L'état D'impatience #21 - Les Moleskines - Dans Paris

dyonisos

Carnet de voyage numéro vingt et un – Place des fêtes - #L'étatD'impatience

Mon dieu, pardonne-moi car j'ai pêché. Du gros, du très gros. A trop courir après le temps et après la passion amoureuse, j'ai mangé des cœurs autant qu'on a dévoré le mien.

Aux prémices des exactions amoureuses que j'ai commises, j'en fais simplement le constat aujourd'hui, se trouve un état d'impatience. La lassitude de regarder le temps qui passe. L'envie empreinte d'empressement maladif de vivre intensément, quitte à mutiler nos poignets pour faire disparaître nos montres.

Comme si j'allais crever demain, je cours après le temps dans une quête insensée. Dans tous les sens plutôt. Ce doit être tout, tout de suite. Maintenant.

A la patience des anciens – des heures durant à attendre le temps sous des arbres hauts comme le Panthéon- s'oppose l'évidente impatience de notre génération. Le symptôme d'une époque où le Tweet part aussi vite qu'une balle.

Cette impatience qui nous brûle les doigts nous fige dans un délire de profiter de l'instant : le « carpe diem » n'a jamais été aussi universellement partagé par une génération.

Dans ma tête, le temps est comme suspendu : je m'efforce de vivre des relations amoureuses qui figent le temps, des relations amoureuses qui forment des parenthèses merveilleuses dans le fil de ma vie.

Alors oui, comme des pains, on les multiplie ces parenthèses. On recherche sans cesse, à en ouvrir, parfois plusieurs en même temps. Impatiemment.

Rien n'est suffisant, quand on sait qu'on peut avoir plus.

A suivre

Carnet de voyage numéro vingt deux – Convention - #LaCommissureDeTesFesses

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