Elle lui toi

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Si tu sens ce que je sens, je respire.

Si de là où tu es, si de loin de près, dans les landes et sur le front que tu tends, si dans le puits, sur les cimes ouvertes, tu me regardes encore, si tu m’entends, je respire.

Quand tu pars, quand tu ne signes pas les mots que je te dis, quand tu t’éloignes un peu, quand tu vibres sur le son des passages interdits, quand tu reviens, je respire.

Tu es lui ou elle, tu es ce que je cherche, le souffle qui me tient, tu es toi et là je suis, là où j’irai si tu n’es pas.

Tu es l’autre. Et le si et le quand me balancent les airs des sursis, les possibles et les sens.

Sans toi, sans lui, sans elle, je fonde les précipices qui me hantent et me tentent, je soudoie l’enfer et le silence, et je plonge en apnée sur les vertiges absurdes de mes désillusions, de mes absolues verves de songes.

Sans lui, sans elle, sans toi, je regarde obstinément le vide que je suis, l’amplitude amère de mes désespérances, je suis limbe et navigue entre l’âpre et la violence.

J’arrache mes colères et je fuis.

Mais quand tu me vois, je respire.

Et si tu m’aimes, je vis

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