QUE ME RESTE-T-IL DE TOI ?

Pascal Germanaud

QUE ME RESTE-T-IL DE TOI ?

 

Je te sens si fragile et si facile aussi

Que me reste-t-il de toi ?

Une image imbécil’ me traverse l’esprit

J’enrage, j’en frémis déjà

 

Je te vois si féline et féminine aussi

Que me reste-t-il de toi ?

Un visage infantil’ mollement me sourit

Bien sage, j’en rougis d’effroi

 

Et s’il ne me restait que quelques mots à dire

Ils seraient peut-être pour toi

Mais le temps incertain me pousse à te maudire

Quand je te sais si loin de moi

 

Je te sens si sensuelle et si belle à la fois

Que me reste-t-il d’hier ?

Un dessin au fusain où s’emmêlent tes doigts

Je geins, je me noie de colère

 

Je te vois si soudaine et sereine à la fois

Que me reste-t-il d’hier ?

Un des seins, l’un des tiens, sculpté là dans du bois

Bien coi, quoi que j’en sois peu fier

 

Et s’il ne me restait que quelques mots à dire

Ils seraient peut-être pour toi

Mais le temps incertain me pousse à te maudire

Quand je te sais si loin de moi

 

 

 

Je te sens si mature et si pure à la fois

Que me reste-t-il de toi ?

Une blessure obscur’ qui me couvre de froid

Je crois que ta voix monte en moi

 

Je te vois si solide et si vide à la fois

Que me reste-t-il de toi ?

Une âme nonchalante qui hante mon toit

Je crois que je porte ma croix

 

Et s’il ne me restait que quelques mots à dire

Ils seraient peut-être pour toi

Mais le temps incertain me pousse à te maudire

Quand je te sais si loin de moi.

 

 

                                      Le 28/01/92.

                                                         Pascal GERMANAUD

 

 

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