Un avant-goût de vacances

uriko

19h15. Le train de nuit direction Narbonne entre en gare à grand bruit de moteur. Un enfant blond se cache la tête dans la jupe de sa mère, qui brusque, le tire vers la porte de peur de rater l’embarquement. Un homme fume nonchalamment sa dernière  cigarette. Les gens montent tour à tour plus ou moins pressés, plus ou moins chargés. Les yeux des uns sont déjà loin dans le monde du repos nocturne, tandis que d’autres sont encore excités à l’idée du voyage. Beaucoup de famille sur ce quai plongé dans la pénombre. Ça crie, ça se fait disputé, ça se donne des coups et les couleurs des sacs à dos se mêlent les uns aux autres pour former une espèce d’arc-en-ciel mouvant. C’est joli et ça donne un avant-goût de vacances.

Soudain le sifflet se fait entendre, ainsi que le claquement de talon caractéristique de la voyageuse en retard.

Inès

J’arrivai sur le quai, haletante. J’attrapais la barre du premier wagon et nous propulsais moi et mon sac à dos dans l’embrasure de la porte. Je pris une inspiration, aussitôt coupée par un choc dans mon dos. À genoux, un peu sonnée, je percevais des bruits au-dessus de moi. Je levai les yeux, mais ne vis que du flou. Mes lunettes étaient tombées, je tâtonnais et finis par trouver les fugitives. Je pus enfin voir la raison de ma position peu avantageuse : grand (du moins, vu du sol…), brun, plutôt mince, une petite quarantaine et avec l’air complètement désolé. Mécontente, je refusai sa main tendue, me redressant seule. J’époussetai ma jupe en espérant qu’elle soit restée en place dans la débâcle. J’attrapai mon bagage et me dirigeai vers ma couchette.

Cabine 5. Le lit de droite était déjà occupé par une femme, sûrement plus jeune que moi. 25 ans, peut-être. Elle était élégante. Elle sortit de sa valise une nuisette en soie, ce qui paraissant sensé vu la chaleur de cette nuit-là. Je retirai ma robe aussi naturellement qu’elle et enfilai ma tenue de nuit. Mon regard fut attiré par sa lingerie, très travaillée, d’un turquoise profond. Son tanga soulignait avec élégance ses hanches pleines et ses fesses rondes. Elle remarqua mon regard et leva un sourcil interrogateur. C’est vrai que cela paraissait bizarre de contempler ainsi le corps d’une autre, aussi magnifique soit-il. Je lui dis, sans gêne, que je trouvais son ensemble très joli. Elle eut un petit rire, puis dégrafa le soutien-gorge qu’elle me tendit. Ses seins étaient tout aussi parfaits que le reste de son corps. Ils étaient petits mais fermes, ce que je lui enviais légèrement.

Étais-je alors candide car je ne vis pas venir sa main qui se posa sur mon cou. Je frémis. Elle se pencha doucement vers moi, quand soudain, la porte coulissa. Nos yeux se posèrent ensemble sur l’homme qui m’avait bousculée lors de mon arrivée dans le train Il eut l’expression du chien dans un jeu de quille. Mais il avait aussi un petit sourire lubrique. Je devais ressembler à une enfant prise en faute, la main dans le pot de confiture. Ma partenaire, dont je ne connaissais pas le nom, se leva de toute son arrogante nudité et lui demanda ce qu’il faisait là, le wagon étant réservé aux femmes. Il lui tendit son billet, essayant de ne regarder que son visage. Elle attrapa le papier, puis sa chemise de nuit quand le contrôleur fit son apparition à la suite de l’intrus. Il nous expliqua qu’il y avait eu une erreur mais que, le train étant plein à craquer avec beaucoup de familles, il n’avait d’autres choix que de laisser l’homme ici.

Bientôt, les lumières furent éteintes. La demoiselle sortit un instant. Allongée, face au mur, j’écoutais mon MP3. Notre troisième occupant émettait déjà un léger ronflement. Trait de lumière puis de nouveau le noir complet. Elle était revenue. Mais quelle ne fut pas ma surprise quand je sentis un corps se glisser contre le mien et une main passer sous mon tee-shirt XXL. Elle était brûlante, et ses mains extrêmement douces. Je me serrais contre elle. Elle plaqua ses lèvres sur ma nuque et je sentis sa langue humide parcourir mes cervicales. Je frissonnai. Sa main caressait doucement mon ventre, jouant avec mon nombril. Je contractai les lèvres pour ne pas laisser sortir le gémissement qui grondait en moi. Elle me fit pivoter vers elle et avala mon cri de sa bouche. Mes mains couraient sur son corps qui se cambrait contre moi. Elle bascula sur moi. Ses doigts se mirent à frôler les rebords de ma culotte de coton. Elle joua du bout de l’index avec le peu de poils blonds et fins qui recouvraient mon pubis. Quand son pouce effleura mon clitoris, un râle de plaisir monta de ma gorge. Je me figeai lorsque la lampe du dessus s’alluma. Deuxième fois qu’il nous surprenait dans une position intime. Je la vis tendre une main libre vers lui. Il descendit la courte échelle qui le séparait de nous et tandis qu’elle s’introduisait vigoureusement dans mon ouverture humide, il se pencha vers elle et l’embrassa avec passion, son regard plongé dans le mien.

Cyrille

J’avais encore presque 30 minutes devant moi avant le départ du train. Je levai la tête vers le grand panneau d’affichage, pour checker la voie sur laquelle le train partait. Je ne le trouvais pas. Il n’y avait qu’un train pour ma destination et il était affiché pour dans quelques minutes. J’eus un gros moment de doute. Je sortis avec précipitation mon billet de ma poche. Mon « Holy Shit ! » se répercuta dans la gare bondée. Slalomant entre les mamas et leurs marmots braillards et les colonies de vacances, j’atteins la voie sur les chapeaux de roues. Je me suis jeté dans le premier wagon, mais dans ma précipitation, je n’avais pas vu la fille qui à présent se trouvait à mes pieds. Sa jupe remontait très largement sur ses jambes pâles, mais pleines. La vue était loin d’être déplaisante, malgré ma gène de l’avoir fait chuter de manière si rude. Elle récupéra ses lunettes qu’elle posa sur un petit nez aquilin qui cassait un peu le côté naïf de sa dégaine. Je mis mon sac devant moi, cachant ainsi la bosse de mon pantalon et lui tendit une main secourable. Mais, elle se redressa, seule, sans même remarquer mon voyeurisme. Ou si c’était le cas, ne le laissant rien paraitre.

Elle disparut dans le couloir. J’allai à sa suite. En chemin, je croisai un contrôleur, qui me proposa de l’aide. Il se renfrogna en voyant mon billet car ma place avait mise dans le wagon des femmes. Il appela un collègue, tandis que mon imagination retournait sur le cul magnifique que j’avais eu la chance de contempler. Mon muscle se voyait déjà faire cambrer ses reins et la faire crier vengeance. Mais je fus sorti de mes rêveries par cet homme aussi cordial que peu séduisant. Il m’annonça que le train était complet et que modifier les places serait mission impossible. Ce n’est pas que la compagnie des femmes me dérange (bien au contraire…) mais mon esprit, à cet instant, plein de lubricité, me soufflait que la nuit auprès de créatures féminines serait bien longue. J’en espérais presque des vieilles rombières afin de me couper toute envie inavouable.

Mais quand j’ouvris la porte quelle ne fut pas ma surprise de trouver une splendide brune prête à embrasser celle dont la croupe m’avait tant émoustillé… Fuckin’ longue nuit en perspective… La vision de seins nus complétait le tableau alors imaginé. Elle se dressa devant moi, sa peau brune et au grain parfait me donnant envie d’y croquer comme dans du pain d’épices. Ses petits seins pointaient dans ma direction mais je me forçais à fixer ses yeux. L’autre, un peu gênée, comme prise en faute, se passa la main dans les cheveux. Le contrôleur réussit à la persuader et je grimpai alors sur le matelas du dessus. Après avoir demandé leur accord, j’éteignis la lumière. Ma semaine ayant été épuisante, je m’endormis comme une masse la main sur mon membre encore dur des visions de la soirée.

Éveillé par un cri étouffé, je mis quelques secondes à retrouver mes esprits. Par reflexe, j’ouvris la lumière et me penchai vers le bas. Je sentis ma trique revenir quand je vis la brunette, main dans la culotte de la rousse, pas si ingénue que ça, ses mains pétrissant la poitrine menue. Elles se figèrent à ma vue. Je leur souris, embrasé. La brune me tendit une main que je me pressai de rejoindre. J’embrassai de toute ma bouche ses lèvres pulpeuses et au goût de, fixant avec passion celle qui se faisait doigter avec fougue.

Thais

J’aime bien prendre le train de nuit mais je n’ai jamais envie de dormir. Je suis excitée par le contrat que je vais signer demain. J’aime les transports parce que c’est mon métier. Ingénieur en urbanisme n’était pas une carrière tracée pour moi, mais j’ai fini par trouver ça et je m’y plais. Bosser 70h par semaine, ne pas m’embarrasser d’un couple, ne voir mes parents que lorsque j’ai plus de cinq heures de libre consécutives. Je me sens libre et privilégiée. Mon homme du moment, que j’avais décidé de quitter en partant prendre mon train, m’avait couverte de cadeau. Et quand la fille qui était arrivée, l’air renfrogné, dans la cabine quelques minutes plus tôt se mit à admirer mon ensemble Chantelle et mon corps de manière plus qu’ostensible, je me dis que si ça pouvait la dérider, pourquoi ne pas la laisser se rincer l’œil. Je lui offris même de regarder de plus près le haut. Elle était jolie à sa manière. Rousse avec de grands yeux verts en amande, mais un nez beaucoup trop petit pour que son visage soit équilibré. Habillée de manière presque adolescente, alors qu’elle était sans doute plus âgée que moi, elle dégageait cependant un charme dont elle n’avait pas conscience. Assise près d’elle, je posai ma main sur sa nuque pour en dégager ses longues mèches, qui sortaient éparses d’un chignon, fait à la va-vite, en arrivant ici. Sa peau pâle était extrêmement douce et dégageai une odeur d’abricot, ce qui était peu courant. Je raffermis ma prise et tournai son visage vers moi. Nous étions à quelques centimètres l’une de l’autre, nos souffles se mêlaient quand nous entendîmes la porte de la couchette s’ouvrit avec vigueur. Je fis barrage, sans me poser de question. Je vis immédiatement que mon absence de tenue le déconcertait et l’émoustillait en même temps. J’étais à deux doigts d’attraper son entre-jambe en lui disant que ce membre prouvait qu’il n’avait rien à faire ici. Mais la voix du contrôleur m’en dissuada. J’enfilai alors ma nuisette et laissai l’importun s’installer. J’allai aux toilettes.

Quand je revins, je n’hésitai pas une seconde à me lover contre cette inconnue que je désirai de plus en plus ardemment. Son corps réagit au mien naturellement. Elle frotta ses fesses contre moi. Mes mains s’insinuèrent sous sa chemise de nuit. Je goûtais de ma langue sa peau. Son souffle s’accéléra. L’autre ronflait déjà, je ne voulais pas qu’il se réveille et qu’il nous dérange. Je fis faire volte-face à ma désirée et avalait sa bouche, jouant de ses lèvres avec ma langue. Mon Dieu, qu’elle m’excitait avec ses manières timides et son goût de miel. Ma main qui jouait avec son nombril chercha son bouton. Mon envie de lécher sa chatte que je sentais tellement humide sous mes doigts était à la limite de l’intolérable. Ses mains sur ma poitrine étaient malhabiles mais le rugueux de ses ongles me procurait des sensations très agréables. Je me sentais liquide. J’avais envie qu’elle insinue ses doigts en moi et découvre la profondeur de mon désir pour elle. Elle émit un gémissement. Il s’éveilla. Tout à coup, son regard gris rencontra le mien, ardent. J’étais trop excitée pour m’arrêter, je lui tendis donc la main. Quand il m’attrapa brusquement pour m’embrasser, mes doigts étaient déjà partis explorer la grotte tant convoitée.

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