Sortie de crise.

astrov

Angoisses d'un Haut Fonctionnaire...
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Il est sept heures trente. Toujours matinal,  je roule vers mon spacieux bureau de Directeur de Cabinet du Ministre des Finances, à Bercy. Dans ma tête bien pleine (bien faite?) j'ai arrangé les réunions, problèmes, discussions, débats, difficultés nombreuses qui vont occuper ma journée.

Alors que j'entre dans le parking (V.I.P. bien sûr) une idée subite vient balayer brutalement tout mon édifice mental:

J'ai oublié un point financier pourtant capital!

Bon sang, cela fait plus d'un an que je suis en fonction. Comment, aujourd'hui, ai-je pu laisser échapper cette vérification pourtant quotidienne? COMMENT?

Très perturbé je me gare à cheval sur deux emplacements, mais, bon, c'est pas le moment d'embêter le DirCab! Chuis pas d'humeur...

Dans l'ascenseur (luxueux!) je cherche comment résoudre le problème. Et rapidement, car dans une demi-heure on a réunion avec le Ministre. Pas question de lui en parler, évidemment... Non. Je suis seul. (comme tous les Grands Hommes).

Arrivé dans mon bureau (qu'il est beau et imposant!) je décide de lancer une recherche urgente et prioritaire dans mes services. Quelqu'un aura bien la solution! Ce sont des Enarques, que diable!

Allons y! Je cours, dans l'étage, exposer le problème à tous/toutes mes collaborateurs/trices. Mais... Déception!

Avec des mines diverses: tristes, désolées, étonnées, inquiètes, perplexes, compatissantes ou je-m'en-foutistes, la réponse est toujours la même: "Non, Monsieur le Directeur, je ne peux rien pour vous." Les minutes passent, obsédantes...

Et... Enfin! C'est un brave (brave!) ouvrier plombier que je croise dans le couloir qui accepte, lui! (qu'il est brave!) de me faire la monnaie en pièces sur le seul argent que j'ai dans mon portefeuille: un billet de cinq Euros. Sauvé!

Vite! Au distributeur!

Je vais pouvoir me le prendre, mon rituel petit café du matin!


           Pour le DirCab: 

        Edouard HUCKENDUBLER, le dix novembre 2013


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