Historiette (du Mans!)

arthur-roubignolle

HISTORIETTES (du Mans) - (1)

(Une série de petites histoires à tartiner...)


Le respect des quotas.


Depuis qu'ils avaient rendu le changement de sexe obligatoire pour respecter la parité hommes-femmes au sein de la population. Chaque français ou française pouvait être désigné à tout moment pour changer d'identité sexuelle.

Pour faciliter la chose la carte d'identité  avait été prévue de façon réversible, il y avait un coté pour l'identité masculine et un autre pour l'identité féminine.

Le changement de sexe était obligatoire, et ceux qui tentaient de s'y opposer ou d 'en retarder l'exécution étaient transformés en individus sans sexe, privés de toute libido.

Lorsqu'un français, ou une française recevait la convocation du C.R.S (Centre de Réadaptation Sexuelle), il devait s'y rendre dans les plus brefs délais afin d' y subir les transformations nécessaires.

Evidemment, les gens redoutaient cette convocation, surtout les hommes.

Etre castré quand on a rien demandé, quand on a pas l'habitude et que c'est la première fois, ce n'est pas évident, au départ...

Les femmes elles rechignaient beaucoup moins, l'idée de se voir greffer un pénis ne leur déplaisait pas outre-mesure...

Ce qui semblait corroborer les recherches de Zigmund Freud sur le désir de pénis des petites filles, pénis qu'elles veulent prendre aux petits garçons qui du coup ont la trouille et souffrent d 'un complexe de castration à cause de toutes ces méchantes et jalouses petits filles qui désirent ce qu'elles n'ont pas...

Enfin bref, foin de psychologie, chaque année il fallait ré-équilibrer les quotas hommes-femmes. Ces quotas étaient calculés par le C.N.R.S (Centre Nationale de la Recherche Sexuelle). Tant qu'à faire, autant que ce soit fait scientifiquement, de façon impartiale et avec toute la rigueur de la science moderne...(poil au derme!)


Aussi, ma femme et moi fûmes surpris de recevoir en même temps et pour chacun une convocation. Si nous changions de sexe elle et moi, c'était partie nulle pour les statistiques ? Mais bon, il devait y avoir quelque-part un déséquilibre, et pour le rétablir, c'était tombé sur nous voilà tout ! (valait mieux pas trop se poser de questions ILS n'aimaient pas trop ça au C.R.S.).

Nous étions tout de même consternés, allions nous, à nos âges nous adapter à nos nouveaux sexes?

Nos enfants par contre étaient tout excités par ce changement imprévu. Ma fille s'exclama : « Chouette, papa va devenir Maman, je vais enfin pouvoir sortir le soir ! ».

J'exerçais aussitôt (et ce serait bien la dernière fois) mon autorité paternelle : « Ça suffit Léa, un peu de respect pour ton père, enfin, pour ce qui est encore ton père, et cesse de pouffer comme ça, ce n'est pas drôle ! »

Ma femme intervint : « Ne crie pas sur elle comme ça, tu vas la traumatiser ! ».

Moi : « J'en ai assez d'être contesté dans cette maison, et si je la traumatise, ça sera bien la dernière fois. Dans pas longtemps je serais une mère qui laisse tout passer à ses enfants ! ».

Nous eûmes une dernière engueulade de couple traditionnel

Ma femme me reprocha pour la énième fois ma sévérité.

Moi : « Et dire que dans pas longtemps je n'aurai même plus ma grosse voix qui faisait peur aux enfants ! »

- « Ni ta grosse quéquette ! » Ajouta le petit Tom, mon fils de sept ans !

Je faillis lui donner une gifle, mais je me retins, au lieu de ça, je m'effondrai, il avait raison, dans pas longtemps je n'aurai même plus ce fier membre qui faisait l'orgueil de ma famille depuis au moins quatre générations...

Je partis m'enfermer dans ma chambre en pleurant à chaudes larmes, j'étais en train de craquer nerveusement comme une gonzesse, j'avais honte !


Les enfants demandèrent : « Mais qu'est-ce qu'il a Papa ? »

Ma femme leur dit: «  Ne vous inquiétez-pas, ça leur fait ça à tous, je l'ai lu dans une revue ; c'est le choc psychologique, ils se mettent déjà dans leur nouveau rôle sans le savoir... ».


Après mon opération et le stage de rééducation pour m'apprendre à être femme.(Pendant quinze jours on nous apprenait à nous maquiller, à lire des magasines féminins, à dire du mal les unes des autres et à papoter à tort et à travers...). Je retournais à la maison (assez péniblement car j'avais encore du mal à marcher avec mes hauts-talons)...


Je retrouvais ma femme, enfin, mon ex-femme, qui s'appelait désormais Georges. Georgette c'était terminé, fallait que j'oublie !


Comment tu me trouves lui demandai-je ?

Elle, pardon, IL me dit : « Tournes-toi un peu ?».

Je m'exécutais et fit un gracieux mouvement sur moi-même, tenant ma jupette avec les deux mains... »...

J'entendis Georges dire : « Ah, ils t'ont bien réussi ma chérie, tu as un cul superbe ! »

A ces mots je rougis de confusion, et de plaisir aussi je l'avoue. C'était donc ça, la séduction féminine ? Ce plaisir qu'à la femme d'exciter l'homme ?

Je ne me reconnaissais plus, moi si macho jadis, voilà que le fait d'être désirée m'excitait... Je me dégouttais ! Quelle trahison envers mon ancien sexe !

Georges s'approcha de moi, posa ses mains sur mes fesses, je devins toute molle et lascive, sans aucune volonté, prête à céder aux moindres désirs de mon homme...

Y avait pas à dire, au Centre de Rééducation Sexuelle, ils connaissaient leur métier, ma castration plus les injections d'hormones, plus la rééducation psycho-comportementale faisait de moi maintenant une véritable femme...

J'oubliais même que je m'appelais il n'y a pas si longtemps Arthur...

Georges s'approcha de moi avec un drôle d'air, (un peu lubrique sur les bords en fait) j'allais passer à la casserole c'est sûr, et impossible de prétexter une migraine !


Peu de temps après, nous reçûmes une lettre du Centre de Rééducation Sexuelle. La lettre disait : « En raison d'une erreur de notre part (indépendante de notre volonté, aussi toute réclamation sera rejetée), vous devez vous (re)présenter au Centre pour que nous modifions une seconde fois vos sexes afin de les rétablirent dans leur version d'origine... ».


Ma femme (enfin Georges) poussa un soupir : «  Pfff, et moi qui commençais à peine à prendre mon pied ! »

Elle (IL) se tourna vers moi : « Et toi ma chérie , tu commençais pas à prendre ton pied aussi? »

- « Moi ? Pas du tout ! Ce sont juste ces obligations administratives qui...  »

« Menteuse ! me dit Georges en me passant la main sur les fesses... « Tu disais pas ça l'autre soir  hein ma cochonne! »...


Je comprends vraiment pas l'attitude des mecs qui sous prétexte que  si l'on prend  du plaisir, nous femmes,  on est forcément des salopes!





























Signaler ce texte