Histoire de rues 2

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Quand un trajet parisien devient écriture …De Montparnasse au 13ème effréné !

Histoire de rue

19h45 Gare Montparnasse.

Elle descend du train. Belle !  Tenue légère, étonnamment sûre de son charme…

Lui est au bout du quai. Beau, souriant, amoureux.

Elle trébuche un peu en se jetant dans ses bras et se déleste de sa valise. Il la lui prend des mains dans une gestuelle d’automate.

Un long baiser…

Je ne peux détacher mes yeux de ce couple, et ralentis mon pas sur le quai, bousculée, de-ci, de-là par les voyageurs affairés. 

Ils courent tous gagner leur bus, taxi ou métro.

Ces deux là  se dirigent vers la sortie,  tout à droite du bout du quai numéro 1.

Moi, je suis la file indienne,  vers l’escalator qui me mènera jusqu’au couloir béant du métro.

Ligne 6.

Je sors à Bercy, derrière un gros homme en sueur. C’est vrai qu’il faisait chaud dans la rame. Nous sommes le samedi  22 mai, la canicule de ces derniers jours est pourtant passée.

Ligne 14. J’adore ce trajet rapide jusqu’à la Bibliothèque François Mitterrand.

Sortie rue du Chevaleret.

Encore un petit bout de chemin avant  de me vautrer dans le canapé lounge de la rue de Patay.

Ma valise se traine dans la rue Tolbiac où l’Afrique a pris rendez-vous.

L’Asie  elle,  a planté ses marques rue Nationale aux portes de la Médiathèque Jean-Pierre Melville.

20h30 Je suis rendue.

15h50  Jour de Pentecôte. L’Afrique, en bas de la rue, s’en moque.

Moi, j’ai oublié depuis longtemps le chemin régulier de la messe du dimanche. Pourtant, la célébration à Notre Dame aujourd’hui doit être belle ! Je suis toujours émue par la ferveur  résonnante des messes dominicales. Un reste d’enfance coloniale sans doute.

Je fus élevée dans les années 60 par tatie Amy, religieuse à Madagascar.  Elle n’a toujours pas fait ses vœux jusqu’à ce jour.  Elle approche des 85 ans aujourd’hui.

Les sirènes des camions de pompiers du 13ème me sortent  de ma rêverie. 

Délaissant tante Amy et ses saints, je cherche désespérément  les horaires de la RATP dans mon sac, alors que mes pas me dirigent vers l’ascenseur du 5ème.

Zut !  En panne.

Ouf, je l’ai échappé belle hier, avec ma valise de « trois tonnes » !

Aucune traces de ces foutus horaires !

A l’arrêt d’autobus du  27, je jette fébrilement un œil bovin sur les horaires accrochés au centre du cube  de verre et constate avec effroi que les dimanches et jours fériés l’intervalle entre 2 autobus dure 30 minutes…

Dépitée, me voilà déjà en partance pour le réseau ferré, il est 16 heures. Je vais prendre par la rue du Dessous des Berges, puis… Mais au croisement de la rue Oudiné,  je me ravise et continue à remonter  jusqu’à Patay-Tolbiac. 

Métro Olympiade  évidemment ! Dans 25 minutes environ, je suis à Madeleine.

A l’entrée de la salle de concert, pas vraiment de queue, ils sont tous déjà à l’intérieur, seuls restent sur le trottoir des groupes d’amis hilares, heureux de se retrouver à la « Grand Messe » orchestrée par  le digne petit fils d’une poétesse.

Moi, je suis seule. Comme toujours depuis quelques années.  Les séparations rendent nones certaines amoureuses de l’amour…Elles attendent toujours le prince charmant et croient,  malgré les bonimenteurs croisés sur leurs routes, aux contes de fée.

L’amour, l’unique, le vrai.

Je fais partie de cette race là…

Et dans ma tête résonnent l’air et le refrain  de Paris mai « Mai mai mai Paris mai
Mai mai mai Paris »…

16h50 Nous sommes le dimanche 23 mai.

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