Venin

kelen

Ote toi de mon chemin

Je t'en prie ôte ton venin.

Tu t'étales quand tout s'étiole

Et tu tapisses mes failles de ton fiel

Quand le ciel s'enfume et la lune s'empale

Sur les cendres mémorielles

Il faut que je sectionne ce qui s'excite

Dans les recoins de ma cervelle

Que les sévices se fractionnent

Fracassés par la force d'un corps frêle

Au fond, il faut déflorer les fleurs fanées

Pour voir fleurir des anathèmes

Ces apostèmes que l'on cisaille

Pour faire céder les acouphènes.

Il faut cesser le combat

Pour que tout se tarisse en deça

Des représailles à la haine.

Il faut te retirer, toi l'intrus qui m'immoles,

Me démolis et m'enrôles, obscène,

A force de me nourrir de tes symptômes

Je faiblis du cœur aux neurones

Neutralisée par tes évidences malsaines.

Je suffoque alors ôte toi de ma trachée

Les cailloux sont des écailles grimées par l'oseille

Et je vomis déjà sur le papier les graviers de ma cité hlm

Tu m'empêches de colorer les cœurs

Ici tout est grisé, gravé à l'argentique

Quand gesticulent nos complexités cyclothymiques

On marche sur des chemins minés au crayon HB

Quand le GHB n'achève pas nos identités

Qui sommes-nous ?

Ces bêtes de somme serviles sans vertu

Qui s'évertuent à ne pas faire sonner le glas

Notre gloss a scellé nos lèvres

Et glacés par des larmes anthracites

La seule réaction qu'on nous tolère

C'est le burn-out ou le suicide

Où s'est caché notre combat ?

Génération lapidée aux cartes bleues

Blasée d'être blessée, elle déblatère

Sur le biz, la beuh, ses bleus

Les bas du front et les bas de laine

Réduite à ses creux

A ses carences

A sa haine.

Alors assez !

Il faut cesser d'avorter tous ces poèmes

Je veux sentir ma peau se glacer

Sous la lame de ton scalpel.

Et sentir la vérité toute nue

S'immiscer entre mes veines.

Juste là.

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