En attendant Dr Noir.

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            J’ai beau essayer de me dire qu’une vie sans toi est faisable, expérimenter les joies de la sociabilité que j’ai mis au vent il y a bien longtemps déjà, mais je ne m’y fait pas. Quand le Jazz raisonne je me rappelle que je suis l’enfant élu d’un spleen audacieux, quand le blues me parle, je suis euphorique de nos souvenirs.

Je me cache les yeux quand mon visage scrute cet autre que toi dans mon lit ex-conjugale, la honte me parle à l’oreille pour m’expliquer que je cocufie mes souvenirs, si précieux à ma douleur. Alors je fuis cette poupée doré pour m’assoir sur cette chaise qui tourne sur moi-même, et je discute avec toi et les autres devant ma porte d’ivoire.

Alors je donne les mains au Jazz, conjugue le temps à ton imperfection, j’entends mes mots avec ta voix que je balance dans la gorge profonde d’une autre.

Mon amour le plus sincère est pour mon esprit, fidèle à toi-même, dédiant ses omniprésences au soupire de Coltrane. Cependant joué les théâtreux décontenancer par une nouvel vie n’est pas si désagréable, bien que l’ennuie martyrise ma raison au grand drame de mon docteur Noir.

Baudelaire me rend visite parfois, il me regarde, écoutant de sa plus grande attention mes pensées qu’il embellie, rajeunie dans son cahier vieillie par mon encre.

Alors je donne les mains au Jazz, conjugue le temps à ton imperfection, j’entends mes mots avec ta voix que je balance dans la gorge profonde d’une autre.

Malgré tout ça le temps ne rajeunie pas, il s’efforce de vieillir à mes coter. Tuant mon rat, oubliant mon chat et me laissant seul avec le manque que je croise à chaque coin de rue, empêchant – que dis-je ? – Barricadant, plutôt, mes pensées les plus résolue sur la vie sans toi.

Et le soleil devient blême, la lune brule mon âme fané et cerne mon visage qui était encore si jeune il y a quelques temps. Au sacré cœur je noie les escaliers qui me permettaient d’atteindre ta poitrine lorsque mon sexe devenait fiévreux.

Alors à quel jeu dois-je maintenant joué ? Utilisant toutes les cartes qu’il m’a été donné de jouer, j’ai perdu ma femme au poker, ma vie à la roulette il ne me reste plus que mon âme agenouiller devant un corps nue qui put encore le parfum de cette femme, toi, aux cheveux émeraude.

ALORS ! Mes mains caresses des seins, alors mes cuisses joues de leurs va et viens ! Alors mon temps devient celui de ma famille ! Alors mes cigarettes ne sont plus qu’un espoir d’apprendre que je vais mourir. Alors les femmes ne sont plus que des pâles copies endiablées de promesse perdue !

Alors je donne les mains au Jazz, conjugue le temps à ton imperfection, j’entends mes mots avec ta voix que je balance dans la gorge profonde d’une autre.

Tout ça est sacrément macabre, tout ça n’a aucun sens du rythme. Les idées valses dans cette insomnie zappée par un vieil alcoolique. Alors j’en remets mes airs à Dieu, mes jambes à ton antipode.

Et ton numéro ? Aux scarifications sur mon bras.

Pas grave ! Dansons quand même, je t’en supplie, dansons ! Rejoins moi au marché au flirte, je t’y attends depuis que tu es morte. Toute la fibre de mon corps n’attende que ton désir à refuser pour enfin, par pitié, enfin pourvoir penser à nouveau. Reprendre du temps pour moi, pour reprendre mon ancienne angoisse, ses peurs qui étaient érigé par une seule question : Comment vais-je bien pouvoir être malheureux à nouveau ?

Sans toi je n’ai même plus le temps de souffrir, mais j’ai appris à rire. Un rire gras, un rire audacieux, un rire absurde. Un rire qui t’aura crispé.

Un rire vrai.

Alors je donne les mains au Jazz, conjugue le temps à ton imperfection, j’entends mes mots avec ta voix que je balance dans la gorge profonde d’une autre.

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