Pour ces petits instants là

jdt

Un week-end, cinq amies… bientôt six, enfin presque !

Un train qui s’apprête à partir pour Paris, Paris grisaille, Paris quotidien, Paris je t’aime. Et vous, dans mon cœur, mes amies, mes sœurs de bonheur et de malheur, mes « cop’s de l’univers ».

La vie nous a offert une petite parenthèse, un instant de répit. Reprendre notre souffle, recharger nos batteries pour mieux affronter notre avenir.
Les images défilent dans ma tête. Mon arrivée vendredi soir, vous, à la gare avec vos déguisements et vos sourires angéliques. Sur le quai, j’essaye de garder mon sérieux, mon air de parisienne qui débarque. J’oublie vite mon tailleur et mes talons aiguilles pour sauter dans vos bras en hurlant. Je vole ton chapeau de cow-boy au passage et m’engouffre dans la Twingo magique, seule survivante de nos années étudiantes.

Direction chez Pascalou, notre future maman pour de vrai, mais notre mère à toutes depuis toujours.
Tout doit être prêt pour notre princesse du jour alors on s’affaire.
Pendant que notre musique « pump it up » raisonne dans nos oreilles, on court dans tous les sens, enfin toutes… c’est vite dit !
On est déjà deux dans la piscine, à essayer de remplir des ballons d’eaux. Pas toujours facile d’être blondes... Emilie dévalise le supermarché, Pascale s’est lancée dans la fabrication des hamburgers et toi, ma fidèle complice, tu installes la fête foraine avec moi.
Entre deux éclats de rire et trois moqueries, je t’aide à accrocher des cadeaux dans les arbres et quand, enfin on découvre comment remplir nos ballons avec de l’eau, c’est un joyeux bordel qui se met en place. Notre maman vient nous rappeler gentiment à l’ordre. «  Le timing c’est le timing ».
Emilie débarque enfin les bras chargés de course. Au programme, bière, burgers, bonbons, la règle des trois «  B ». Enfin presque … La vraie vie en somme.

Tu vas bientôt arriver alors on enfile nos tenues de combat. Maillots de bain, pistolets et bombes à eaux. On est déjà mortes de rire. De vraies gamines. Comme quand on avait 15 ans, sauf qu’on a plus que doubler notre score.

A peine as-tu franchi le seuil de la terrasse que tu es assailli de toutes parts.
Les bombes à eaux explosent en mille couleurs autour de toi, les attaques de pistolet te trempent jusqu’aux os en quelques secondes. Tu finis par passer toute habillée dans la piscine. Logique.
Je prends un peu de hauteur et tente d’observer cette scène. Les paroles de notre cher Patrick résonnent dans ma tête. On est encore au rendez-vous au bout de dix ans, que dis-je, vingt ans même.
Nos éclats de rire et notre insouciance du moment me rappellent la rareté de ces instants si précieux.
Alors, à nos espoirs perdus, nos amours déçues, à toi qui est parti trop tôt, à lui qui est revenu trop tard, à cette vie trop belle, trop dure, trop courte, trop chiante, trop, mais jamais assez …
A toi Béatrice qui t’apprête à dire oui à l’homme de ta vie et qui nous a réunies en ce vendredi d’été.
Merci pour ça. Pour ces instants-là !

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