L'autoroute...

thalia

1er Jour

—            Tu n’as rien oublié ?

—            Non, t’inquiète maman.

   Le ton sur lequel sa fille s’était exprimée fit sourire Hélène. C’est vrai que Stella n’était plus une gamine, déjà dix-sept ans, elle avait grandi si vite. Trop vite. Bientôt, elle déserterait la maison pour vivre sa vie.

—            A voir la tonne de vêtements qu’elle a mis dans son sac, dit Mark. Je doute qu’il lui manque quoi que ce soit.

—            Chéri, tu n’as aucune idée de la complexité qu’il y a à faire une valise.

—            Quelques shorts, un maillot, des tee-shirts et basta. Notre fille ne va pas défiler sur la plage ni même ailleurs.

—            Tu es vraiment un grand nigaud, dit-elle en ébouriffant affectueusement la tignasse de son mari.

   Hélène était apaisée car elle avait pris sa décision. Ce soir, elle leur dirait tout, leur annoncerait la nouvelle. Et elle imaginait déjà leur surprise, cependant un doute la taraudait encore. A son âge… Etait-ce bien raisonnable ?

—            Chacun ses petites manies, dit-il sans se formaliser de la remarque. Pour moi les belles mécaniques, pour vous les fringues.

—            Je me demande lesquelles coûtent le plus cher, ajouta Stella.

   Les rires résonnèrent dans l’habitacle. La jeune fille prit ses aises sur la banquette arrière et s’absorba dans le visionnage d’un film en grignotant des chips.

—            Stella !

     La voix de son père filtra à travers les écouteurs, la dérangeant en pleine action.

—            Oui ?

—            Fais attention, je ne voudrais pas avoir…

—            N’ai pas peur pour ton nouveau joujou, le coupa-t-elle. Je mange proprement.

   Son père, grand passionné de voiture, venait de faire l’acquisition d’une Mercedes, et il y tenait comme à la prunelle de ses yeux, jusqu’à la prochaine. Stella devait reconnaître, même si son domaine de prédilection se limitait aux fringues, que le CLS Shooting break était des plus confortable. Quelques minutes de film lui suffirent pour oublier les longues heures de trajet à venir, même si elle l’avait déjà vu, trois fois, elle ne s’en lassait pas. L’héroïne devait lancer sa flèche et de la précision de son tir dépendait la vie de son futur amour. Soudain, la voiture fit une violente embardée. Malgré ses écouteurs, elle entendit un cri strident. Sa mère, certainement. Son corps percuta le siège avant, rebondit dessus, comme une balle de ping-pong, et finit sa course, brusquement plaqué par la ceinture de sécurité. Merde !

—            Stella ! Tu n’as rien ? s’écria sa mère.

   Mark gara la voiture sur la bande d’arrêt d’urgence. Un peu plus et… Il préféra ne pas songer à ce qui aurait pu se produire. Son cœur cognait douloureusement prêt à exploser.

—            Tu vas bien ? demanda-t-il à sa fille le souffle court et les traits crispés.

—            Ça va, répondit-elle en détachant sa ceinture.

     Le visage de sa mère était livide et celui de son père ne valait guère mieux.

—            Je vais avoir un bleu énorme, continua-t-elle en se frottant l’épaule. Pour défiler sur la plage c’est pas super mais à part ça tout va bien.

   Elle s’obligea à sourire et leur assura une nouvelle fois qu’elle se sentait bien. Elle récupéra l’iPad tombé au sol, et fut soulagée de constater qu’il était intact.

—            Quel con ! fulmina Mark. Non, mais quel abruti ! Heureusement, vous n’avez rien.

—            Oh chéri, j’ai eu si peur. Je crois… qu’il ne faut pas rester trop longtemps sur la bande d’urgence, non ?

—            Tu as raison. Je m’arrête dés que possible. Nous en profiterons pour déjeuner et nous remettre de nos émotions. Ça va les filles ?

   Elles répondirent par l’affirmative et les mains tremblantes, mais vivantes, bouclèrent leurs ceintures.

   Vingt minutes plus tard, la voiture stationnait sur un parking, peu encombré, de l’autoroute A 666.

   Un petit bâtiment se dressait devant eux. La façade blanche était perforée de fenêtres et une porte de bois sombre indiquait l’entrée du relais routier.

—            Ça n’a pas l’air trop mal, dit Mark.

   À presque treize heures, on se serait attendu à voir plus de monde mais ils entrèrent dans une salle quasiment vide. Le silence qui régnait les surprit autant que le froid glacial. Aucun bruit de conversation ou de couverts. Stella frissonna et regretta de ne pas avoir prit son sweat.

—            La bouffe ne doit pas être géniale, dit-elle. J’espère au moins qu’ils ont des hamburgers.

   Comme personne ne venait à leur rencontre, ils s’installèrent à une table ronde recouverte d’une nappe de coton, sans faire de façon. Un  bouquet d’églantines blanches et roses égayait le bar qui occupait tout un pan de mur. Une serveuse, à peine plus âgée que Stella, passa devant eux en les ignorant. Une autre, face à un miroir, retouchait sa coiffure.

—            Et bien, on peut dire qu’ils ne sautent pas sur les clients, remarqua Mark en ouvrant le menu.

Stella se plongea, elle aussi, dans la lecture de la carte, pour relever aussitôt la tête.

—            Les pages sont blanches, s’étonna-t-elle.

—            Idem pour moi. Et toi, Hélène, il y a quelque chose ?

—            Non, rien du tout.

   Mark agita le bras en direction de la serveuse, mais imperturbable, elle continua ses petites affaires.

—            Ils ont un problème ou quoi ? demanda Stella.

Son père interpella, d’une voix plus forte, la jeune femme, qui cette fois, lui prêta attention.

—            J’arrive, dit-elle.

     Dix minutes plus tard, elle se présentait à leur table.

—            Vous désirez ? demanda-t-elle en replaçant minutieusement une mèche de ses cheveux bruns.

   La jeune femme était apparemment plus préoccupée par sa chevelure que par les clients et Mark éprouva de l’agacement.

—            Nous voulons commander, dit-il. Le problème c’est que vos menus sont vides. Que proposez-vous ?

—            Tout, monsieur.

C’était évident, elle se payait sa tête.

—            Comment ça, tout ?

—            Et bien, tout. Tout ce que vous désirerez, monsieur.

—            Donc, si je vous demande un tournedos Rossini accompagné d’une fricassé de girolles, vous me dîtes ?

—            Quelle cuisson ?

   Stella et Hélène retinrent leurs rires. Il regarda la jeune femme, décida qu’il lui donnerait un bon pourboire si elle l’exauçait et répondit qu’il désirait sa viande saignante.

   Stella avait mangé son hamburger à toute vitesse. Elle avait froid et souhaitait retrouver la chaleur brûlante de l’extérieur. Cet endroit lui déplaisait. Lorsque le repas fut terminé, son père commanda deux expressos, et sa mère fila aux toilettes.

—            Tu ne trouves pas que ce resto est… étrange, dit-elle d’une voix basse.

—            Que veux-tu dire ?

—            Je ne sais pas mais je ne me sens pas bien ici.

—            Ma puce, je pense surtout que tu es perturbée par l’accident et c’est bien normal. Dans quelques jours, tu auras tout oublié.

   Par habitude, Mark ajouta de l’eau dans son café. Il huma l’arôme et apprécia le goût corsé du breuvage. Il s’était régalé. Oui, vraiment, le repas avait été délicieux. L’endroit ne payait pas de mine et le personnel n’était pas très accueillant mais le cuisinier était doué. Hélène ne les ayant toujours pas rejoint il envoya sa fille la chercher. La route était encore longue et Mark était impatient de se retrouver à la Bella Vita, leur résidence secondaire. Il entendait déjà le chant des cigales et sentait l’odeur des eucalyptus. Demain matin, il prendrait son vélo et se rendrait à la boulangerie du village pour rapporter des croissants. Ensuite, ils déjeuneraient tous ensembles dans le jardin puis ils iraient à la plage et… Sa fille le tira de sa rêvasserie en déboulant, complètement affolée.

—            Papa ! Maman a disparu.

—            Calme toi, ma puce. Tu ne l’as pas vu c’est tout.

—            Je t’assure que non.

   La pièce était petite. Face à lui, un petit lavabo de céramique blanche et au dessus un miroir ovale, sur la droite se trouvait une porte qu’il ouvrit, les W-C, aucune fenêtre, ni porte de secours. Et effectivement, Hélène ne s’y trouvait pas. Il ressortit et jeta un œil dans celle des hommes, idem.

—             Elle doit être à la voiture, viens.

   En passant devant la serveuse, il l’avertit qu’il revenait aussitôt pour régler l’addition. Aucun problème, répondit-elle en fixant une pince dans ses cheveux. Mais là non plus, pas de trace d’Hélène. Où était-elle passée ? Ils retournèrent au relais au pas de course, et une seconde fois, fouillèrent les toilettes.

—            Vous n’auriez pas vu ma femme ? demanda-t-il nerveusement aux deux serveuses.

—            Non, monsieur,  répondirent-elles.

—            Ecoutez, elle est partie aux toilettes et n’en est pas ressortie. Je suis allé voir et il n’y a qu’une seule porte.

   Mark serra les poings devant l’indolence des jeunes femmes. Elles ne semblaient pas le moins du monde concernées par la situation et continuaient, impassibles, leur conversation. Au minimum, il aurait attendu d’elles, de la compassion et de l’aide.

—            Je veux que vous m’aidiez à fouiller cet endroit dans les moindres recoins, continua-t-il sèchement. Elle doit être quelque part.

   Celle qui paraissait la plus jeune posa son peigne et sortit du bar. Mark et Stella la suivirent et inspectèrent chaque centimètre carré du relais. Ce qui ne fut pas long. L’établissement ne disposait que d’une salle principale pour les repas, d’une chambre froide pour entreposer la nourriture, des toilettes, d’une pièce qui servait de vestiaire au personnel, d’un minuscule bureau et d’une cuisine. Le cuisinier quant à lui, assura qu’il n’avait vu personne. La seule porte qu’Hélène aurait pu emprunter était celle du bureau. Mais l’idée même que sa femme ait pu fuguer lui sembla incongrue. Mark prit son portable et composa avec angoisse le numéro de la gendarmerie. La ligne était des plus mauvaise toutefois il espéra que l’homme avait bien compris et noté ce que dans son affolement il avait tenté d’expliquer.

—            Ils arrivent, ma puce.

   Le ciel venait de lui tomber sur la tête. Merde ! Hélène ne serait pas partie à pied. En stop ? Non, impossible. Et surtout pourquoi ? Leur couple fonctionnait parfaitement et elle n’aurait jamais abandonné sa fille. Quelque chose de grave avait du se produire, se dit-il et cette pensée ne le rassura pas. Il regarda sa montre : quinze heures, il faudrait qu’il signale aux gendarmes l’heure de leur arrivée et de la disparition d’Hélène. Il se concentra et se remémora chaque événement. Surtout ne rien oublier. Le moindre détail pouvait être capital. Vital. Stella triturait ses mains et percevait le mouvement de la jambe paternelle qui frappait le sol à un rythme saccadé. Profitant de l’agitation, les rares personnes présentes au relais étaient parties en catimini. Sans soute, avaient-ils peur que le malheur ne soit contagieux, pensa-t-elle. L’angoisse lui tordait l’estomac et elle avait le cœur qui menaçait de déborder.

—            Ça fait au moins une heure qu’on attend, remarqua-t-elle. Qu’est-ce qu’ils font ?

Mark avait passé son coup de fil et s’était perdu dans le méandre de ses pensées. Il composa une nouvelle fois le numéro.

—            Donne moi ton portable, dit-il. Je n’arrive pas à avoir la ligne.

Mais là encore, il n’arriva pas à se connecter. D’une humeur massacrante, il se leva et rejoignit le bar pour utiliser le téléphone fixe.

—            Désolé monsieur mais il ne fonctionne pas, répondit la serveuse.

—            Vous plaisantez ou quoi ?

—            Pas du tout.

—            Puis-je me servir de votre portable, alors ?

—            Oh… c’est que… je n’en ai pas.

—            Et vos collègues ?

—            ….

—            Répondez, bon sang !

—            Ils… ils n’en ont pas, murmura-t-elle en reculant.

   Mark était d’ordinaire calme et modéré, mais à l’instant présent, la rage bouillonnait et une envie irrépressible : celle de frapper quelqu’un, et tout spécialement la serveuse, le saisit. Il se retourna vers sa fille.

—            Viens !

   La chaleur s’abattit sur eux dès qu’ils franchirent le seuil. Stella réalisa qu’il ne restait pas une voiture sur le parking, à part la leur. Aucun bruit de circulation. Tout était silencieux. Elle aurait donné tout et n’importe quoi pour qu’on lui rende sa mère. Elle ne pouvait imaginer ne plus voir son visage, ne plus entendre sa voix. Mark appuya sur la clé, déclencha l’ouverture des portes et lui ordonna de monter. Le parfum sucré de sa mère  manquait déjà à Stella. Elle prit le foulard abandonné sur le siège et respira son odeur, en fermant les yeux, elle pouvait presque croire qu’elle était encore là. Elle boucla sa ceinture et son père démarra. Tout du moins, il essaya, car le moteur resta désespérément silencieux. Une flopée de jurons aux lèvres, il sortit, leva le capot et plongea la tête dans le moteur.

—            Papa, papa…

—            Quoi ! hurla son père.

—            Regarde, dit-elle en lui désignant d’une main les alentours.

L’aire de stationnement était vide. Déserte. Pas une voiture, pas un camion, pas une personne.

—            Ce n’est pas normal, reprit-elle la voix tremblante.

C’était étrange, soit, mais Mark avait autre chose à penser.

—            C’est une nouvelle autoroute, pas étonnant qu’elle soit si peu fréquentée. Stella, la seule chose qui soit anormale ici c’est la disparition de ta mère… Les employés ne sont pas venus à pieds. Je vais demander que l’un d’entre eux nous conduise à la gendarmerie.

   Stella n’était pas de son avis. Non, quelque chose clochait. Elle en était intimement persuadée pourtant elle n’ajouta rien et, en fille docile mais néanmoins anxieuse, suivit son père. Il ouvrit la porte du relais, avec fracas, et se rua vers la serveuse. Il était d’une humeur massacrante.

—            Ma voiture à un problème. Il faudrait nous accompagner à la gendarmerie.

La jeune femme se contenta de hausser les sourcils.

—            Je vous dédommagerai, cela va de soi, ajouta-t-il aussitôt.

Devant son indécision, il sortit un billet de cent euros en espérant ainsi la convaincre.

—            Ce n’est pas une question d’argent…

—            Votre patron, vu les circonstances, n’y trouvera rien à dire. On a déjà perdu beaucoup de temps.

—            Oui, je comprends mais…

—            Mais quoi ! Quoi encore ?

—            On nous dépose au début du service… et on vient nous rechercher. Aucun de nous ne possède de voiture, répondit-elle l’air inquiet.

   C’est une caméra cachée, pensa Mark. Oui, ça ne pouvait-être que ça. Pourquoi n’y avait-il pas pensé plus tôt ? Un regard sur sa fille lui suffit pour conclure qu’elle n’était pas dans la confidence, ou alors elle méritait un oscar.

—            Je vois, dit-il avec un large sourire. C’est bon, où sont les caméras ?

Stella observait son père avec stupeur. Il avait pété un plomb, pensa-t-elle. Aucun doute. Et la serveuse était à coup sur du même avis car elle tentait de s’éloigner discrètement.

—            Hélène ! Hélène !

Comment son père pouvait-il croire à une blague, une caméra cachée ? Elle vit la serveuse disparaître derrière la porte qui menait aux cuisines.

—            Ce n’est pas une caméra cachée, maman a vraiment disparu. Il faut te ressaisir. S’il te plait… papa…

Les yeux brillants et la mâchoire contractée, son père la fixa pendant ce qui lui sembla une éternité.

—            Je… quand je l’ai entendu dire qu’ils n’avaient pas de voitures… j’ai cru que j’allais… la tuer.

Mark se précipita au bar et s’empara du téléphone.

—            Aucune tonalité, dit-il en raccrochant puis il fouilla les tiroirs. Rien. Il n’y a pas  de portables. Merde. Ce n’est pas ici que nous trouverons de l’aide.

   Mark dirigeait une petite entreprise de matériel informatique et avait l’habitude de gérer les clients et les situations difficiles. Il n’était pas homme à s’effondrer toutefois la situation le laissait abasourdi et désemparé.

—            Je vais essayer de faire redémarrer la voiture.

—            Et si tu n’y arrives pas ?

—            On marchera.

   Pendant qu’il tentait de faire démarrer le véhicule Stella s’acharnait sur son téléphone. Avec pour unique résultat, un message, toujours le même : « échec de la communication, veuillez réessayer ultérieurement. »

—            Ça y est ! s’écria-t-il. Bon, dès que possible on s’arrête pour appeler les secours.

   Le pied à fond sur l’accélérateur, il engagea la voiture sur la bretelle de l’autoroute A 666. Ce départ en vacance, qu’il avait prit soin d’organiser dans les moindres détails, n’était plus qu’un horrible cauchemar. Cent vingt, cent trente, cent quarante, l’aiguille du compteur montait dangereusement dans le rouge. La voiture dévorait l’asphalte à un train d’enfer. Cent cinquante.

—            Tu conduis un peu vite.

   Son père, d’ordinaire très prudent, ne tenait plus aucun compte de la limitation de vitesse et cela rendait Stella nerveuse. Ils avaient échappé à un accident quelque heures auparavant, pas besoin de tenter le diable.

—            Tu vas te faire arrêter si tu continues à cette allure, continua-t-elle les mains crispées sur les genoux.

—            Je serai bien content de voir un motard, marmonna-t-il en jetant un œil dans le rétroviseur. Mais je n’en vois aucun à l’horizon.

   L’autoroute était vide, dans un sens comme dans l’autre, aucun camion, aucune voiture. Stella n’a peut-être pas tort, pensa-t-il en jetant un œil sur sa fille. Le visage angoissé de celle-ci lui fit prendre conscience de son imprudence et il leva le pied. Elle était déjà assez affolée et bouleversée sans qu’il n’en rajoute.

—            Attention !

   Le cri horrifié, lui fit ramener les yeux sur la chaussée, totalement déserte, une seconde auparavant, mais qui ne l’était plus à présent.

   Il appuya sur la pédale de frein avec toute l’énergie du désespoir. Mais la voiture continuait d’avancer. Stella hurlait. La Mercedes glissait, inexorablement, sur le bitume. Il braqua à gauche, et toucha la barrière de sécurité. Le grincement métallique fit écho aux gémissements de Stella. Une odeur de caoutchouc brûlé monta à ses narines. Puis la voiture se déporta sur la droite et finit par stopper dans un crissement de freins.

   Cet enchainement de catastrophes ne prendrait-il jamais fin ? De toute son existence, Mark n’avait jamais lu les horoscopes, et s’était même moqué des personnes qui consultaient des voyants, il ne croyait pas à la chance, pas plus qu’à la malchance, et encore moins à la poisse. Jusqu’à maintenant. Ce matin encore, il avait tourné en dérision les superstitions puériles de sa femme et de sa fille, pourtant il vivait un véritable cauchemar depuis quelques heures…

Depuis leur entrée dans un relais routier de l’autoroute A 666.

   Mark respira profondément puis coupa le contact. Il détacha sa ceinture et celle de Stella qui choquée restait inerte. Il s’assura qu’elle n’était pas blessée et la réconforta. Ce n’est qu’au bout de quelques minutes qu’elle sortit de sa torpeur et lui adressa un pauvre sourire. Dans un élan commun, ils regardèrent par le pare-brise arrière et sans prévenir elle bondit hors du véhicule.

—            Reste ici ! On ne sait jamais… commença Mark en voulant la retenir.

   Mais il n’eut pas le loisir de finir sa phrase et s’empressa à la suivre. Il avait fait à peine quelques pas, qu’il fit marche arrière et saisit la clé de contact. Mieux valait être prudent. Avec la fougue de ses dix sept ans, Stella courrait et la distance se creusait. Il accéléra en maudissant son âge. Hélène avait disparu et il était hors de question que sa fille soit la suivante, ou qu’il lui arrive quoi que ce soit. Il était à bout de souffle. La sueur perlait sur son front. Ses cuisses le faisaient douloureusement souffrir néanmoins il continua.

   Le ciel était d’un bleu éclatant. Stella, aveuglée par le soleil couchant, poursuivit sa course sur le ruban noir de l’A666. Elle courrait à perdre haleine. Le vent lui fouettait le visage et lui brûlait les yeux. Elle eut l’impression de distinguer quelque chose. Quand soudain, elle heurta cette chose de plein fouet et brutalement. Elle eut le souffle coupé.

Puis, lentement, elle leva les yeux.

Synopsis : mots: 3764   caractères (espaces compris):22 280 

1 : Mark, Hélène, et leur fille Stella, font un arrêt dans un relais routier sur l’autoroute A666 pour déjeuner. Au moment de repartir, ils constatent la disparition d’Hélène. Ils attendent, en vain, la gendarmerie. Les téléphones étant tous hors d’usage Mark décide de repartir. Stella confie son sentiment de malaise à son père qui n’en tient pas compte. Sur l’autoroute déserte, Mark roule à une vitesse excessive pour aller à la gendarmerie.

2 : Mark a évité de peu Damien et celui-ci s’en sort sans une égratignure. Son histoire est des plus étranges. Sa mère a disparu, elle aussi, et dans le même relais routier. Mais le mystère s’épaissit de plus belle quand ils se rendent compte qu’ils sont seuls. Totalement. Et sans aucun moyen de communication.

3 : Si Stella fait confiance au jeune homme, ce n’est pas le cas de son père. Il se méfie du garçon mais sur l’insistance de sa fille, ils continuent la route tous ensemble. Le troisième jour, ils arrivent dans une ville et pensent trouver de l’aide. Dans un café, ils téléphonent à leurs proches mais les numéros qu’ils composent ne sont pas valides, pas attribués. La carte de crédit ne fonctionne plus.

4 : Dans cette ville identique à n’importe quelle autre ville et néanmoins si différente, ils essaient de comprendre, de trouver une explication rationnelle. Où sont-ils réellement ? On leur assigne un lieu de résidence des plus agréable.

5 : L’argent n’a aucune valeur et les gens ne travaillent que selon leur bon plaisir. La violence est inexistante. Malgré cette apparence de bonheur parfait ils apprennent que certaines personnes disparaissent de façon étrange. L’ignorance de la menace qui pèse sur eux est pire que tout.

6 : En attendant de rencontrer celui qui semble tout diriger et qui est le seul à pouvoir leur donner des réponses, ils essaient de percer le mystère. On leur ordonne de cesser leur recherche. Mark est emmené de force dans un endroit inconnu.

7 : Stella et Damien ont pu fuir. Mais combien de temps pourront-ils tenir sans être capturés à leur tour ? Où son père est-il détenu et pourquoi ? Stella reverra-t-elle son père, sa mère ? Damien se pose les mêmes questions.

8 : Dans la journée, ils se fondent parmi la population mais dés que la nuit tombe, il leur faut être très prudent. Ils continuent leurs investigations pour retrouver le père de Stella tout en évitant d’éveiller les soupçons. Mais cela devient de plus en plus difficile. Ils font connaissance avec un groupe de jeunes gens. On leur explique que ce monde parfait n’est en réalité qu’une funeste utopie.

9 : Ils ne savent plus qui croire et Stella ne supporte plus cette peur perpétuelle. Malgré les protestations de Damien, et l’attirance qu’elle ressent pour lui, elle veut retrouver son père. Et si la seule solution est de se constituer prisonnière, elle le fera.

10 : Damien n’a pu la convaincre et la retenir. Impuissant, il a assisté à la capture de Stella. À son tour, il renonce à sa liberté et retrouve la jeune fille et son père. Un homme se présente, et va, enfin, répondre à toutes leurs questions.

Mais ont-ils vraiment envie d’entendre, et surtout, pourront-ils supporter la vérité, aussi improbable qu’elle soit, qui va leur être révélée. Et après qu’adviendra-il ?

  • Sweety, un grand MERCI pour avoir lu les deux textes... et pour ton com
    Pourquoi tu n'aimes pas ces trois chiffres ? Ce ne sont que des chiffres... qui ont la tête à l'envers.
    Je ne sais pas si j'ai une chance ( certains textes sont très bien ) mais ça
    me fait plaisir de participer et puis je dois dire que je suis une éternelle optimiste :))

    · Ago almost 7 years ·
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    thalia

  • Lu le deux textes proposes:L'un est un bon policier et celui ci effrayant a souhait...
    et puis j'aime pas ces 3 chiffres...brrrrrrr ca me fait froid dans le dos!!!
    bonne chance pour le concours!

    · Ago almost 7 years ·
    Suicideblonde dita von teese l 1 195

    Sweety

  • Merci pour la notif, mais 15 pages sur écran, impossible pour moi...

    · Ago almost 7 years ·
    Avatar 500

    myos

  • Merci Violette
    Et à très bientôt j'espère :))

    · Ago almost 7 years ·
    Img 0285 300

    thalia

  • Déjà beaucoup de pages poru ce début d'histoire. Bravo
    Amicalement

    · Ago almost 7 years ·
    Aout 2009

    Violette Ruer

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