Deauville

thegirlwiththeeyetattoo

Entre amis.

J'ai toujours été sur le fil. Entre le bonheur total et le chagrin absolu.

Bipolaire sans le savoir.

Et cette journée était exactement comme ça.

La journée 37, débute dans le bonheur total.

C'est dans une légèreté alarmante, que nous nous mettons en branle.

Nous exhalons une insouciance espiègle  qui se mêle à la buée  des vitres et nous isole de la foule.

C'est un voyage plein de promesse, sans l'ombre d'un tourment.

C'est un bateau pirate des jours heureux.

Arrivés à destination, nous rencontrons un magasin de jouets.

L'endroit le plus touchant du monde.

On essaye tout.

On se marre de tout.

On voit des figurines, des puces multicolores, des Barbies sirène, des oiseaux qui chantent, des jeux de société.

20 minutes après, nous ressortons émerveillés, chacun un cadeau dans le bras: des bulles pour Aurore et Johanna, des cartes pour toi, un cerf-volant pour moi, un nez rouge pour Johanna.

Ce n'est que le début.

La visite de la maison est un nouvel enchantement.

Elle sent les vacances et le bois. Alors on danse.

Puis on chante, on court, on fait des bulles.

Les pirates ont trouvés leur bateau. Et ils l'explorent en courant.

Comme des gamins.

Avec la mer en vue.

On s'invite dans la cale.

Et dans ses placards on trouve des costumes de corsaires : des pulls comme des redingotes et des parapluies comme des sabres.

Et même des chapeaux comme des tricornes.

Cap sur la plage.

Nous sommes des flibustiers bretons.

Le vent emmêle nos cheveux, fouette nos visages et gèle nos jambes.

La pluie lui donne un coup de main.

La lutte contre les éléments est délicieuse.

La baignade aussi.

Le froid n'a aucune emprise sur nous, il ne fait peur qu'aux mortels.

Le cerf-volant nous sert de vigie.

Il vole vraiment bien ce fou.

On accoste, on accourt.

La marée nous indique des dunes que nous gravissons et des monuments aux morts que nous honorons.

Une heure plus tard, nous avons côtoyé des mouettes, et des Hommes jaunes, embarqué un autre navire, puis couru jusqu'au nôtre.

Tous au radeau de la voiture.

Notre esclandre arrime au port.

Nos têtes sont riches de trésors, de sable et de sel ...

Mais il faut danser encore, et boire, et manger.

Nous sommes  les vauriens de Deauville.

Armés de poêle et de guitares, prenant d’assaut les maisons de bois, y dérobant une odeur de crêpes et de vacances.

Nous sommes libres.

Et jeunes.

Et tellement beaux. 

"Et j'avais alors l'impression d'être à l'intérieur et à l'extérieur de la scène "

Écoutez la musique nous disions tout à coup.

Pour suspendre le temps et le chant des sirènes.

Mais l'angoisse revient, et le temps nous rattrape.

Nous suspendons les costumes et reprenons les vêtements, arrêtons la musique et attrapons les clés.

On retourne en ville.

Dans la voiture ronronnant, on se souvient déjà en se mordant les lèvres.

Cette folle journée, cette magie, ces sirènes.

Ces larmes qui noieraient un pirate, ces dérives, ces radeaux.

On frissonne encore d'avoir vécu sur le fil. On l'enroule soigneusement en évitant les nœuds.

Et on se couche en pliant notre cerf-volant.

Et demain il volera encore.

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