Tournez manège !

gabryel

Je tourne en rond dans mon salon, je tente de m'occuper mais c'est toujours son prénom qui s'allume en grosses lettres. Sabrina, je ne la connais pas mais voilà plus d'un mois qu'elle illumine mes idées noires. Je lis, déplie et roule en boule le papier sur lequel est écrit son numéro. Ce qui m'empêche d'agir n'a rien de rationnel, j'ai peur à en chier dans mon froc ! Toutes les nuits, je m'invente des orgies mais la réalité est que je ne sais plus comment faire vibrer une femme. Elle est peut être ma dernière occasion de ressentir l'intimité des peaux, j'imagine le mouvement lent de ses hanches sur moi et il n'en faut pas plus pour que ma queue s'érige. Cette fois, c'est décidé je l'appelle et qu'importe qu'elle soit une prostituée. Je serais le mac le plus attentionné qu'il soit.


A l'autre bout du fil, sa voix est douce et au cours de notre conversation je retrouve ma virilité. Les présentations effectuées, elle me demande :

— Avez-vous un lieu de prédilection pour notre rencontre ?

— Chez moi je réponds, déjà impatient de lui ouvrir ma porte.

Elle note mon adresse et me glisse quelques tendresses avant de raccrocher. Le combiné à la main, j'ai du mal à réaliser qu'elle sera bientôt là. Aussi réelle que l'érection qui ne faiblit pas dans mon pantalon. Je défais ma braguette et délie le fantasme suscité par ses mots. Allongée en sous vêtements, elle adopte des poses lascives et se caresse délicatement. Sabrina a besoin de moi pour libérer ses seins, je dégrafe le bout de dentelle et presse mon torse contre sa chaire généreuse. Les images se succèdent formant un labyrinthe lubrique et j'accélère la cadence autour de ma verge. Sa bouche avide m'accompagne jusqu'au point de non retour. Mon ventre se contracte, en extase je sens la chaleur du sperme qui se répand sur mon épiderme.


Les jours précédants notre rendez-vous me semblent interminables. J'ai nettoyé l'appartement de fond en comble et acheté du rhum pour l'apéro qui m'angoisse. Le fait de rémunérer Sabrina pour cette prestation ne me rend pas plus serein. Et si les flics déboulaient pour m'embarquer en pleine frénésie ? J'aimerais qu'elle y prenne du plaisir, malgré les circonstances, être le client qui la fasse grimper aux cieux. Alors que je tente de trouver le sommeil, mon inexpérience m'éclate en pleine face, j'envisage de tout annuler dés l'aurore levée.


Les bruits de la rue me sortent d'un état vaseux, les yeux mi-clos j'étire mes bras comme pour chasser l'agitation nocturne. Je saisi mon téléphone portable et réalise que la journée est déjà bien entamée. Je m'extirpe du lit et file jusqu'à la salle de bain, l'eau chaude qui coule sur mon visage m'aide à calmer la tension. Je mets un soin particulier à me savonner, faisant en sorte que chaque zone soit agréable à sentir comme à sucer. Devant le miroir, je décide de laisser ma chemise entrouverte et perfectionne ma coiffure à coup de gel. Je prends le temps de m'observer et découvre un inconnu aux tempes grisonnantes, la mâchoire bien dessinée et le regard ténébreux. Bien considéré, mon reflet n'est pas si mal et je reprends du poil de la bête.


Les verres sont posés sur la table basse, les toasts tartinés et les rideaux tirés. Posté dans l'entrée, j'écoute l'aiguille décompter les secondes quand la sonnette résonne telle le couperet. J'inspire à m'en faire péter l'abdomen avant d'aller découvrir l'amante illicite. La main moite sur la poignée et le coeur tout prés de l'infarctus, j'ouvre. La première chose que je vois est le galbe de ses jambes, comme convenu au téléphone elle porte des talons hauts et... je me sens petit face à elle ! Sa silhouette est parfaitement mise en valeur dans un tailleur au décolleté suggestif, en guise de bijou elle arbore un sourire mutin. Je crois que ma température augmente dangereusement lorsqu'elle demande avec malice :

— Je peux entrer ?

Je me positionne sur le coté afin de la laisser passer tout en bafouillant une réponse insipide. Alors qu'elle se dirige vers le salon, je savoure le déhanché animant ses formes vu de dos. Ses cheveux bruns ondulent vers la cambrure particulièrement marquée de ses reins où naissent des fesses rebondies. D'ici, sa jupe parait encore plus courte, elle interrompt ma contemplation :

— Comme c'est mignon d'avoir préparé tout ça. Vous n'allez pas me laissez trinquer seule ? me questionne t-elle tout en s'installant dans le canapé.

Marcel, l'ami qui m'a filé les coordonnées de Sabrina, m'avait prévenu qu'elle était bandante. Cependant, je m'attendais à une femme maquillée à outrance et habillée vulgairement. Flagellant les clichés, Sabrina a l'allure d'une femme d'affaires. Déjà sous son emprise, j'espère qu'elle acceptera mon contrat.


Sans oser affronter son regard, j'entame le service. Comme lors d'un premier rendez vous galant, je suis envahi de doutes quant à mes performances. Mes mains tremblent lorsque je lui tends son verre, elle ne peut l'ignorer et prend mes doigts entre les siens tout en s'approchant jusqu'à ce que nos yeux se croisent. D'un vert intense, j'hallucine des étincelles dans ses pupilles avant de baisser la tête pour me noyer dans la volupté offerte par sa poitrine. Tout en continuant de me frôler, Sabrina brise le silence qui règne entre nous :

— Vous êtes charmant Jérome.

— Je ne vous paye pas pour mentir lui dis-je, persuadé qu'elle proférait les mêmes balivernes à tout ses clients.

— Expliquez moi donc ce que vous attendez de mes services. De la pipe au sadomasochisme je peux tout entendre.

Émoustillé par ses propos, je décide d'entrer dans le vif du sujet :

— Pour ne rien vous cacher, je n'ai pas eu de relations depuis des années. Sans vouloir paraître sentimental, j'ai envie de vous déshabiller à mon rythme, découvrir votre anatomie sans limites et assouvir mon besoin de contacts charnels.

— Pas de trucs tordus ?

— Non, je vous demande juste de faire semblant de dormir pendant que je vous caresse. Je payerai le prix qui sera le vôtre.

— Je suis votre belle au bois dormant susurre t-elle avant de s'effondrer dans les coussins en cuir.


Je l'observe longuement, étendue telle la Vénus des temps nouveaux. Ses lèvres pulpeuses sont un appel à la sensualité dépravée que je compte bien lui offrir. Pour que tout soit parfait, je mets de la musique et pousse la table basse. D'abord, je glisse ma main dans ses cheveux pour en libérer son visage, j'exige de voir chacune de ses expressions. Mon pouce glisse sur son nez, sa respiration est lente. J'effleure sa bouche et continue ma course en faufilant ma main sous sa veste, à travers l'étoffe de son soutien gorge je sens ses tétons et m'attarde à les titiller avant de déboutonner ce haut devenu inutile. Se dévoile son nombril, je jubile d'y faire pénétrer mon index, surprise Sabrina se crispe. Je savoure ses réactions à mes stimulus comme je cède à la tentation de l'effeuiller en retroussant sa jupe sur ses hanches. Je parcours ses longues jambes avec soin, m'émerveillant devant chaque grain de beauté avant de forcer un passage entre ses cuisses. Exalté par sa tiédeur, je presse fermement la main contre sa vulve. Mon sexe se tend, douloureusement contraint par mes fringues que je décide d'enlever. Sabrina semble se délecter du spectacle, je rougis en m'apercevant que j'ai le gland qui dépasse fièrement de mon slip. Pour effacer ma gêne, elle effleure mon membre avec enthousiasme :

— Bel engin commente t-elle.


Galvanisé par le désir qu'elle me témoigne, je retire mon dernier vêtement et me blotti contre son corps à moitié nu. Faisant preuve d'ardeur je sors ses seins lourds de leur enclave et les masse avant de les embrasser. Les ongles de Sabrina dansent sur mes omoplates et c'est tout mon être qui vibre sous ses attentions. Elle mordille mon cou, puis mes tétons. Les bruits de succions alimentent encore mon excitation et je me cambre pour en réclamer toujours plus. Maintenant allongé sur le dos, Sabrina me chevauche et d'un geste brutal j'arrache son string. Je l'attire vers mon visage en tenant ses fesses et fourre mon nez dans sa toison humide, l'odeur est dopante. Elle ondule du bassin et je ne résiste pas à l'envie de la goûter. De grands coups de langue pour étancher ma soif, puis j'affine mon action pour finir par tournoyer autour de son clitoris charnu. Elle émet des râles de satisfaction tout en malaxant mes couilles. Je me rassasie de son jus jusqu' à ce qu'elle décide de frotter mon chibre contre ses grandes lèvres. Comme s'il s'agissait d'un god, elle s'amuse à le faire entrer et sortir de son vagin serré. L'enfonçant chaque fois plus profondément, je me retiens pour ne pas jouir et pense aux préservatifs restés sur ma table de nuit.

— Sabrina, avant de continuer j'aimerais qu'on change de lieu.

— On boit un mojito avant ? propose t-elle.


L'alcool se distillant dans mes veines rend le monde plus tendre, je me prélasse sans complexe en dessinant de petits cercles sur sa peau. Un manège vertueux dans lequel me réfugier, enfin. Je me demande si elle simule ses émois mais préfère croire que la façon dont elle tripote ma pine est sincère. Tandis qu'elle suçote de façon coquine sa paille, je lui murmure :

— J'aimerais que tu avales autre chose, allons dans ma chambre.

Docile, elle m'ouvre la voie en se trémoussant. Arrivée devant mon lit, elle se laisse choir avec langueur dans un froissement de draps. J'en profite pour me hisser et m'étendre sur le velouté de ses courbes. La queue campée entre ses fesses, je me tortille pour profiter de tout ce que me transmettent mes sens. Sabrina parvient à se dérober de mon emprise et avec aplomb me place sur le dos. La tête calée sur un oreiller je peux la contempler se frayer un chemin entre les poils de mon torse, déposant de petits baisers jusqu'à mes testicules. Elle les gobe l'un après l'autre puis les deux en même temps. Sa langue vivace remonte le long de ma hampe et le sommet atteint, elle l'engouffre en m'arrachant un gémissement. Au fond de sa gorge, je fais le voeu qu'elle m'aspire tout entier mais à la place elle me demande une capote. Je lui tends la boîte, elle en sort une dont elle déchire l'emballage avec les dents, l'habitude sûrement... Elle me masturbe avec dévouement avant de me l'enfiler puis s'empale sur moi en oubliant toute pudeur. En rut, j'agrippe sa chaire ferme. Mes instincts prennent le pas sur la raison, le corps luisant de sueur je veux fuir au rythme de ses soupirs, m'évanouir en son ventre. Grisée, elle accentue ses allers et venues jusqu'à la contraction ultime de ses muscles et c'est en l'entendant crier de bonheur que je décharge toute ma semence.


Épuisés, nous restons longtemps dans les bras l'un de l'autre. Après l'orgasme, elle a posé la tête sur mes pectoraux et c'est si bon que je tente de retarder l'instant où elle devra s'en aller armé d'humour :

— Sabrina, je crois que vous êtes la femme de ma vie !

— Il serait égoïste de te garder pour moi toute seule. Mais c'est vrai que nous sommes sur la même longueur d'ondes... ce qui ne te dispense pas de payer ricane t-elle tout en se levant.

— Je vais chercher tes billets. S'il te plaît, tu peux amener mon fauteuil jusqu'ici ? Que je puisse grimper dessus.


En roulant jusqu'à mon bureau, je me fait la promesse de ne plus jamais laisser mon handicap, ni même la loi, paralyser ma vie affective.


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