Crise de foi.

Hervé Lénervé

Hier, j’étais en RRT d’écriture. J’espère ne pas vous avoir trop manqué. (C’est une formule rhétorique, merci de ne pas répondre.)

Bof, j'aurais pu tout aussi bien y rester aujourd'hui, en RTT. Mais tant pis pour vous, le boulot, c'est le boulot !

Donc, j'ai eu une enfance très religieuse dans une communauté ultra religieuse.

On se faisait appeler « Les enfants de la vraie foi, par opposition à la mauvaise foi ». Notre Maître, le Grand Guide Michelin (oui, Michelin était son nom de baptême) nous racontait ses combats épiques de trèfle contre les forces du malin aux côtés de Jéhovasy et des chevaliers de la table de sept. Ça nous plaisait bien, pourtant je doutais.

Je demandais à mes frères et mes sœurs communautaires.

-         Vous y croyez, vous, à toutes ces conneries ?

-         Non ! Mais on fait semblant, ça n'mange pas d'pain.

Un jour je posai la question à ma mère, à savoir si elle avait la foi. « Ça fait tant plaisir à ton père. » me répondit-elle par lettre recommandée.

 

Il est vrai que mon père était très mystique avec ses sandales et ses chaussettes de ski, car il avait toujours froid aux pieds, mais pas aux yeux. « Tu y crois, toi, papa, dis-moi, p'pa ? »

 

 

Après une hésitation entre dire ou ne pas dire. « Vite fait ! » me répondit-il. « Mais ça fait plaisir au Grand Guide. » Appelé le GG ou Gégé pour les intimes.

Donc, un jour, où le Grand Guide me faisait un câlin divin sauce aigre-douce, je le questionnais sur la force de sa croyance.

-         Ecoute, Vévette qui mérite notre confiance...

Oui, alors que tout le monde m'appelait Vévé, lui, pour se distinguer, s'évertuait à  m'appeler Vévette, quel con ! Mais reprenons.

-         Ecoute ma fille... (ça ne s'arrange pas) ... je n'y crois pas plus que rien à tout ce fatras, mais ça fait tant plaisir à mes fidèles et pas mal de fric sur mon compte aux Îles Canaries, aussi. Alors, tu comprends.

Quelle escroquerie ces sectes à croix d'bois à la noix, ma fois !

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