Comme un conte irlandais...

Elsa Saint Hilaire

                                                 Comme un conte irlandais

        Le soleil avait depuis longtemps amorcé sa longue descente vers l’horizon. Cennmhar glissa sa canne à lancer sous les bans de rameurs du curragh. Le frêle esquif dérivait lentement le long des côtes de l’île d’Inishmore, quelque part à l’ouest de la baie de Kilmurvey. La brise du soir chargée d’arômes de gentiane et d’orchidée sauvage lui rappelait qu’il était temps de rentrer. Il jeta un coup d’œil aux falaises, piquetées de minuscules taches d’un vert foncé, là où la scolopendre et la saxifrage aimaient coloniser les anfractuosités du calcaire.

      L’ombre qui maintenant tranchait leur masse impressionnante en de larges pans rectangulaires renforça sa certitude : il était temps de regagner le port de Kilronan afin de mettre le bateau à l’abri. Le vent allait tourner et avec lui viendrait la longue houle qui ne cesserait de forcir, jusqu’à peut-être éclater en une vague scélérate à la cambrure meurtrière. Ce n’était pas tant pour sauver sa vieille peau, tannée par les embruns, creusée par les griffes du noroît, qu’il souhaitait interrompre la pêche, non… sa vénérable enveloppe avait fait son temps et gagné dignement le droit de reposer, un jour qu’il souhaitait pourtant lointain, sous sa croix nimbée. L’objet de son souci portait de lourdes nattes étroitement serrées, tissées d’un ruban de velours bleu, dont seules quelques mèches indisciplinées moussaient à la base d’une nuque fine et élancée. Il tremblait pour Eireen qui l’accompagnait dès qu’elle le pouvait dans son incessante traque à la lingue, au maquereau, au milandre, au lieu jaune et à la vieille colorée. Eireen et ses treize ans, son minois barbouillé au lait et au jus de carotte, ses épaules en dedans pour mieux dissimuler une toute jeune poitrine aux petits seins haut remontés et son bagout intarissable. Eirenn pour laquelle le vieux Cennmhar donnerait tous les curraghs d’Inishmore, inventerait les fables les plus folles, pour voir encore et encore ses lèvres saumonées s’épanouir en un sourire nacré, son rire d’adolescente cascader et l’éclabousser, lui le vieil homme, de précieuses pépites de vie. Eirenn, enfin, qu’il faudrait convaincre de ranger son matériel de pêche, à laquelle il faudrait également expliquer pourquoi le requin bleu n’avait pas mordu à l’appât, la laissant une fois de plus inconsolable.

        Elle continuait, têtue, à fixer sa ligne et à jeter dans l’eau par petits paquets, le mélange de bris de lançons, morceaux de couteaux et de chair de maquereau que son grand-père avait préparé pour piéger le prédateur.

        Cennhmar cherchait un moyen de l’arracher à sa quête obstinée lorsqu’un fou de bassan plongea à moins de deux mètres de l’étrave arrondie du bateau, aspergeant la fillette et faisant dangereusement tanguer la fragile embarcation.

- Oups, grandpa ! Celui-là a bien failli trouer la peau de ton curragh ! s’exclama–t-elle en riant, après avoir secoué les gouttelettes d’eau de mer incrustées dans son pull à torsades.

- Je pense que cet oiseau t’aime beaucoup, mon cœur, et que dans sa grande sagesse, il aura voulu sans aucun doute t’avertir d’un danger imminent. Il faut rentrer maintenant, tu as pêché assez de maquereaux pour nourrir tout le comté de Galway, mais d’abord range ton attirail au plus vite! 

        Eirenn fit une moue dubitative et regarda l’horizon qu’aucun nuage ne menaçait. Elle s’assit sur le ban de rameurs et brava les sourcils froncés de Cennhmar.

- La mer est lisse et soyeuse comme le poil de Kitty, grandpa ! Regarde le ciel, pas un nuage… S’il te plaît laisse-moi un tout petit quart d’heure de plus. Je suis sûre qu’il y a un beau bleu dans le coin qui ne demande qu’à se laisser prendre… S’te plaît…mon grandpa adoré…

        Cennhmar connaissait par cœur toutes les ruses de la gamine pour l’attendrir et forcer sa volonté, mais il savait également comment la faire craquer.

- Si tu ne m’obéis pas immédiatement, ma jolie banshee, je te chante en boucle « Sadhbh Ní Bhruinnealla ».

- Oh non ! Par pitié grandpa ! Tout sauf « Sadhbh Ní Bhruinnealla… »

        Ignorant les jérémiades de sa petite-fille, le bonhomme entonna sa ballade préférée :

“Fear maith i mbád mé togha fear iomraimh

Fear sluaisid' is láí ar dhá cheann an iomaire…”

        Eirenn se boucha les oreilles et gémit à fendre l’armature en noisetier du curragh. De tous les irlandais, un seul chantait faux, et il avait fallu que cela tombe sur son grand-père !

- D’accord, admit-elle, vaincue. Je range mes affaires, mais avoue que c’est plutôt pour aller au Pub écluser quelques pintes que nous rentrons si tôt.

- Lune fine et rousse la nuit dernière, jeune fille… As-tu entendu les grognements des phoques gris lorsque l’on a doublé la pointe de Kilmurvey, eux d’habitude si paisibles en cette période de l’année ? Fais confiance à ton grand-père et rentrons avant qu’un grain ne nous transforme en amuse-gueules pour tes beaux bleus. Tu veux périr noyée ?

- Ce n’est pas juste, maugréa Eirenn. On ne risque rien du tout… tes histoires de lune et de grognements de phoques, ce sont des sottises, des trucs de vieux… Moi, j’ai regardé la météo avant de partir et rien que du beau temps. Quant à se noyer, tu m’as toujours dit qu’avec toi, il n’y avait rien à craindre… que tu saurais toujours échapper aux tempêtes !

        Une lueur étrange anima le regard de Cennmhar. Le vieux fourragea dans la grande musette où il rangeait ses leurres, ses hameçons, ses plumes et ses cuillères. Il en sortit une flute à six trous, un tin whistle traditionnel, qu’il porta à ses lèvres. Quelques notes d’une mélodie lancinante s’égrenèrent pendant qu’Eirenn remontait, sans réelle conviction, une traîne attachée à la proue carrée du bateau. Si Cennhmar était un piètre chanteur, sa réputation de meilleur whistler des îles d’Aran n’était pas une légende. On s’arrachait sa présence à la moindre fête dans tout l’archipel.

- Un concert en pleine mer pour moi toute seule! s’écria ravie Eirenn

- Tais-toi, jeune écervelée, je converse avec les fées…

        La gamine ouvrit des yeux ronds comme des billes. Avec son grand-père, tout était possible, mais elle flaira aussitôt que celui-ci avait envie de lui raconter une des innombrables légendes qu’il connaissait par cœur ou inventait parfois. Et là, il avait, fidèle à ses habitudes, réussi à éveiller sa curiosité. De plus, elle comprit que pendant que Cennhmar lui raconterait une nouvelle histoire, elle pourrait laisser la traîne filer et peut-être avec un peu de chance, enfin capturer un beau bleu. Cette perspective était terriblement alléchante et c’est d’une voix à la douceur de miel et de cannelle qu’elle l’implora d’en raconter d’avantage.

        Mais Cennhmar ne l’entendait pas de cette oreille et aimait la faire languir. Il démarra d’un geste sec son vieux moteur 9x9 qui toussota un peu, puis ronronna au ralenti, creusant un mince sillon dans la surface cristalline de la mer. Contrairement à ce qu’Eirenn attendait, le bateau ne fit pas demi-tour, bien au contraire. Le curragh s’éloignait ostensiblement de la côte et les emmenait vers le large à la poursuite d’un vol de sternes en route pour l’arctique. Jamais, il ne l’avait conduite dans ces parages et histoire ou non, elle commença à s’inquiéter.

- Tu fais fausse route, grandpa, on file vers le grand large…

        Cennhmar, la fusilla du regard.

- Occupe-toi de ta traîne et laisse-moi naviguer en paix ! Alors tu la veux cette histoire ?

        Eirenn baissa les yeux, se mordit les lèvres puis finit par acquiescer.

- Vois-tu, il y a fort longtemps, naquit un jeune gars aux dons surnaturels. Il s’appelait Finan, et les commères de Kilronan te diront que sa mère devait avoir fauté avec le cornu. Mais tu connais leur mauvaise langue… en dehors de leurs aiguilles à tricoter et du binage des patates, elles ne savent que médire en attendant le retour de leurs hommes. Toujours est-il que ce gamin, dès son plus jeune âge, ne se déplaçait qu’un tin whistle à la main. On le voyait au coucher du soleil se promener sur la lande et venir s’asseoir au bord des falaises de Killeany, sortir sa flute et jouer jusqu’à la nuit noire des mélopées bizarres qui mettaient à vif les nerfs des iliens. Sa beauté et son comportement étrange lui attirèrent vite les faveurs des toutes jeunes donzelles de Kilronan qui se chamaillèrent pour lui voler, dès le coucher du soleil, de furtives étreintes. Ses lèvres si souvent au contact du bec de la flute rongé par l’air marin donnaient à ses baisers une saveur salée et il n’en fallut pas d’avantage pour que ses éphémères conquêtes le surnomment « goût de sel », un sobriquet qu’il garda toute sa vie. Il y eut en ces temps lointains de grandes famines ; quand ce n’était pas le mildiou qui frappait, c’était les landlords qui réquisitionnaient les maigres récoltes pour les acheminer chez ces bourrins d’Anglais. Le jeune Finan, notre petit « goût de sel » dut très tôt subvenir aux besoins de sa famille et quitter l’île pour se faire embaucher comme mousse à bord des bricks qui mouillaient à Galway.

      On avait à l’époque, converti ces illustres voiliers de corsaires en terre-neuviers. Courageux, dur à la manœuvre, Finan devint expert à manier le doris au terme de plusieurs campagnes au large de Bonavista. Ce n’était plus un morveux, une brindille poussée trop vite, c’était même un grand gaillard, plus musclé que Micky Ward ne l’a jamais été. Pourtant, le tin whistle, continuait à dépasser de son barda et dès qu’il regagnait Inishmore, on le voyait à nouveau au bord des falaises, le nez au vent, la flute au bec. Un jour de février, on le réclama à bord du White Lady pour une nouvelle campagne de pêche. Le temps était exécrable. Une tempête brossait les côtes depuis plusieurs jours, mais l’armateur n’entendait pas remettre à plus tard, le départ de la flotte. Tout ce que comptait l’île de personnes vaillantes, s’était rassemblé sur les contreforts de Dun Aengus pour apercevoir les bateaux croiser au large. La mer démontée et les rugissements des rafales de vent glacé ne pouvaient décourager cette pauvre grappe humaine agglutinée au bord du gouffre. Chacun priait pour les frères, enfants ou maris embarqués sur les voiliers. À bord du White Lady, les marins s’affairaient à la manœuvre, le corps trempé par les déferlantes qui rendaient le pont aussi glissant que la surface glacée du lac Corrib certains hivers. Seul, au milieu de la panique générale, « goût de sel » paraissait de marbre. Le corps légèrement courbé en direction du vent, il restait figé et tendait l’oreille. Ce qu’il entendit à ce moment, nul autre être au monde n’aurait pu le percevoir. Figure-toi, mon chaton, que Kaourane, Caelia, Ysaline et Malou discutaient entre elles. 

        Eirenn éclata de rire. Elle aurait dû s’en douter : les quatre fées préférées de son grand-père étaient au rendez-vous. Rares étaient les histoires où selon sa fantaisie il ne leur prêtait pas des pouvoirs maléfiques ou bénéfiques. Celle-ci n’échapperait donc pas à la règle.

- Quoi, tu ne me crois pas ? demanda Cennhmar, d’un timbre de voix faussement courroucé.

- Si, si, grandpa… je te crois, continue, je t’écoute… mais si tu gardes le même cap, on aura bientôt plus de repères… lui répondit avec véhémence Eirenn, tout en tâtant discrètement le fil de la traîne.

        Cenhmar ignora la remarque et reprit son récit.

- Où en étais-je ? Ah oui ! Finan, les entendait discuter et les voyait aussi.  Karouane portait une longue robe d’un rouge aussi sombre que notre varech, celle de Caelia était d’un vert foncé semblable au plumage du cormoran, celle d’Ysaline avait la blancheur de l’écume de mai, quant à celle de Malou, elle resplendissait d’un bleu outremer profond. Les quatre fées portaient de longues chevelures blondes qui s’envolaient au gré des rafales de vent. Il comprenait parfaitement leurs paroles car leurs voix étaient semblables aux sons bizarres qu’il tirait de son propre tin whistle. Pendant des années il s’était exercé à imiter leur langage et était arrivé un beau jour à se faire comprendre d’elles. Ils les entendaient se réjouir de la tempête et parier sur la malheureuse créature qui tomberait à la mer et qu’elles emporteraient avec elles au fond des abimes. Finan prit alors sa flute et par les notes qu’il fit jaillir de l’instrument, il s’adressa en ces termes aux banchees : « Je suis « goût de sel », l’homme de l’océan, celui qui parle votre langage et je vous aiderai dans votre entreprise. Il vous suffira de vous guider au son de ma flute pour trouver votre prochaine victime ; si elle en réchappe, c’est que celle d’entre vous qui a la chevelure la plus courte est son amie et l’aura sauvé. » À peine eut-il terminé de jouer de son instrument, qu’une haute lame vint frapper le White Lady par tribord jetant à la mer un jeune matelot. Aussitôt, Finan se précipita vers le côté opposé, s’arrima au bastingage et entama une ballade macabre afin d’attirer les fées. Celles-ci accoururent dès les premières notes, cherchèrent, fouillèrent l’océan en vain. Entre temps, des membres de l’équipage avaient lancé un bout au malheureux matelot et avaient réussi par miracle à le hisser sur le pont sain et sauf. « - Ah, dirent les fées en colère, il y a une traîtresse parmi nous ». Et les voilà, alignées côte à côte, tirant sur leur chevelure pour gagner quelques pouces et en comparer la longueur. Ysaline eut beau tricher comme les autres, il fallut se rendre à l’évidence : ses cheveux étaient les plus courts. Ses trois compagnes en furie se jetèrent sur elle, la déchiquetèrent en menus morceaux puis abandonnèrent sa dépouille au fond de l’eau. À peine avaient-elles terminé leur triste besogne qu’une autre vague assassine frappa à nouveau par tribord le voilier qui prit dangereusement de la bande et dont le mât de misaine faillit effleurer le monstrueux dos bombé des vagues. À l’avant du navire, un autre matelot fut happé par les flots. Finan toujours arrimé au bastingage, souffla comme un damné dans sa flute attirant sur bâbord les diablesses. Elles explorèrent sans succès ce côté-ci du bateau pendant que sur l’autre bord, accroché au bossoir de capon - grâce soit rendue à Saint Andrew ! - le marin appelait à son secours ses compagnons. Les trois fées écumaient de colère et s’accusaient mutuellement de trahison. La comparaison des chevelures fit le reste : la dépouille de Caelia vint rejoindre celle d’Ysaline au fond de l’océan. Mais la tempête soufflait de plus belle et la mâture gémissait sous les assauts des éléments déchaînés. Deux cabillots ayant cassé, un gabier tenta de les réparer, au moment même où une autre lame déferlait sur le navire. Il n’eut point la chance du précédent et tomba à la mer. « Goût de sel », dont les forces commençaient à faiblir, trouva encore le courage de tirer quelques notes de son tin whistle et attira les banshees du mauvais côté. Je te laisse imaginer la suite…

- La suite… c’est que l’on est bien trop loin de la côte et que nous allons finir comme tes matelots, mais sans Finan pour nous sortir d’affaire !

      Cennhmar leva les yeux au ciel et branla la tête de gauche à droite, la mine affligée.

- Je disais donc… Qui de Manou ou de Karouane allait survivre ? Il s’en fallut de moins d’un demi-inch ! Manou avait la chevelure la plus courte, mais elle était rusée et cruelle si bien qu’après une lutte sans merci et d’odieux stratagèmes, c’est Karouane qui rendit l’âme et disparut définitivement. Finan, témoin de la scène vilipenda sèchement Manou et la menaça de révéler à la reine des fées, Morrigan, son odieux comportement. La banshee terrifiée ne demanda pas son reste et quitta les lieux dans un énorme tourbillon d’écume. Aussi incroyable que cela puisse paraître, la tempête cessa aussitôt et l’océan devint aussi doux et tendre que la toison d’un jeune agneau. L’équipage en profita pour mettre à l’eau un doris et réussit à récupérer le gabier qui, par bonheur, savait nager et barbotait à quelques encablures du voilier. Voilà pourquoi, jeune demoiselle, mon tin whistle ne me quitte pas lorsque je pars en mer, y compris lorsqu’elle prend ses grands airs de pachyderme endormi. Foi de Cennhmar !

        Eirenn rit aux éclats et pensa que son grand-père la tenait toujours pour une enfant de sept ans.

- Tu veux dire que toi aussi grandpa, tu sais parler aux fées ?

- Si je sais ?... jeune impertinente, bien sûr… et ma petite sérénade de tout à l’heure était destinée à tenir Malou bien loin du curragh, car elle sait que je sais. Et si tu ne me crois toujours pas, attends le retour de l’été et je t’emmènerai au large de Dun Aengus ; nous plongerons ensemble et je te montrerai les trois anémones de mer, l’une rouge, l’autre verte et la troisième blanche qui déploient leurs immenses tentacules au fond de l’eau. Bon, voilà les premières risées et il est grand temps de faire demi-tour, de remonter cette fichue traîne que tu t’obstines à laisser filer, étant donné que cela fait cinq bonnes minutes qu’un beau bleu s’y est accroché et s’asphyxie lentement tout au bout de la ligne! Seulement voilà… il s’agit d’un bébé requin, pas besoin de le voir pour en être certain… pas plus long que trois pieds et il te faudra très vite lui rendre sa liberté.

        Eirenn sursauta et tira sur la traîne qui effectivement se tendit comme lestée par un poids mort. Elle bondit de joie, faisant rouler le curragh sur son étrave et se jeta dans les bras de son grand-père.

- Tu es le plus grand menteur du monde, mais le meilleur pêcheur et le meilleur marin de tout le comté ! Tu savais où mener le curragh… Je t’aime, grandpa !

        La frimousse blottie au creux de l’épaule du vieil homme, elle souriait de bonheur.

- Alors comme cela, on doute de moi et on se mêle de navigation ! Ne parle pas à tort et à travers de ce que tu ne connais pas, du moins pas encore… Si je devais moi aussi te donner un surnom, ce ne serait pas « goût de sel », mais « grain de sel », mon chaton. Ecoute, observe, apprends et dans bien peu de temps, c’est toi qui tiendra la barre… répondit Cennhmar, en baisant le front d’Eirenn.

- J’aimerais tellement que tu me chantes une ballade, grandpa…

        Petite tache sur l’océan, le curragh vira enfin de bord, et le vent qui forcissait, emporta l’air et les paroles d’une vieille mélodie jusqu’aux murs hiératiques de Killeany Abbey.


 

*•.¸¸.•.♪♫•*¨*•.¸♫♪♥

« Máistir báid mhóir mé a' gabháil ród na Gaillimhe

D'fhliuchfainn naoi bhfód is ní thóigfinn aon fharraige… »

  • Merci Patricia! Quel plaisir de te lire ici...je vais essayer de te faire voyager et rêver encore et encore... Bises Pat!

    · Il y a plus de 12 ans ·
    Locq2

    Elsa Saint Hilaire

  • Cette histoire déborde de tendresse et de poésie et l"atmosphère est si bien rendue. Un don de conteuse, oui...Merci pour ces grains de sable qui vont doucement m'emmener vers des rêves aux parfums d'embruns, sur une balade Irlandaise !

    · Il y a plus de 12 ans ·
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    Patricia Fort

  • Chère Sally! le conte est ma prédilection même s'il m'arrive de musarder dans d'autres genres d'écrits et tes commentaires sont tellement vivifiants, sincères, enthousiastes que pour ta punition j'en écrirai d'autres!!! ;-) Mille bisous ma grande et délicate poétesse

    · Il y a plus de 12 ans ·
    Locq2

    Elsa Saint Hilaire

  • ô Elsa...c'est d'une beauté renversante! la magie d'une voix "granpapa"...tu as un véritable don pour le récit, le sais-tu?
    D'une guinness, je te dessine un trèfle, une bruyère..."grain de sel, grain de sable...tu montes à l'échelle".
    Fabuleux conte et légende des doigts d'Elsa.
    Pardon, ,j'ai pris du retard ...je n'ai pas lu tous ces jours-ci.
    Merci à toi pour "ce festin de roi" que je m'empresse de garder dans mes pages.

    · Il y a plus de 12 ans ·
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    sally-helliot

  • Mystéria, j'avais envie d'écrire un texte simple avec tendresse, Bises et merci!

    · Il y a plus de 12 ans ·
    Locq2

    Elsa Saint Hilaire

  • un très beau texte, qui porte bien son titre. j'ai été au bout des 12 pages, sans souci tellement c'est beau! bravo à toi!

    · Il y a plus de 12 ans ·
    Img 0052 orig

    Karine Géhin

  • Merci Junon... d'avoir été au bout des 12 pages... pas toujours évident à l'écran... d'autant que comme d'hab... une fin de phrase coupée par l'éditeur de WLW... Merci à toi!

    · Il y a plus de 12 ans ·
    Locq2

    Elsa Saint Hilaire

  • Cher Jean-Louis, je ne l'ai pas sur mon ordi... mais la voici sur youtube :http://www.youtube.com/watch?v=CAbF69ljNeM
    Franchement heureuse de vous avoir transmis quelques embruns au travers de ce petit conte...Une guiness? Merci pour le coup de coeur! :-)

    · Il y a plus de 12 ans ·
    Locq2

    Elsa Saint Hilaire

  • Une bien jolie histoire que voilà... On se laisse soi-même embarquer sur cette mer d’Irlande que tu décris si bien !

    · Il y a plus de 12 ans ·
    Jos phine nb 7 orig

    junon

  • vraiment un texte énorme ! très beau, comme une variation sur le thème du vieil homme et la mer. Et puis l'Irlande, que j'aime par dessus tout, mon autre pays de coeur, pour moi le Breton pur beurre.
    ça vous étonnerait ma chère Elsa si je vous disais que j'ai lu le texte en écoutant la Sadhbh Ní Bhruinneallaigh de Roisin Chambers ?
    C'est un peu comme écouter une Gwerz de Denez Prigent. Quand on est loin de chez soi comme moi, ça fait tout de suite revenir l'odeur de la mer, le chant des oiseaux et les haubans qui claquent sur les mats.
    Forcément, quand on me prend par les sentiments, ça part en coup de coeur !

    · Il y a plus de 12 ans ·
    Stamped 500

    Jean Louis Michel

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