Une Gibson, un harmonica, et Bob Dylan

Mat J

Combien de fois un homme peut-il tourner la tête,en prétendant qu'il ne voit rien?Peut il seulement écouterTheFreewheelin’ et sourire en affirmant que c’est juste?La réponse est soufflée dans le vent.

     C'était un petit gars de 22 ans, les cheveux ébouriffés, le regard fuyant, et un harmonica dans la poche, qui venait de Hibbing. Il chantait du Woodie Guthrie, Odetta, Franck Williams, en parcourant les rues de Greenwich Village et passait de bars en cafés, à chanter, après d'autres gars comme lui. Et quand il ne chantait pas, il écoutait ses 78 tours dans sa chambre de Brooklyn et grattait quelques riffs sur sa guitare, une Gibson J-50. Puis il découvrit Allen Ginsberg et sa vision de l'Amérique, le LSD et le folk moderne, le producteur Albert Grossman, et le Vietnam. Il comprit alors qu'avec des chansons, on ne peut pas changer le monde, mais on peut changer les esprits. Bobby se souvint de la chanson No more Auction Block For Me d'Odetta, lente et grave, engagée contre l'esclavage, il se souvint aussi d'une conversation entre deux gars dans Times Square, l'un d'eux avait répondu : « The answer, my friend, is blowin' out your end… ». Blowin'in the wind sort alors en 1963 sur l'album The Freewheelin' Bob Dylan. C'est un succès, un espoir, un hymne.  Avec sa petite amie de l'époque, Bobby se crée une nouvelle identité et une série de protest songs, et c'est dans la neige de Greenwich Village, à l'angle de Jones Street et de West 4th Street qu'ils immortalisent cet instant. 

    Car ce petit gars là, en manteau jaune et au bras de sa petite amie, ne connaissait encore rien de Woodstock, de Joan Baez, des Fender et de Mr. Tambourine Man. Mais le monde entier était prêt.

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