Sur le papier, mon ombre

parismrs

Partie 2


 

2 Octobre Florence

 

Je ne sais pas si on revient de tout, si tu sais combien ça pèse lourd l'ombre,  si les verres qui me font oublier mes contours suffiront toujours, s'il y aura encore du frais, de l'air, quelque chose.

 Alors, bien sûr je suis ici et je crois qu'il y a que ça qui vaut le coup, y'a que ça qui me fait encore respirer, toutes ces lumières d'un bout du monde, les flaques d'eau dans lesquelles je me regarde encore.

J'inspire, parfois même à fond, mais ça ne marche plus Pierre, j'vois le bout de mon nez et puis mes pieds, j'attends un truc barge, un bouleversement, comme le son d'un violon dans Florence qui me ferait m'arrêter, quelques notes d'un coin de rue qui résonneraient  dans tous mes creux, qui me rechargeraient un peu.

Pierre, j'ai vieilli, au moins de 10 ans,  j'ai vieilli dans tes rêves, dans les miens, d'ailleurs  j'en ai presque plus et j'ai beau gratter y'a que l'angoisse qui me cisaille et que je trimballe sur les pavés, alors c'est pour ça que je pars, c'est pour ça que je vis encore un peu, pour l'Italie qui s'allume et s'illumine la nuit, pour les rires des passants au hasard d'une allée qui s'engouffre dans ma mémoire pour toujours.

Je ne sais pas si on revient de tout, Pierre, si finalement tout ce qui suit, tout ce qui vient après toi ne se fait pas en pointillés, les gestes plus qu'à moitié, les ambitions en croquis mal tracé.

J'ai jamais tant souffert d'accepter.

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