Petite fable en vers : Le crapaud et le corbeau

Paul Stendhal

Le crapaud et le corbeau


Monsieur crapaud se mit à coasser,
Un air en avance sur la saison.
Puis maître corbeau s'en vint à passer,
Sifflant gaiement la belle floraison. 

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Soudain, l'oiseau posé sur une branche, 
Surpris, s'étonna d'ouïr un son grivois. 
Et puis il vit en habit du dimanche, 
Un jeune et drôle batracien, en voix.

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C'est alors que l'oiseau, ainsi tant couronné,
Se sentant si flatté, s'en donna à coeur joie,
Que de plus en plus fort, il se mit à siffler,
Se prenant tout d'un coup, pour un bien grand bourgeois.

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Et c'est dans la mare que le beau crapaud,
Louant le corbeau posé sur la branche,
Soufflant de son mieux dans son bel appeau,
À son hôte donna, les coudées franches.

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Ah, mon ami, lui dit celui-ci fièrement,
Comme il paraît doux de se baigner dans votre eau !
Même si votre chant est jodlé dignement,
Mon très beau plumage aime à vous voir, mais d'en haut !

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Monsieur crapaud étant quelque peu sourd,
Il n'en saisit que la moitié des mots.
Il crut comprendre que ses beaux atours
Rendaient bien envieux ce maître corbeau.

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Mais quand il s'envola, une plume tomba
Sur la vague de l'eau, et se mit à flotter.
Entendant maintenant, son si dur célibat,
Le batracien, de l'Amour, se mit à douter !

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© Paul Stendhal
(C.E, 20/06/2018)

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Image : The Lost Princess of Oz by L. Frank Baum, Illustrated by John. R Neill, Copyright The Reilly & Britton Co., Chicago, 1917
https://www.pinterest.fr/pin/176907091583857107/
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Musique : Jean-Philippe Rameau :
Minuets I and II from Pieces de Clavecin (1727)
https://www.youtube.com/watch?time_continue=5&v=uUwG682stUE 

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