Seul règne le silence.

Caroline Viard

Un mois que tout a changé. Absurde dégénérescence. Tout s’accentue jour après jour, j’entends ma vie sombrer, tout s’effacer, autour de moi, pâlir, s’estomper, jusqu’à bientôt disparaître. 

Il n’y a rien à faire, si ce n’est regarder, contempler cette lente chute, et attendre la fin, inerte, dans ce monde abandonné par la vie. Attendre d’enfin ne plus rien ressentir, guetter l’instant où cette profonde et sourde douleur lâchera prise, anesthésiée par le temps. Je voudrais avoir sur elle une autorité quelconque ; je donnerais tout pour adoucir la désolation qui s’accroche à moi, mais on ne peut éternellement se fuir, soi. 

Je n’éprouve aujourd’hui plus qu’un colossal vide, qui m’emplit et m’emprisonne ; plaie béante, trou noir qui tourbillonne et aspire le moindre élan de chaleur qu’il lui soit permis d’emporter. Tout ce qui m’a un jour accompagné s’éteint, frappé par le néant, fondu dans ma douleur. Alors seul règne le silence.

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