Mon voisin le tueur

Mélodie D'hondt

Pour le concours "Meurtre mystérieux à Manhattan" de Transfuge et en hommage à mon voisin Psychopathe.

« Notre voisin est un fou psychopathe » avait elle lancé.

Quelques mois auparavant, ma femme Mia et moi avions trouvé un merveilleux appartement sur la Madison avenue isolé du bruit ambiant,  un rayon de lumière envahissait les lieux tout au long de la journée. Nous avions enfin trouvé notre nid et allions y vivre heureux pour toujours. Mia m'avait offert un chat qu'elle avait baptisé Félix... « Notre premier enfant » avait elle dit, « Bientôt nous seront quatre »

Tout semblait parfait mais le voisin avait un regard à vous glacer le sang.

D'étranges bruits provenaient du toit. Nous devions reboucher des trous qui apparaissaient dans le mur mitoyen et par lesquels s'échappaient de la fumée. Un matin, notre petit Félix fut trouvé empoisonné au pied du mur mitoyen. Mia en fut tellement choquée qu'elle perdit notre enfant. Régulièrement des cailloux étaient lancés sur nos fenêtres. Mia dormait de plus en plus mal, elle écoutait à travers le mur le moindre changement d'humeur de notre bourreau.

C'est ainsi qu'un jour, je surpris Mia, encore en pyjama, endormie à coté du mur mitoyen. Elle était si belle, elle s'était effondrée de sommeil,  je voulu la transporter délicatement vers son lit mais elle se réveilla dans un sursaut d'effroi. « Il l'a tuée ». Elle avait écouté une conversation entre les voisins. La femme de notre bourreau l'avait surpris en train de faire des trous dans le mur et suite à une conversation échauffée et un grand bruit, le silence s'était fait.

Les jours qui suivirent, la voisine ne sorti jamais. Je du me rendre à l'évidence, il l'avait tué. De quoi était il capable ?  Comment pourrais-je protéger ma famille? Je le haïssait mais j'étais incapable de réagir.

Je partis tracassé ce matin là.

Lorsque je revins, je trouvai Mia en boule: « Je l'ai vue » me souffla t'elle.

Elle s'était introduite chez le voisin et avait trouvé une urne remplie de cendres qu'elle avait posé sur notre cheminée. « Pourquoi n'as tu pas laissé ça là bas, tu es folle ? » Elle fixait le mur et se balançait d'avant en arrière.

Le lendemain, j'attendis le départ de notre bourreau, comme à son habitude vers 10h. Je savais qu'il allait se rendre au magasin de la 5th avenue près de central Park, j'avais tout au plus 20 minutes devant moi.

J'enjambai le balcon.

J'étais perdu dans mes observations, lorsque la poignée de la porte bougea. Je n'avais plus le temps. J’eus le réflexe de me cacher dans une armoire du couloir qui sentait la naphtaline.

Un trou me permettais d'observer à loisir les allers et venues de mon hôte. Je le vis écouter longuement les bruits provenant de notre appartement, il sembla déçu du silence qui y régnait. J'étais pris au piège dans cette armoire, plié comme un lit de camp, mes muscles étaient tendus et douloureux.    

Je pus ainsi l'observer se préparer une boite de nourriture qui ressemblait à de la nourriture pour chien. Je dus supporter les odeurs infâmes de sa cuisine, mort d’inquiétude pour Mia restée de l'autre coté du mur. Elle ne supportais plus depuis longtemps la solitude et chaque instant sans moi était une torture pour elle.

Après plusieurs heures de supplice, il fini par se diriger vers la chambre sans même passer par la salle de bain.

Je m'extirpai de ma cachette et me dirigeai vers la porte d'entrée. Mia était devant la porte et rentra comme un automate. J'étais tétanisé. Elle avançait sûrement, elle se dirigea vers la cuisine et y prit un couteau. Je voulu réagir mais je ne pus pas le faire. Elle était à présent au dessus du lit de notre bourreau.

Elle s'acharna sur le corps sans vie, en transe, je ne comprenais pas ce qui arrivait. Lors-qu’enfin je me décidai à sortir, je n'étais plus moi même.

Je lui fis couler un bain et me mis à nettoyer. Je l'installai dans le lit. Elle pouvait enfin dormir sur ses deux oreilles, mais pour combien de temps ? Elle était si belle.

Le lendemain fut la plus incroyable journée de notre vie, je préparai un petit déjeuner à ma dulcinée. Nous allâmes chercher deux chatons. Nous nous étions promenés, enfin libres dans ce rayon de soleil permanent.

Malheureusement vers 17h,  la sonnette de la porte retenti.

Devant moi se tenaient deux agents, une bombe aux cheveux crollés et son collègue qui aurait pu être son frère.

« Agent Taylor et Bonasera, nous avons quelques questions à vous poser »

Je ne sais pas pourquoi mais j'ai compris à ce moment là que notre « lune de miel » était terminée.

Report this text