Carnet rouge

parismrs

 

Et ce matin-là, dans les sommets encore enroulés des brumes de l'aube je sentais cette envie de voyages qui me tenait vivante.

De nouveau je songeais à ces jours où j'avais pris mes valises pour me perdre dans des villes aux mille destins avec toujours la même attente, croiser des éclats de vie, suspendus au fil des nuits, sentir le jour s'égoutter et s'étirer encore jusqu'à s'enfuir dans les étoiles. Oui, j'avais besoin de cette liberté éphémère que l'on croit  mériter lorsque le quotidien nous étouffe de gestes trop facilement répétés, c'était mon échappatoire, comme celui de tant d'autres.

Ce matin-là,  je décidais de continuer en direction de la mer, en direction d'ailleurs.

L'aurore jetait au ciel ses lueurs à peine écloses et du coin de mon œil j'essayais de chopper tout ce qui s'échappait de cette route, le paysage défilait et l'obscurité s'évaporait en petits fragments de lumières, j'avançais, j'avalais les chemins et les plaines étendues à l'infini et dans le fond  de l'horizon,  des éclats de vues suspendus à mon regard, la trace du matin en fines traînées orangers enrobaient les montagnes bleus qui piquaient le ciel et je savais que j'étais loin.

Je roulais, le frisson du voyage revenait.

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