Vive les mariées !

Hervé Lénervé

Deux amis d’enfance, de châteaux mitoyens, perdus de vue, mais pas à cause d’une mauvaise vision, se rencontrent par l’inadvertance du hasard, dans la rue...

... avec leurs jeunes épouses, fraîchement émoulues de l'Eglise, respectives (ce sont les épouses qui sont respectives et non l'église, qui étant toute seule, est introspective).

-         Jean, c'est toi !

-         Pierre, je n'y crois pas !

-         Que devenons-nous, depuis tout ce temps ?

-         Toi, tu vas me l'apprendre, mais moi, laisse-moi te présenter la charmante madame Pierre.

-         Enchanté, madame Pierre ! Donc, pour ma part, j'ai pris également en épousailles madame Jean, pour regagner ma part.

-         Pourquoi ai-je été présentée la dernière ? Par cause de la couardise de mon époux ?

-         Elle aime me taquiner, elle est très taquine, madame Jean, mon épouse.

-         Tu sais ce qu'elle te dit, madame jean, ton épouse ???

-         Un peu vulgaire aussi, certes, mais c'est ce qui fait tout son charme.

-         En parlant de charme, prends ce tronc dans ta gueule !

-         Voui ! Enfore une qualité de mon éfouse, c'est qu'elle a été fampionne de box, poids XL5. Fonc, quand elle frappe, ça FRAPPE !

-         Laissez-moi vous dire, en confidence de jeunes épousées de bonnes familles, que votre geste, madame Jean, est déplacé.

-         Déplacé, mon cul ! En pleine poire, oui ! Pile poil dans la cible, il la prit, l'autre con avec son pif éclaté, le blaze ! Et toi, la morue, si tu veux me donner des conseils de Kick boxing, je vais te faire un tuto sur ton maquillage de pouffiasse !

-         Mon Dieu ! Ventre saint gris ! Quel langage coloré, tellement pictural. Cela me fait penser à un passage de Madame Bovary. Si, quand monsieur Charles Bovary se demande...

-         On s'en tape connasse ! Dégage ton gros cul de là, il me fait de l'ombre de parasol au bain mari d'mer(de) !

-         Bien, Jean, j'ai été ravi de te revoir, mais nous devons y aller à présent, nous allons finir par nous mettre en retard pour l'Opéra.

-         Bonne oféra, alors ! Moi, mon éfouse, n'aime pas l'oféra. La seule fois que nous y sommes allés enfemble, elle a pété la gueule à la fantatrice, à la fanfare, au fublic. Elle s'est calmée feulement sur le farking, après avoir concassé trois foitures.

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