Théophile Thanatophile

tetranecro

Alors que tout mes pairs s'acharnaient à vivre, à écrire, jouer, mentir, tromper, rendre justice, travailler, à l'instar de ceux qui, au nom de leur famille engendrait un profit, le plus personnel possible, j'étais haïs, rejeté de notre communauté.

Oh oui, je ne m'y plaisais pas, mais malgré tout, c'était eux que j'avais choisi. Ils avaient l'air appétissant, mais je n'étais pas cannibal. Leur corps m'emplissait de désir .. Bien que je n'ai jamais aimé personne.

Leur haine m'avait atteind, elle se faisait toujours plus présente, grandissante chaque jour. Ils me rouaient de coups, parce que j'achetais leurs morts. Mais personne ne me les refusait.

Ils me fascinent, ces golems de chair, sans vie, je les aime. Ma vie est bercée par l'odeur flottante du formol, dans lequel baigne gracieusement ces corps sans âme. Oh leur expressions vides, que je dévore du regard, cette beauté blême m'inspire tellement plus de respect que de leur vivant.

Nuit et jour, je ne rêve que d'eux. Un chef d'oeuvre, une merveille. Ma collection de poupée de chair, baignant dans son liquide incolor. Elles sont ma famille, mes amantes, mon monde. Aucune ne se plaint, aucune ne parle.

La solitude m'isole, au point de vouloir retourner au monde exterieur. Mais mes mannequins de chair me retiennent, prisonnier de ma démence. Je lutte, mais elle m'engloutit.

Mon monde, ma vie, est dans la mort, paradoxe dont les chrétiens m'ont accusés, hérétique, de peur de contaminer leurs enfants par mes pensées, m'ont enfermé dans un caveau, et moisissant lentement, j'attends l'heure de ma mort prochaine, où je retrouverais mes mannequins, vivant, me blamant de les avoir empêcher de pourir sous terre, où, faisant leur office, les vers se délècteraient de leurs lambeaux de peau décomposés.

Alors qu'on me sort du caveau, je me laisse trainer, jusqu'a mon manoir, ou j'observe les corps, toujours bien conservés dans leurs bocaux froids de formol. Je ne peux pas bouger, ils m'ont affamés. De cette tourmente vient s'ajouter ma famine .. C'est alors que nait, en plus de mon obsession pour mes amis au teint blanchâtre, celui de les gouter ...

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