Noir

Mini Pouce

Comme un sentiment pesant, je ne me sentais pas à ma place, loin de toute l’agitation, je me sentais enfermée dans une bulle. Assise sur mon fauteuil noir, certainement du faux cuir, les accoudoirs beaucoup trop grands m’entouraient et me donnaient encore plus l’impression d’être protégée.

Je venais d’ériger ma barrière contre l’humanité, je venais simplement de me cacher derrière l’immensité de ce fauteuil, et j’avais l’impression de m’enfoncer doucement, peut-être était-ce l’effet de la matière bien trop confortable qui me donnait l’impression de m’affaisser. Peu à peu je sombrais dans cette masse sombre, comme si le plastique retournait à son état naturel, une sorte de pétrole sombre qui peut à peu me faisait m’engloutir. Je perdais pied, mon corps était devenu incontrôlable. Il coulait lentement vers le néant.

Inerte je ne pouvais même pas tenter de me rattraper à ces immenses accoudoirs, toute la force de mon corps s’était évanouis dans la nature dès que j’avais pénétré à l’intérieur de ma bulle, il n’y avait plus que mon esprit là, capable de réagir, mais mon corps était resté de l’autre côté, avec les autres…

Je découvrais le sentiment d’impuissance et avec lui celui d’une confiance nécessaire, si eux avaient été là, s’ils avaient pu se rendre compte que j’avais besoin d’eux à ce moment précis et que je regrettais d’avoir cédé à la tentation de l’isolement.

Mon autosuffisance aura eu raison de moi, elle me dévorait de l’intérieur, et je ne pouvais même pas leur dire à quel point ils tenaient pour moi. 

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