satisfaire son public.

Il demande un instant de silence. « Qu'est-ce que vous voulez entendre ? » Et c'est reparti de plus bel, jusqu'à l'amorce du fameux Take a look around, entendu dans Mission Impossible 2. Le chanteur demande à ses fans de s'accroupir, tout le monde obtempère. D'un signe de la main, il nous intime de maintenir la position pendant le premier couplet de la chanson. « Now I know why you wanna hate me... » Le refrain s'amorce, la distorsion de Wes Borland explose, la main de Fred se lève et la salle bondit d'un seul homme. « ...cause hate is all the world has even seen lately. »


Une heure trente de concert sans interruption, sans rappel. La satisfaction se lit sur les visages ruisselant de sueur. La messe est dite.

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