Debout

nat

Blanc.


Partir de rien et désirer bâtir. Abolie la capacité d'expression, expansion, expiration du pire. Des flots de mots dans le chaos, confondre les secondes, mêler les sons pour sonder l'horizon, nager dans des eaux sans fond...

 

Demain, descendre un escalator omnivore sans effort. D’aussi loin qu’il m’en souvienne demain est une fin. Fermer les yeux pour se regarder en face, sans émoi face à soi, s’admirer de l’intérieur et chercher l’erreur. La peur pour rien, plutôt renoncer que de réussir, une vie déjà à fuir. La peur du bonheur. Impossibilité absolue de dissiper la peur qui pleure, se leurrer seulement pour ne pas voir passer le temps, s’occuper.


Le miroir est sans émoi, il ne saurait mentir, pleurer de honte, la bonté s’estompe la beauté avec, seul ce corps demeure telle une demeure pour une heure encore, pour un temps, maintenant, mon éternité. Se leurrer d’idées comme de besoins, distribuer les envies et dissiper la pensée… Zapper sans cesse de l’absurde à l’obscénité, de l’utilité à la nullité. Tout voir et ne plus entendre, passer sans peser, sans compter dans l’obscurité. Oublier de se maudire de temps en temps, laisser passer le vent, attendre l’enfant.


Evacuer, ouvrir le robinet, laisser filer un peu la pression, danser et rire, danser dans la nuit sous la lumière, s’incarner en mouvement dans le noir éblouissant, se libérer en virevoltant, trouver l’équilibre en inventant le silence. 


Et puis tomber.


Funambuler sur ce fil étriqué, tendre le pied et accepter l’équilibre, le poids de chaque chose et son épicentre, ne plus peser, n’être rien, c’est-à-dire prêt à tomber à chaque instant se relever.  

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