Le cerisier pleure

christinej

Devant moi. Ruisselant de fleurs. Recouvrant le sol d’une neige fleurie.

Le cerisier pleure des pétales de souvenirs.

Un souvenir, pose un baiser sur ma joue. Aussi léger et délicat qu’une aile de papillon.

Le soleil m’éblouie.

Des silhouettes se distinguent alors.

Je les reconnais.

Assise dans la cuisine. Face a la porte grande ouverte. Elle tricote. Ses doigts agiles, font encore et encore les mêmes gestes. Cette danse frénétique et le cliquetis des aiguilles ont si souvent rythme mes après-midis.

Je le vois. Dans son jardin comme toujours. Faisant sortir de terre des légumes gorges de soleil.

Des fraises sucrées divinement, des tomates rougissantes de bonheur, des salades craquantes… et tellement d’autres.

Cueillis a même le pied, chaleureusement ensoleilles, sucres de générosité, foisonnant du gout de la terre et de son amour pour son jardin.

Une odeur de foin flotte dans l’air. Il aimait y faire sa sieste. Craquant sous son poids, parfumant d’un air de campagne ce coin de paradis dans la ville.

Combien de fois avons-nous découvert des hérissons si abritant également.

Il y avait aussi le parc a fleurs. Rosiers capiteux et capricieux. Lavande attirant le soleil du midi sur ce coin d’ouest. Marguerites, pensées, gueule de lion, muguet… ont éclairé mes étés de couleurs chatoyantes et d’essences pour grands parfumeurs.

Et il y a les arbres fruitiers parsemés de ci de la dans le jardin. Des poiriers aux fruits juteux et généreux. Des pêchers blancs aux délices exquis, mais pas interdits.

Et le cerisier. Cet arbre si imposant. Trônant au milieu. Le roi du jardin.

Nous inondant chaque année de cerises charnues a la robe rouge sombre. Décoration pour les oreilles, maquillage pour la bouche. Gout d’un velours sucre.

Mais c’est quand il était en fleurs que mon cœur chavirait. Un océan de fleurs blanches aux pistils roses se balançant au gré du vent.

J’ai danse dans un tourbillon de pétales a en avoir le tournis.

J’ai dormi sur une couche faite de leur robe.

Je m’en suis fait des colliers et des parures.

Je l’ai tant de fois pris dans mes bras.

Etreint son écorce rêche contre ma joue. Lui confiant mes secrets et mes larmes.

Il a partage mes éclats de rire, mes premières frayeurs sur ses hautes branches.

Mais aujourd’hui, que reste-t-il de toi, mon vieil ami. Une souche que l’on veut déraciner.

Je verse pour toi un océan de pleurs, des pétales d’eau saline.

Pour toi mon bel ami, gardien de mes souvenirs.

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