Horizon

Colette Bonnet Seigue

J'écrirais au lavis, dans l'ombre de ton cœur,

Un baiser de satin à grand éclat d'amour.

J'y mettrais un feu neuf à rayons alentours

Et l'abandonnerais aux tisons protecteurs.

 

Je confie mon chagrin au pavillon de l'âme

Et, à la nuit tombée, un vermillon ambré

S'impose avec fracas aux affres ténébrées,

En transit reposé afin qu'il ne s'enflamme.

 

Je peindrais pour demain, des espoirs vagabonds

Sur le blond de la dune aux courbes généreuses,

Un sensuel quatrain à rimes amoureuses,

Pour déclamer très haut mais peut-être en vain.

 

Je jouerais à ma peur sonate au clair de lune,

Chopin ressuscité pianoterait ma nuit,

Valse énamourée aux rêves ébaubis

Salverait ma douleur à onde à  la une.

 

J'écrirais les échos de nos rires d'antan,

A la marge du cœur, ou bien en interlignes,

A la pose d'un jour où l'heure levantine

Echapperait mes larmes à l'enfer mécréant.

 

Au pinceau mariné à l'écume de vie,

J'ourlerais le bonheur habillé de dentelles,

Dans les bleus de mon cœur, à leurs froissements d'ailes,

J'y peindrais un destin figé à l'infini.

 

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