anegdottes sans importances

Pawel Reklewski

le début d'une vie bien différente de celle des autres enfants... l'afrique, le désert, et la haute société vécue au près de la douceur des femmes qui la composent...

Et me voilà dans le lit , un lit à une place, la tête comme une citrouille , les larmes dans les yeux, la fièvre de partout et dans les oreilles la voix de mon père qui me disait de lire....

Lire avec un brouillard devant les yeux, il ne comprenait donc pas que j'étais malade , et... incapable de faire quelque chose, mais pourquoi étai-je dans le lit ... pour faire semblant !

Il y a pire , bien sûr , certains n'ont pas de lit, pas de père, et sont bien plus malades... malades à en mourir dans l'indifférence... Je n'en ai jamais voulu à mes parents , juste parfois un peu maudits mais jamais longtemps et toujours tout oublié d'ou la difficulté de revenir en arrière... dans le temps...

J'en connais qui à vingt ans se plaignent des erreurs de leurs parents, les accusent de tout, et, peut-être les accusent de n'avoir pas été des gardiens de prison , ils ont manqué de quelque bonnes paires de claques pour définir la crainte et faire la frontière imaginaire de l'acceptable et de l'interdit...

Transgresser sans jamais en supporter les conséquences... où se moquer des conséquences, des privations -punitions , faire le dos rond et rentrer en guerre avec les autres...

Les autres qui empêchent le plaisir et la facilité..

Il y a de très bons conseillers qui vous parlent de la réussite de leur enfants et vous disent comment faire...

Quand je parle de génétique avec mon médecin, il sourit ... et me provoque un peu , de bonne humeur toujours...

Oui la chance de bien tomber, à la naissance on regarde avec soulagement que tout est là! Mais le pire est à venir, il ne se voit pas et s'insinue dans la vie de la famille jour après jour , faiblesse après faiblesse, le mal de la génétique qui fait qu'un gamin est facile ou difficile...

J'imagine qu'il y avait des principes d'éducation dans les vieilles familles de Pologne.

Je ne tutoyais pas , mes parents n'étaient pas des camarades de classe, il fallait donc faire la différence et dans n'importe quelle situation, le respect passait d'abord par là.

Nous c'est Nous et toi tu Nous dit Vous.

Après tout en France aussi c'était comme ça dans les familles bourgeoises , nobles et plus si ça existe.

 Bien éduqué , le baise mains , les bonnes manières, charmeur de vieilles Dames souriantes auxquelles les époux ne se souciaient plus de mettre en pratique autant d'égards...

Et pourtant s'ils le pratiquaient avec les femmes des autres , une sorte d'échange qui donnait le sourire à toutes ces lèvres maquillées de rouge.

Je recevais des compliments de toute cette haute société de diplomates et assimilés.

Les compliments allaient droit au cœur de mon père  et les Dames parfois posaient ma tête contre leur cœur pour me dire combien elles aimaient  le gentil garçon bien élevé que j'étais.

C'étaient les meilleurs moments de douceurs que ces dames pouvaient m'offrir , toutes parfumées elles se penchaient pour m'embrasser de leur bras et me serrer contre leurs seins dont je découvrais la douceur , et les aspérités , je pouvais comparer et parfois à la sauvette dans un décolleté y posais un baiser  secret pour goûter à cette peau juste offerte au regard des adultes...

Je recevais de cet amour  furtif une caresse et en regard complice , aucune de ces femmes ne m'a fait le reproche de lui déclarer mon affection de cette manière.

L'enfance a bien des avantages que je prenais là où je pouvais , pas auprès de ma mère en tout cas...

Les autres femmes si entourantes compensaient si bien  et avantageusement ma mère que je me réjouissais quand le moment de vêtir le costume venait, et .. les promesses de douceurs me poussaient à demander à mon père qu'elles seraient les dames présentes...

Déjà je savais qui aller séduire et préparer mon sourire mes mains et ma bouche pour les endroits interdits à mon père qui lui se contentait du baise main et des compliments qu'il recevait à mon sujet. Un petit singe savant que j'étais devenu... personne ne se souciait de mes avantages , tous les décolletés m'étaient ouverts , les parfums remplissaient mes narines de rêves , enfin les endroits où ils étaient déposés m'emmenaient dans des rêveries ...

Ces instants trop courts sont toujours là mais je suis marié alors oublions ces anecdotes sans importance, surtout à l'anniversaire de mes 59 ans, je ne vais pas me mettre à jalouser le jeune garçon que je fûs.

En Ethiopie à l'époque du Négus la sonnerie du lycée était Toréador et quand l'impératrice est morte nous avons eu le droit à une sonnerie de réveil, quel dommage.

Je me souviens des passages du Négus dans la capitale, son chauffeur conduisait lentement pour ne pas déranger le vieux lion installé sur le capot.

Le cortège de voitures roulait lentement et le flot des voitures s'immobilisait pour laisser sortir les occupants. Je faisais comme Ato Zeguéyé , je me prosternais devant le passage de l'empereur et cela faisait rire le chauffeur de mon père qui me disait que j'étais étranger et n'avais pas à faire comme lui.

Moi je faisais comme lui il était un de mes professeurs d'enfance, sans le savoir et sans en avoir la perception.

A l'époque j'étais devin, je voyais l'avenir proche et il lui est arrivé d'exécuter certaines de mes pensées ce qui évidement provoquait de petites catastrophes.

Un jour au retour de l'école nous traversions un carrefour , pas un petit, noon!

Un grand avec beaucoup de voitures , des feux et pour nous le rouge qui venait de s'installer mais les autres n'avaient pas encore bougé et c'est là que mentalement j'influençais  Ato Zeguéyé:

allez vas y fonce essaye de passer !!

Et voilà mon bon chauffeur qui grille les feux et se fait bugner la voiture des nations unies...

Mes pouvoirs s'arrêtaient là pour le coup je n'ai pas été capable d'arranger les choses donc c'est mon père qui se chargeât de tout l'administratif .

Heureusement que mon père aimait le chauffeur , il n'y eut pas de répercussions pour le brave homme.

Un soir nous rentrions et mon père garait la voiture , au moment de sortir du char il m'annonça que le lendemain à 7h nous partions pour le désert , qu'il y aura un dénivelé de plus de deux mille mètres, nous allions retrouver la chaleur   et les Danakil dont je vous conterais une rencontre avec le chef.

J'étais enchanté à l'idée de partir dans le désert , j'ai toujours aimé partir , voir et revoir la steppe , les dunes de sable, les inondations , courir derrière les babouins  .. les jeunes bien sur les adultes étaient imbattables .

Le soir après manger je suis allé me laver les pieds dans le bidet ( quand on utilise ses pieds ils se salissent ) et une certitude ne me lâchât l'esprit : demain la voiture ne va pas démarrer... demain la voiture ne va pas démarrer...

Le matin arrivé les sacs descendus à la voiture Ato Zéguéyé essaie de démarrer la voiture ... rien ... silence... Je suis passé de sorcier débutant à sorcier confirmé et nous sommes partis direction la vallée de l'Awash vers 9h du matin.

L'Opel nous avait lâché, et c'est en land rover que nous sommes partis. 

Le voyage était long et il faisait de plus en plus chaud , derrière sur le sol les caisses d'eau gazeuse cliquetaient cette eau s'appelait Ambo water. Dessus quelques caisses de bière: la Meloty beer .

Devant dans la boite à gants il y avait des sachets de bonbons : caramella...

Ces bonbons étaient pour les enfants que l'on croisait sur la route , ils dansaient  et mon père les filmait tous alignés à sauter en rythme et en chantant, les bâtons à la main , chacun avait le sien.

En récompense ils demandaient les caramella... et mon père en prenait à pleine mains et les lançait afin que tous en aient.   

Les adultes recevaient les soumouni pièce de vingt cinq centimes de dollar Ethiopien.

Ces pièces ne restaient pas longtemps dans les mains, elles étaient rapidement avalées , le ventre servait de porte monnaie antivol , c'est surprenant la première fois que l'on voit ça .

Nous nous arrêtions lors de nos séjours dans des restaurants en  tôles ondulées  pour boire des Fanta du Pepsi-Cola de la Meloty  ... et aussi pour manger le pollo arosto : poulet grillé .

Je ne me souviens pas de l'accompagnement pour le poulet mais c'était bon et personne n'a pu m'entendre me plaindre de quoi que ce soit. Ce restaurant était celui de l'Awash station la gare de train Djibouti - Addis Abéba , ligne des chemins de fer Franco Ethiopien.

Imaginez en plein milieu de rien en pleine savane ... à l'époque l'Ethiopie c'était deux fois la superficie de la France avec la moitié de sa population dans les années soixante... 

Nous repartions pour quitter la civilisation , nous enfoncer dans la savane...

Il est temps de conter comment se passa la rencontre entre le chef de tribue Danakil et  le campement de mon père.

Ce père était chef de mission pour le compte des nations unies et d'autres sociétés tel que la Sogreah  en partenariat avec  les Anglais qui faisaient pousser le coton aux alentours de la rivière Awash.  Cette rivière se perdait dans les sables et un lac n'arrivant jamais à la mer en Cote Française des Somalis .

Alors ... alors voilà des petits blancs qui s'installent en campement dans la savane ... d'un côté ...

Alors il y a un autre côté celui des guerriers ayant pour chef un fil de fer de plus de deux mètres, à savoir quand même qu'un jour je suis monté sur ses genoux pour jouer avec lui et chercher à lui piquer son pistolet dans le holster... ce jour là j'ai dû l'agacer sérieusement mais il est resté sympa et ne m'a pas foutu une baffe pour me faire déguerpir de là..

Revenons en à nos Danakil , la nuit commence à descendre   sur la savane africaine , ça c'est beau mais quelqu'un vient dire à mon père que le campement n'est pas seul et qu'il y a du mouvement aux alentours... De toute évidence ça ne rassure pas les petits blancs qui voient au fur et à mesure que le jour baisse de plus en plus d'activités autour d'eux...

Réunion au sommet pour parler de la situation, des guerriers qui commencent à être assez nombreux pour encercler le campement qui est assez étalé , n'y a-t-il pas assez de place pour tout le monde?

L'incertitude des intentions augmente au fur et à mesure que la lumière décline alors mon père décide de quitter le campement pour rejoindre les envahisseurs... présumés... ceux dont on a peur puisque l'on ne les connait pas...

Se détachant du groupe le blanc se rapprocha et vit qu'un grand , très grand bonhomme  en faisait autant, ils se saluèrent, pas besoin d'école du mime dans ces cas là, l'instinct et le regard dans les yeux...

Mon père avait les yeux bleus verts presque transparent , c'était impressionnant et l'autre en face plus haut que lui de deux têtes au moins..   

Presque un mètre quatre-vingt dix pour mon père , alors imaginez l'autre en face... deux têtes de plus...!

Le courage dicté par le statut de chef , l'un en nombre impressionnant pour le suivre et écraser l'envahisseur , et le chef blanc ancien officier de l'armée Polonaise , prisonnier visionnaire durant la captivité qui expliquait les erreurs tactiques des manuels militaires... Bref un homme qui apprenait et ne s'embarrassait pas des idioties rabâchées par les officiers supérieurs qui redonnaient du peps aux troupes enfermés dans les camps allemands .

Il y avait un traducteur avec eux au campement, enfin un baragouineur un peu plus instruit par l'expérience de la ville , mon père le fit venir à ses côtés et grâce à lui invita le chef de l'opposition à venir aux abords du campement, l'ordre fut donné d'amener deux fauteuils de camping , un pour chaque chef ce qui eut un effet reposant pour tous .

Les deux chefs étaient au même niveau et discutèrent mon père lui expliquant les raisons de sa venue et le chef Dankali  acceptant ses dires serra les mains de mon père .

Les combattants  se mirent à défiler devant leur chef se prosternant devant lui et ceci tard dans la nuit.

Une page se tournait.

Une amitié naissait , une amitié protectrice , toutes les autres rencontres se firent avec confiance , mon père avertissait de sa venue et de ses déplacements prévus et les guerriers étaient là sur tout le trajet à surveiller que rien ne nous arrive.

Il y avait des sources d'au chaudes , trop chaudes et nous nous y plongions à poil sous l'œil de nos protecteurs...

Cette amitié amena à embaucher le fils du chef mais mon père ne le garda pas longtemps  le geste était fait , par contre quand le grand chef venait voir l'empereur mon père lui donnait sa voiture de fonction et Ato Zéguéyé qui je suppose devait être fier d'aller en mission au palais Imperial...

  • Catherine Beaufort-Auteure Avec une histoire d'amour entre l'une des Belles Dames et l'enfant, comme fil conducteur, on aurait tout ton fond et la culture d'un ailleurs a decouvrir... J'ai adore ! ,)

    · Ago almost 8 years ·
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    Pawel Reklewski

  • Le début de vie est pas mal , la petite chienne qui est à côté de moi fût mise de côté par sa mère avec les autres chiots morts à la naissance, à la différence des autres elle n'était pas glacée alors je l'ai prise dans ma main et elle a repris vie... l'élément de comparaison n'est pas humain mais la vie ...Mais il n'y avait qu'une page et la suite ... Le vieux Coyote...

    · Ago almost 8 years ·
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    Pawel Reklewski

  • Un petit coquin, déjà, mais la chance d'avoir une vie riche en souvenir à défaut de signe d'amour parental. Je suis! Au fait, je suis d'origine polonaise, mais petite fille de mineur du nord de la France ( je mets mes souvenirs, de 1 et à suivre jusqu'à 8)

    · Ago almost 8 years ·
    Moi

    Yvette Dujardin

  • Edwige venez , laissez vous aller pour partir en voyage , je vous promènerais désormais , vous accompagnerez mes souvenirs ... Le vieux coyote ... qui vous invite à venir vous plonger dans anegdottes N° 1...2...3..

    · Ago almost 8 years ·
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    Pawel Reklewski

  • Les seins des femmes, la valeur du père, de l'éducation, les pièces avalées, les débuts de la découverte de soi, souvenirs d'enfance exotiques bien agréables à lire... je vais continuer ! Merci !

    · Ago almost 8 years ·
    Camelia top orig

    Edwige Devillebichot

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