On grandit

louzaki


Camille, les jours défilent comme si quelqu'un les avaient mis en avance rapide.
Je pars de la maison le matin, le soleil m'effleure tout juste.
Et quand je rentre, je vois la lune, presque pleine.
Je m'effondre sur mon lit, enlève mes habits et dors jusqu'au matin. Parfois pendant 12 heures, comme quand j'étais bébé.

Camille, pourtant, je m'éclate. J'adore travailler à la librairie.
Hors de ce bordel, je ne rêve que d'y retourner. Et de crever à la tâche.
C'est ce qu'ils me disent, tu sais, les gens.
Sauf la bande de fou qui m'accompagnent. Eux, ils savent que nous faisons des trucs fous mais ils aiment bien. Ils sont fatigués tu sais, moins que moi.

Mais je vois toujours cette étincelle dans leurs yeux, Camille.
Je vois cette putain d'envie de continuer, de ne jamais abandonner. De toujours se battre, de survivre pour faire ce qu'ils aiment. Et ça, ça me donne envie d'être à leur côté.

C'est plus fort que tout Camille.
C'est même plus fort que mon amour pour toi.

Je suis désolé, vraiment.
Il faut que je partes. Il faut que je le fasse. Même si on fonce dans le mur. Même si le monde nous interdit de continuer. Il le faut.
Et si tu ne veux plus me voir, plus me parler, plus me toucher, je comprendrais.

Mais je te promet que, toujours, quand ça ira un peu moins bien, quand ma vie sera bancal, je penserais à toi. Toujours.

Et le jour où tout s'arrête, juste avant que je meurs, je reviendrais à la maison.
Promis.


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