Anouar Est Une Bombe #12 - Les Moleskines - Dans Paris

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Carnet de voyage numéro douze – République #12AnouarEstUneBombe     

Anouar est une bombe.

Anouar a l'assurance d'un énarque et le quotient intellectuel d'un banquier d'affaires à la BNP Paribas. L'esprit vif, incisif et pénétrant. Ses yeux donnent autant qu'ils reçoivent. Les mots fusent de sa bouche dans un enthousiasme grandiloquent. Il parle vite. Comprend vite. Berbère urbain, déraciné dans un Paris bourgeois dont il a appris les codes, Anouar m'a laissé entrer dans son intimité.

Ses yeux sont émeraudes, sa peau est légèrement halée et une barbe de quelques jours habille son visage. Son corps est une œuvre d'art, dessinée au fuseau, grossière mais nette. Ses fesses émergent d'un corps sec mais chaleureux. Comme les montagnes de l'atlas au milieu du désert marocain.

Son cerveau reste de loin son organe le plus érotique. Il maîtrise les concepts macro-économiques aussi bien que l'art de la fellation.

Anouar est une bombe à retardement : son corps est sulfureux et ses baisers sont des attentats à la pudeur. Son calme apparent dissimule une extrême violence et la détermination frénétique de ceux qui se sont construits ex nihilo. Il semble attendre qu'on l'allume pour exploser. Dans son œil, on aperçoit les germes d'un ouragan. Même le plus doux de ces gestes contient une part de violence. Anouar considère son lit comme un ring : le lieu d'un combat où il est seul face à un adversaire. Sur ses draps en soie, se déroulent sans cesse des combats à petite mort.

Je crois que je l'apaise. Quand je suis avec lui, j'éteins le compte à rebours et j'enraye la mécanique de sa bombe intérieure.

Quand on dort côte à côte après nos combats nocturnes, il semble comme un dormeur dans un val.

Il dort dans la nuit, la main sur sa poitrine.

Tranquille, il a deux traces blanches sur le côté droit.

A suivre

Carnet de voyage numéro treize – Odéon #EnAttendantGodard 

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