D'un bruissement d'ailes

lilu

E. se sent fébrile sous ce monde trop grand qu'elle laisse vivre sur ses épaules. Elle a le regard timide des petites filles sages. Celles qui n'ont jamais su crier, parce qu'il faut feutrer ses peines sur le parquet des belles maisons.

Tellement gracile, un coup de vent pourrait l'emporter.

E. porte tant, qu'elle ne voit plus que c'est elle qui fait naître ses paysages, grandir ses enfants, tourner son monde.

Elle brûle, à l'intérieur c'est un feu sauvage épris de l'océan.

Je voudrais la protéger au creux de ma main, la déposer au bord de l'eau pour la glisser sous le sable. Que le bruit des vagues la nourrisse, qu'elle pose ses grands yeux bleus, sur elle.

Vaciller, perdre son ciel. Il y a toujours un horizon qui se lève sur ailleurs, j'attends l'envol.

E. a la beauté des oiseaux.


* Dessin d'Esao Andrews

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