Ôde à ma douce douleur...

koya-al-gaad

Que je vous hais, âmes infidèles,
Dans votre égoïsme belliqueux,
A toujours gagner votre place au ciel
Quand briser n'est qu'un jeu.
Ô vipères perdues!
A trop souffrir vous n'avez pas vu,
Et aujourd'hui votre mortuaire couche
Grouille de mouches...
Votre coeur putréfié
Est triste et aveuglé,
Ô que je vous hais, soleils crachés!
Quand vous plantez vos ongles noircis
Dans les chairs desséchées
De toute essence de vie.
Que vous soyez de ceux qui ne veulent rien
Ou de ceux qui veulent tout,
Vous vous foutez bien
Qu'un être agonise à vous!
Mais quelle folie!
Que d'abandonner la vie...
Et moi je suis l'ombre de vos impatiences,
Je vois dans vos mots et dans vos danses
Toute la peur qui vous fige,
Et me brise.
Qui suis-je pour pâtir de ma bonté?
Et la politique de la terre brûlée...
Un souffle-ouragan s'est abattu sur mes sens
Et je ne sais plus très bien,
Tout ce brouillard qui s'étend
Sali mes mains...
Et ma volonté qui se démonte,
Et qui s'émousse,
Quand la bile des marées immondes
Remonte à la bouche!
Maudites nuits
Que j'ai tant chéri,
J'ai cru parfois être guidée
Dans ces aurores bleuies,
Mais toujours esseulées.
Ma lune a vu ces larmes salées
Et sait à quel point j'aime et souffre chaque baiser,
Elle seule ne fuit pas 
De mes aléas,
Elle seule m'éclaire
Quand ma peine se déchaîne...
Je n'aurais pas cette douce âme printanière
Qui ne serait que mienne.
Que je te hais, ô ma haine
Qui certes tait parfois la douleur
Mais enchaîne
Les couleurs..

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