Styx

sergedecroissant

Les cors résonnent dans cette caverne de paix, où m'assoupissant, sans retenue aucune, d'un pas feutré je m'enfonce. Les ronces du temps ne piquent plus, douces comme le revers de la feuille d'ortie. Parti pour l'ultime voyage vers la science du fini. Rien n'a plus d'importance, plus de dentelles, no more pennys. Les visages d'antan, réverbères de la nuit de mon enfance, forment une haie d'honneur. La peur fuit comme Lupin, mes prunelles admirent la danse subtile et chaleureuse de ces fantômes aux sourires chantant, ambiance ornée d'une sublime mélodie, la plus habile des berceuses de ma douce maman, sublimée, comme jouée par l'orchestre de vienne, ma philharmonie comblée par la perfection de la musique du divin. Une barque m'attend, non celle des contes grecs, celle là est peinte d'or et de pourpre, de la proue à la poupe. Sur le fleuve lacrymal me voici parti, ma rame ne m'est d'aucune utilité, le courant est vif, le torrent des pleurs de celle qui m'a perdu l'alimente d'un flux ininterrompu, larmes éphémères dont la seule vocation est de me pousser vers la lumière, lumière qui m'absorbe, c'est la fin du voyage...

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