les chats de la gare

rechab


Quelque part,   dans un lieu suspendu,
c'est un endroit où on n'aurait jamais cru
que tant de petits êtres se pressent
détalant avec souplesse
dès qu'on pose un pied sur le sol:
              une espèce de farandole
de fourrures qui grouillent
une horde de chats, de petites fripouilles
partout sur le plancher :

j'ai du mal à y poser les pieds :
          (  c'est que ces gnomes
règnent sur leur royaume
quelque part dans les étages: )
        ils ont un certain avantage,
et semblent se multiplier
comme une génération spontanée
parallèle ,  au milieu urbain
à quelques mètres des trains :

                De leur perchoir
ils devinent tout de leur trajectoire,
tandis que vient le soir
et que le soleil s'égare :
     ce sont les dernières oeillades
sur les miroirs des façades
la nuit arrive subrepticement
la ville se sombre        lentement.
On pourra peindre bientôt
ce tableau à la Delvaux

où s'allument quelques lampadaires,
le long des quais déserts:
quelques wagons immobiles
dorment tranquilles ,
alors,           comme d'une toile peinte,
         les chats surgissent sans crainte :
leur domaine se prolonge dans la gare
des yeux verts brillent dans le noir :

           ces félins turbulents
se poursuivent en miaulant :
    toute une faune sauvage
est descendue des étages
on ne sait comment :
     ce sont les nouveaux habitants
du quartier ferroviaire
              qui prolifèrent :
ils vont s'épanouir et s'enhardir :
la gare silencieuse ,   devenue leur empire.
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RC

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