L'instant.

la-tete-en-neige

Le briquet brûle, l’Orange-Kiwi, qu’importe, caramélise la Tagada, le bonbon-fraise. La fraise-bonbon. Et le grain, de la belle rose-en-grain, devient grain brun. Dedans, rien n’a changé. Au fond, rien ne change, c’est blanc, et doux, mais caché, par la coque, à noix-sucrée. Cachée de caresse, innocence expliquée. Le besoin évident de ce qui nous manque. On laisse, aller, sans comprendre, à la caresse, tant pis, on laisse, le choix, d’aller, au loin, auprès du cœur, qui bat. Pour rien, il bat, au loin, on le sait, il le sait, je le sais. Nos deux cœurs, couple de tambours, peau fine, et floue, frappés, de baguettes,  à courtes langueurs, à bois différents, aboient les relents, doucereux, du temps, qui passent et, lasse, les mains, qui sèchent, à l’amour, qui traine, ses manches, déchirées, sur le carrelage de la cuisine, osseuse, sale et menteuse. L’esprit en miette d’étoiles, bouquet de flamme, copeaux de levres, limailles de paupières, tu es si loin que je me trompe de regard, de serrure, de clef, de parole, de geste, de code. Brisure de ton visage, je dérive, je coule, de nouveau, vers toi et la main, perdue, se glisse dans l'ombre de ton pas, puzzle de ce qu’il nous reste à assembler. Mais pour l’instant, à courir droit sur l’eau, le pied transi, je coupe la feuille, fluide du ciel, en miroir, et, contre le froid carrelage, je tente de faire l'amour, à la vie.

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